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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

 Burundi : plus de 400 déplacés en une semaine à cause des catastrophes climatiques

Burundi : plus de 400 déplacés en une semaine à cause des catastrophes climatiques

Par: Walter Kwizera

Entre le 15 et le 21 mars 2026, près de 3 000 personnes ont été touchées par des catastrophes liées au changement climatique dans plusieurs provinces du Burundi. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 400 d’entre elles ont dû quitter leur foyer et ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire urgente.

Les effets du changement climatique continuent de se faire durement sentir au Burundi. D’après le rapport publié le 24 mars 2026 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un total de 2 907 personnes ont été affectées par des catastrophes naturelles dans plusieurs régions du pays au cours de la semaine du 15 au 21 mars.

Parmi elles, 409 personnes ont été contraintes de se déplacer, après avoir perdu leur logement ou leurs biens. L’OIM précise que les femmes enceintes et allaitantes, les jeunes enfants, les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques figurent parmi les plus vulnérables face à ces phénomènes climatiques.

Les provinces de Buhumuza, Gitega et Bujumbura comptent parmi les plus touchées, après des précipitations particulièrement intenses, parfois accompagnées d’épisodes de grêle inhabituels. Ces intempéries ont provoqué la destruction de nombreuses habitations, mais aussi de bâtiments publics tels que des écoles, des églises et des bureaux communaux.

Les communes de Muramvya, Cankuzo, Rumonge et Mpanda enregistrent les dégâts les plus importants. Plusieurs exploitations agricoles ont été gravement endommagées, privant les familles de leurs principales sources de nourriture et de revenus. Face à l’ampleur des besoins, l’OIM appelle à une intervention rapide pour soutenir les sinistrés et permettre la reconstruction des zones touchées.

 

À Butanyerera, des collines déboisées au nom de l’avocat

À Butanyerera, des collines déboisées au nom de l’avocat

Par: Clovis Niyonzima

À Buye, Mubuga et dans plusieurs localités de la province  Butanyerera, des plantations d’arbres âgées de plus de dix ans, qui protégeaient les collines et les habitations, ont été abattues pour faire place à des avocatiers. Si la filière avocat est présentée comme une opportunité économique, cette déforestation soulève de sérieuses préoccupations environnementales.

Dans la zone de Buye, sur la colline éponyme, une vaste plantation d’arbres s’étendait derrière le lycée de Buye sur plus de dix hectares. Outre la protection des bâtiments et des habitations voisines contre le vent, cette plantation constituait un écosystème ancien. Elle a été entièrement abattue pour être remplacée par des plantations d’avocatiers.

À Mubuga, au village de Mukinya, une autre plantation d’arbres âgés d’une dizaine d’années, qui s’étendait de la commune de Gahombo jusqu’aux communes de Muhanga et Ngozi selon l’ancien découpage administratif, a subi le même sort. Aujourd’hui, presque tous les arbres ont disparu, remplacés par des avocatiers, rapportent les habitants et la RPA.

D’autres zones touchées incluent la zone de Gatsinda dans la commune de Ngozi et plusieurs localités de la commune de Kiremba. Une source dans la commune de Ngozi indique que tous les chefs de zone appliquent actuellement un programme d’expansion de la culture de l’avocat dans la province  Butanyerera, présenté comme émanant du parti CNDD-FDD et relayé aux responsables locaux par voie administrative.

Depuis le lancement de ce programme, les responsables de zone choisissent eux-mêmes les arbres à abattre. Les chiffres communiqués sur le bois vendu seraient partiellement inexacts : une partie des recettes revient à la commune, tandis qu’une autre serait détournée par certains responsables locaux. Selon notre source, c’est ce qui explique la persistance du programme malgré les impacts environnementaux.

Des défenseurs de l’environnement à Butanyerera reconnaissent que la filière avocat peut constituer une opportunité économique, mais dénoncent la destruction systématique des plantations d’arbres de plus de dix ans, laissant les collines dénudées et sans protection pour les bâtiments et l’écosystème environnant.

Les responsables zonales de ces localités n’ont pas réagi tout comme le bureau provincial ayant l’environnement dans ses attributions, et l’administrateur de Ngozi  une commune où sont localisés ces zones lui, explique que le programme de multiplication des avocatiers est nationale et quant à ces boisements, qu’ils étaient irrécupérables.

 

 

Gatumba de nouveau sous les eaux : le lac Tanganyika menace églises, écoles et habitations

Gatumba de nouveau sous les eaux : le lac Tanganyika menace églises, écoles et habitations

Par: Emmanuel Niyungeko 

À Gatumba, en commune Ntahangwa, la montée des eaux du lac Tanganyika reprend de plus belle. Églises, écoles, centre de santé et bureaux administratifs sont déjà envahis, sur fond de changements climatiques et de non-respect des normes de construction.

Les habitants de la zone Gatumba, en commune Ntahangwa dans la province de Bujumbura, vivent une nouvelle fois au rythme des inondations. La montée des eaux du lac Tanganyika menace à nouveau des ménages, des infrastructures publiques et même des champs de cultures. Sur place, plusieurs bâtiments sont déjà les pieds dans l’eau.

Dans la localité de Kinyinya, l’église protestante de la communauté d’Emmanuel a été envahie par les eaux. Les salles de classe de l’École fondamentale de Mushasha sont également touchées, tout comme le centre de santé situé sur la 2e transversale et les bureaux de la zone Rukaramu. Autant d’infrastructures essentielles dont le fonctionnement se voit perturbé, laissant les populations dans la crainte d’une aggravation de la situation.

Pour les environnementalistes, cette montée répétitive des eaux du lac Tanganyika n’a rien d’un phénomène isolé. L’expert en environnement Landry Ninteretse  évoque d’abord la responsabilité des changements climatiques, mais aussi celle de certains citoyens qui ne respectent pas les normes en matière de construction dans les zones à risque. Selon lui, les autorités ne peuvent plus fermer les yeux.

Il rappelle qu’un cadre légal existe déjà. Le gouvernement, à travers le code de l’eau du 26 mars 2012, a fixé des limites à respecter pour les constructions à proximité des cours d’eau. « À l’article 5, alinéa 3, il est clairement indiqué qu’aucune construction n’est permise sur une largeur de 150 mètres pour le lac Tanganyika et de 25 mètres pour toutes les rivières affluant vers ce lac », souligne Landry Ninteretse.

L’expert interpelle directement le ministère en charge de l’Eau et l’administration locale. Il les exhorte à faire respecter ces dispositions, afin d’éviter que les mêmes drames ne se répètent. « Il y a une responsabilité du ministère et de l’administration pour s’assurer que les limites en matière de construction sont respectées. Si ce n’est pas le cas, nous risquons d’enregistrer, encore une fois, des maisons détruites, des infrastructures endommagées et d’autres dégâts, y compris humains », prévient-il.

Les habitants de Gatumba connaissent déjà trop bien ces conséquences. Les inondations récurrentes dans cette zone ont conduit au transfert de plus de mille familles vers le site de Gateri, en commune Bukinanyana, toujours dans la province de Bujumbura. Sur ce site, ces déplacés internes vivent dans des conditions difficiles, preuve que l’absence de prévention et de planification en matière d’aménagement du territoire a un coût humain élevé.

 

Bujumbura : un éboulement menace des habitations entre Nyakabiga et Jabe

Par: Balthazar Miburo

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