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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Bujumbura : Les nids-de-poule, un cauchemar pour les chauffeurs

Bujumbura : Les nids-de-poule, un cauchemar pour les chauffeurs

Au cœur de Bujumbura, le parking des bus du sud est devenu un parcours périlleux pour les conducteurs. Il est miné par des nids-de-poule profonds qui mettent en danger les véhicules et les passagers.

Le goudron du parking a pratiquement disparu, laissant place à une surface irrégulière de latérite et de pierres. Les chauffeurs rapportent que les nids-de-poule sont si profonds que même les véhicules tout-terrain peinent à y circuler. Lors des périodes pluvieuses, ces cavités se transforment en flaques d'eau stagnante, compliquant davantage la tâche des conducteurs et mettant en danger les passagers.

Les transporteurs expriment leur frustration face à cette situation qui perdure depuis des années. Un chauffeur témoigne : « Les nids-de-poule dans ce parking sont devenus un véritable problème. Ils ont atteint des proportions telles que même les véhicules tout-terrain ne peuvent plus y circuler en raison de leur grande profondeur. »  Cette dégradation constante entraîne des dommages fréquents aux véhicules, obligeant les propriétaires à effectuer des réparations coûteuses et régulières.

Les chauffeurs et les usagers du parking lancent un appel urgent aux autorités municipales. Ils demandent que les taxes perçues sur les véhicules soient utilisées pour réhabiliter le parking. « Il faut que la mairie passe par la commune Mukaza pour réparer ces infrastructures. Cela devient urgent, car les petits véhicules sont fréquemment endommagés », insiste un des transporteurs.

Malgré les tentatives de la rédaction pour obtenir une réaction de Jimmy Hatungimana, Maire de la ville de Bujumbura, aucune réponse n'a été reçue à ce jour.

 

Burundi : L'ANAGESSA, une caisse noire avec la bénédiction du Parlement ?

Burundi : L'ANAGESSA, une caisse noire avec la bénédiction du Parlement ?

Un trou de 10 milliards de francs burundais, des dépenses extravagantes et des incohérences comptables alimentent les soupçons de détournement de fonds massifs à l’ANAGESSA. Ces anomalies criantes ont été révélées par une commission du Parlement qui s’en est arrêté là, ce qui soulève de graves questions sur le rôle du Parlement dans la surveillance des fonds publics.

En 2024, l'ANAGESSA s'est vu allouer 145,6 milliards de francs burundais pour la collecte et la conservation du maïs. Selon la présidente de la commission, cette somme a été utilisée pour l'achat du maïs, les produits de conservation, le paiement du personnel, le carburant, les balances et la location d'entrepôts. Cependant, les dépenses ont dépassé les prévisions, laissant le compte de l'agence presque vide. La commission a rapporté que l'ANAGESSA a dépensé 134,9 milliards de francs burundais, laissant un solde de seulement 16,9 millions de francs burundais à la Banque de la République du Burundi (BRB) au 16 novembre 2024.

Il n'est pas nécessaire d'être un expert pour constater les anomalies dans ce rapport. Si l'on soustrait les dépenses déclarées du budget alloué, il devrait rester plus de 10 milliards de francs burundais. Où sont passés ces fonds ? Un autre montant non justifié est celui de la vente récente de plus de 40% de la récolte de maïs, effectuée fin décembre 2024.

La RPA a mis en lumière plusieurs incohérences. L'achat de sacs de conservation a coûté 1,6 milliard de francs burundais, mais le remplacement d'une petite quantité de sacs endommagés a coûté 1,5 milliard supplémentaire. Les frais de carburant et les salaires liés au transport du maïs ont coûté 2,1 milliards de francs burundais, dépassant les coûts de stockage de toute la production et du paiement de l'ensemble du personnel. De plus, des frais bancaires de 9,6 millions de francs burundais sont jugés suspects, étant donné que les frais bancaires habituels au Burundi sont bien inférieurs. Bien que l'ANAGESSA ait déclaré avoir dépensé 205,7 millions de francs burundais en location d'entrepôts, elle prétend également devoir 9,9 milliards de francs burundais à des particuliers, y compris ceux qui ont loué des entrepôts.

Ces incohérences soulèvent des questions sur l'efficacité, voire la complicité, du Parlement burundais dans le suivi des activités de l'ANAGESSA. Pourquoi la commission n'a-t-elle pas enquêté sur la nature du matériel acheté à crédit pour près de 9 milliards de francs burundais ? Au lieu d'éclairer l'opinion publique, le rapport de la commission a suscité davantage d'interrogations, laissant planer le soupçon de malversations et de détournements de fonds.

 Le Parlement burundais complice d'un détournement de fonds massif ?

L'Assemblée nationale du Burundi est-elle complice des activités de l'ANAGESSA ? C'est la question que soulève une enquête de la RPA, qui a mis en lumière des anomalies et des incohérences flagrantes dans le rapport présenté par la présidente de la commission permanente chargée de l'agriculture et de l'élevage.

L'un des premiers points qui attire l'attention est l'achat des sacs de conservation du maïs. L'ANAGESSA affirme avoir dépensé 1,6 milliard de francs burundais pour ces sacs. Or, le remplacement d'une petite quantité de sacs endommagés aurait coûté plus de 1,5 milliard de francs burundais, soit presque autant que l'achat initial de tous les sacs. « Quelques emballage-sacs ont été remplacés, car endommagés lors de la relocalisation de la production. Cela a coûté 1 milliard 551 millions 934 milles et 775 francs burundais », a déclaré la présidente de la commission parlementaire.

Autre anomalie : les frais de déplacement pour le transport du maïs vers les lieux de stockage. Le carburant aurait coûté 64,8 millions de francs burundais, tandis que les salaires du personnel, y compris les gardiens, se sont élevés à 1,95 milliard de francs burundais. En comparant ces chiffres, on constate que le coût de la relocalisation d'une petite quantité de maïs a dépassé celui du stockage de la totalité de la production et du paiement de l'ensemble du personnel. Le transfert du surplus de maïs vers les stocks régionaux a coûté 2,1 milliards de francs burundais, alors que le stockage de toute la production et le paiement des salaires ont nécessité 2 milliards 14 millions de francs burundais.

Un autre scandale concerne les frais de retenues bancaires, qui se seraient élevés à 9,6 millions de francs burundais. Or, selon les sources de la RPA au sein des banques commerciales burundaises, ces retenues sont forfaitaires et varient entre 5 000 et 10 000 francs burundais par mois, sauf pour les clients VIP. Comment la commission parlementaire a-t-elle pu ignorer une telle supercherie, alors que l'ANAGESSA est une institution étatique dont le compte est domicilié à la Banque Centrale ?

Les irrégularités ne s'arrêtent pas là. La location des greniers et des hangars de stockage suscite également des inquiétudes. La présidente de la commission permanente a déclaré que l'ANAGESSA avait dépensé 205,7 millions de francs burundais pour la location de ces infrastructures. Pourtant, l'ANAGESSA affirme devoir plus de 9 milliards de francs burundais à des particuliers, y compris ceux qui ont loué les hangars.

Une omission flagrante a retenu l'attention de la RPA : les parlementaires n'ont jamais cherché à connaître la nature du matériel acheté à crédit par l'ANAGESSA, alors que cela a coûté la somme faramineuse de 9 milliards de francs burundais. Au lieu d'éclairer l'opinion publique, le rapport de la commission n'a fait que susciter des interrogations, laissant planer le soupçon de malversations et de détournements de fonds.

Le coût des balances s'est élevé à 131,3 millions de francs burundais, les médicaments pour la conservation de la récolte ont coûté 2,9 milliards de francs burundais, les palettes ont coûté 2,15 milliards de francs burundais, et d'autres matériels tels que les tamis, les tentes et les appareils servant à vérifier le taux d'humidité des graines ont coûté 51 millions de francs burundais. Des chiffres qui, au lieu d'apporter des éclaircissements, ne font qu'alimenter les soupçons de détournements de fonds massifs.

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Photo : Présidente de la commission permanente ayant l’agriculture dans ses attributions au Parlement lors de la présentation du rapport de la commission à l’Assemblée nationale (27/02/2025)

ATMIS : Des Soldats burundais réclament leurs arriérés

ATMIS : Des Soldats burundais réclament leurs arriérés

Des militaires burundais ayant participé à la Mission de Transition de l'Union africaine en Somalie (ATMIS) réclament le paiement de leurs arriérés de salaire, allant de deux à quatre mois selon les cas. Ce qui suscite l'indignation de ces soldats, c'est la disparité de traitement : certains ont été récompensés pour leur travail en 2024, tandis que ceux ayant servi en 2022 et 2023 n'ont toujours rien reçu.

Les militaires concernés, issus des 62ᵉ, 63ᵉ, 64ᵉ, 65ᵉ, 66ᵉ, 67ᵉ, 68ᵉ et 69ᵉ bataillons, n'ont pas perçu deux mois de salaire (novembre et décembre 2022) pour certains, et quatre mois (septembre, octobre, novembre et décembre 2023) pour d'autres.

Une source parmi les soldats récemment revenus de Somalie exprime son amertume : « Nous sommes les militaires burundais. Ils ont payé les salaires des militaires qui ont travaillé au cours de l’année 2024 alors que ceux de 2023 et 2022 n’ont pas encore reçu leurs salaires. C’est vraiment honteux de voir le payement de l’année 2024 avant celui de 2022 et 2023. Nous vous demandons de plaider pour nous. »

Selon les informations obtenues par la RPA, l’état-major général de l’armée burundaise se serait empressé de payer les soldats des 70ᵉ, 71ᵉ bataillons et des derniers bataillons déployés en Somalie en 2024, car la plupart d'entre eux sont actuellement engagés dans les combats en République Démocratique du Congo. L’état-major craindrait ainsi une révolte en pleine guerre.

Contacté à ce sujet, le porte-parole du ministère de la Défense burundaise, le Général de Brigade Gaspard Baratuza, s’est refusé à tout commentaire.

Igitoro Pass : La solution numérique qui aggrave la crise du carburant au Burundi

Igitoro Pass : La solution numérique qui aggrave la crise du carburant au Burundi

L'application Igitoro Pass, lancée par la Société Pétrolière du Burundi (SOPEBU) pour améliorer la gestion de la distribution du carburant, semble exacerber les difficultés d'approvisionnement plutôt que les résoudre. Des témoignages recueillis par la RPA ce mardi révèlent les frustrations croissantes des utilisateurs face à ce système numérique censé rationaliser l'accès au carburant.

Initialement conçue pour optimiser la distribution en fonction des plaques d'immatriculation et des jours de la semaine, l'application Igitoro Pass se heurte à des critiques sévères de la part des consommateurs. Un utilisateur déplore : « Si tu n'es pas servi le jour prévu, tu es obligé d'attendre l'autre jour de la semaine suivante. L'application ne se ferme pas, tu ne peux pas aller mercredi alors que ton jour était lundi. »

Cette rigidité du système engendre des inégalités d'accès au carburant, particulièrement préjudiciables pour les professionnels du transport. Les quotas, déjà insuffisants, ont été revus à la baisse, paralysant de nombreuses activités économiques. Un chauffeur de transport en commun témoigne : « 20 litres ne peuvent pas suffire pour nous pendant toute une semaine, suite à la nature de notre travail. Cela ne change pas grand-chose en ce qui est de la pénurie du carburant. »

Loin de résoudre la crise, Igitoro Pass semble l'aggraver en ajoutant une couche de complexité technologique à un problème d'approvisionnement persistant. Les citoyens burundais appellent le gouvernement à s'attaquer aux racines du problème plutôt que de se contenter de solutions superficielles. La pénurie chronique de carburant continue d'impacter lourdement le quotidien et l'économie du pays.

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