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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

La RN8 en ruine : le désarroi des transporteurs entre Gitega et Rutana

La RN8 en ruine : le désarroi des transporteurs entre Gitega et Rutana

La dégradation avancée de la Route Nationale 8 met à genoux les transporteurs et usagers de l’axe Gitega–Rutana. Véhicules endommagés, pertes financières et conditions de circulation désastreuses : les conducteurs tirent la sonnette d’alarme et appellent à une réhabilitation urgente de la route.

La Route Nationale 8, qui relie la province de Gitega à la commune de Rutana, est aujourd’hui dans un état de dégradation critique. Transporteurs et passagers décrivent une voie « impraticable », parsemée de nids-de-poule et de pierres, où les véhicules peinent à circuler sans s’abîmer.

Les conducteurs de véhicules de transport en commun affirment travailler à perte. « De Songa jusqu’à Rutana, la route n’est qu’une succession de crevasses. Même les réparations de fortune, entreprises avec des pierres ou de la terre, n’ont pas tenu », témoigne un chauffeur.

Ce dernier précise que les pannes mécaniques se multiplient : rotules brisées, pneus éclatés, amortisseurs détruits. Les dépenses d’entretien absorbent la totalité des recettes journalières. « Un pneu coûte aujourd’hui 300 000 francs burundais. Nous dépensons plus en réparations qu’en recettes. C’est devenu un métier sans avenir », déplore-t-il.

Cette situation affecte également les passagers, souvent contraints de descendre des véhicules bloqués dans la boue ou d’interrompre leur trajet. L’ambiance est tendue entre chauffeurs et voyageurs, chacun pointant la responsabilité de l’autre, faute d’une véritable prise en main des autorités.

Sur plusieurs tronçons  de Songa à Bukirasazi, puis vers Noma, Ngoma, Gitaba et Mugabo, des habitants, souvent des enfants, tentent courageusement de combler les trous avec de la terre pour gagner quelques pièces auprès des automobilistes de passage. Une scène symbolique du désespoir qui règne sur cette voie stratégique reliant le centre du pays au sud-est.

Les transporteurs et usagers appellent le gouvernement à lancer des travaux de réhabilitation urgents, craignant que la RN8 ne devienne bientôt totalement impraticable.

Pluies diluviennes à Kiremba : des vies perdues et des familles sans abri

Pluies diluviennes à Kiremba : des vies perdues et des familles sans abri

Treize familles de la commune de Kiremba, dans la province Butanyerera, se retrouvent sans abri après des pluies diluviennes survenues début janvier. Cultures détruites, ponts emportés, pertes humaines : la localité de Bugina vit une situation d’urgence humanitaire.

Les violentes précipitations qui se sont abattues sur la commune de Kiremba, en province de Butanyerera, du 7 au 8 janvier, ont fait d’importants dégâts matériels et humains. Treize familles de la zone de Bugina ont vu leurs habitations entièrement détruites, et trois enfants ont tragiquement perdu la vie dans l’effondrement de leurs maisons.

Selon Léonce Ngendakumana, chef de la zone de Bugina, plus de 150 hectares de champs vivriers ont été dévastés par ces intempéries. Cinquante-quatre familles se retrouvent désormais sans moyens de subsistance, leurs cultures ayant été emportées par les inondations. Les habitants parlent d’une situation de détresse, aggravée par la destruction de quatre ponts reliant leurs villages aux marchés et aux écoles.

Le 12 janvier, une délégation composée de représentants de World Vision et des autorités provinciales s’est rendue sur les lieux pour évaluer l’ampleur des dégâts et envisager une aide humanitaire. Cependant, aucune mesure d’urgence concrète n’a encore été mise en œuvre, accentuant le désarroi des sinistrés.

La zone touchée ne se limite pas à Kiremba. Dans les communes voisines de Busoni, Kirundo et Ngozi, les mêmes pluies ont ravagé plus de 300 hectares de rizières. Dans plusieurs vallées, les riziculteurs tentent de replanter leurs jeunes plants, emportés par les eaux.

Les habitants de Bugina et des localités environnantes lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires afin d’obtenir une aide immédiate en vivres et en abris.

 


Bujumbura : des chauffeurs de taxis dénoncent des « injustices » policières

Bujumbura : des chauffeurs de taxis dénoncent des « injustices » policières

Des conducteurs de taxis de la capitale économique accusent certains policiers de favoriser des transporteurs illégaux au détriment des professionnels régulièrement enregistrés. Le soir venu, ces chauffeurs disent être empêchés d’accéder aux stations du centre-ville, laissant place, selon eux, à des véhicules non autorisés.

À Bujumbura, les chauffeurs de taxis expriment leur colère face à ce qu’ils qualifient de traitement inéquitable de la part des forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages recueillis ce lundi par la Radio Publique Africaine (RPA), ces automobilistes affirment que, dès la tombée de la nuit, certains policiers permettent à des véhicules non habilités au transport public de transporter des passagers, alors que les taxis officiels, eux, se voient refuser l’accès aux stationnements clés de la ville.

De 19 h à 20 h, les taxis sont interdits d’accès à plusieurs stations de bus du centre-ville, notamment au parking dit « Kwa Ngoma », où les voyageurs, souvent bloqués faute de bus, se bousculent pour trouver un moyen de rentrer chez eux. Cette restriction intervient dans un contexte de pénurie prolongée de carburant, qui continue de paralyser une partie du transport urbain.

Un chauffeur rencontré sur place déplore cette situation : « À partir de 17 h, on voit arriver des véhicules privés dont on ignore la provenance. Ils prennent des passagers alors que nous, taxis enregistrés, n’avons pas le droit de travailler. » Il accuse certains agents de fermer les yeux en échange de pots-de-vin.

Les conducteurs dénoncent une concurrence déloyale : « Nous payons régulièrement nos taxes pour contribuer au développement du pays. Pourtant, ceux qui ne paient rien sont autorisés à travailler et profitent des passagers. C’est injuste. Nous demandons à l’ATRABU de se positionner en notre faveur. »

Contactée par la RPA, l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) admet l’existence de véhicules non autorisés opérant dans le secteur, tout en niant que des taxis en règle soient empêchés de travailler. Son secrétaire, Charles, indique que l’organisation va « suivre de près la situation » pour garantir que les chauffeurs dûment enregistrés puissent exercer leur métier sans entrave.

 

Nakivale : détresse silencieuse des albinos privés d’aide et de protection

Nakivale : détresse silencieuse des albinos privés d’aide et de protection

Au camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, les personnes albinos vivent un véritable cauchemar depuis la réduction de l’aide du Programme alimentaire mondial. Entre faim, absence de protection solaire et enlèvements restés sans réponse, ces familles déjà très vulnérables se sentent plus que jamais livrées à elles‑mêmes.

Depuis avril 2025, date à laquelle le Programme alimentaire mondial (PAM) a drastiquement réduit l’assistance qu’il apportait aux réfugiés des camps, les albinos de Nakivale ont vu leurs conditions de vie se dégrader brutalement. Sur les 32 familles albinos installées dans ce camp ougandais, seules 5 reçoivent encore 50% de l’aide alimentaire dont elles bénéficiaient auparavant, les autres ayant tout simplement été rayées des listes de distribution.

À la faim s’ajoute une autre menace, tout aussi grave pour les albinos : l’absence quasi totale de protection contre le soleil. Crème solaire, parapluies, chapeaux, lunettes, savon… tous ces produits pourtant indispensables à leur survie leur sont désormais inaccessibles, faute de moyens. « La vie des albinos à Nakivale est très difficile car le soleil nous est nocif. Nous n'avons pas les moyens d'acheter de la crème solaire, des parapluies, du savon, des chapeaux ou des lunettes de soleil. Le soleil est vraiment dangereux pour nous. Nous ne pouvons pas sortir comme les autres car nous avons peur du soleil et des malfaiteurs », témoigne l’un d’eux.

À Nakivale, la peur ne vient pas seulement du soleil. La sécurité des albinos est devenue un sujet majeur d’inquiétude depuis que certains d’entre eux ont été victimes d’enlèvements et de disparitions forcées. Un réfugié albinos rencontré dans le camp raconte le cas d’un des leurs, enlevé au début de l’année dernière, dont plus personne n’a de nouvelles. « Nous avons peur car l'un d'entre nous a disparu en février dernier, et à ce jour, nous ignorons où il se trouve. Nous implorons les bienfaiteurs au cœur compatissant d'entendre nos larmes et nos cris », confie‑t‑il.

Face à cette accumulation de dangers – faim, maladie, insécurité –, les albinos du camp de Nakivale lancent un cri d’alarme. Ils s’adressent particulièrement à l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), qui les avait soutenus en 2018, afin qu’elle revienne à leurs côtés.

 

 

 

 

 

 

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