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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : Le gouvernement Ndayishimiye appelé à tirer d’affaire la journaliste Floriane Irangabiye

Burundi : Le gouvernement Ndayishimiye appelé à tirer d’affaire la journaliste Floriane Irangabiye

L’Institut International de la Presse condamne l’arrestation et la détention prolongée de la journaliste burundaise Floriane Irangabiye, détenue depuis plus de deux mois en l’absence de charges formelles. A travers un article publié ce  mardi 22 novembre 2022, ce réseau global de journalistes demande aux autorités burundaises de libérer dans l'immédiat cette journaliste, qu’il juge victime d'avoir simplement vécu  au  Rwanda.

 "Nous appelons les autorités burundaises à libérer immédiatement Floriane Irangabiye et à lui permettre de retrouver sa famille", a déclaré le directeur adjoint de l'IPI Global Network, Scott Griffen. Cité dans l’article publié ce 22 Novembre 2022 par les journalistes réunis au sein de ce réseau mondial, Scott Griffen souligne également que « le Burundi devrait couper court au harcèlement dont sont victimes les voix critiques, respecter la liberté de la presse comme condition sine qua non de la démocratie et permettre aux journalistes et aux médias de faire leur travail sans crainte de représailles ».

Une journaliste détenue sans charges pénales.

« Malgré la détention de Floriane Irangabiye depuis plus de deux mois, aucune accusation officielle n'a été jusqu'à présent  portée contre la journaliste », rappelle IPI Global Network. De ce fait,  ce réseau mondial pour la liberté de la presse estime que « l’arrestation et la détention prolongée de Floriane Irangabiye sont liées à son travail au sein des médias ».

Une affaire susceptible d’être instrumentalisée par Gitega.

 « Le procès de Floriane Irangabiye risque d'être politisé par l’Etat du Burundi », craint l’Institut International de la Presse se basant sur des déclarations d’un journaliste burundais sous couvert d'anonymat. Selon toujours ce professionnel des medias, « Floriane Irangabiye risque d'être frappée de lourdes peines car, les personnes vivant au Rwanda, pays voisin du Burundi, sont considérés comme des opposants », cite l’Institut International de la Presse.

Environ 300% de surpopulation carcérale suite à un dysfonctionnement de l’appareil judiciaire

La ministre de la justice reconnaît la surpopulation carcérale. Une surpopulation qui atteint presque le niveau de 300% de la capacité des prisons du pays, démontrent les défenseurs des droits humains au Burundi. Toutefois, dans une correspondance adressée, ce lundi 31 octobre 2022, aux chefs des juridictions et procureurs du pays, la ministre Banyankimbona planifie d’atteindre le désengorgement à travers le sens de responsabilité du personnel  sous son autorité.

Les 10 prisons se trouvant dans 10 provinces étaient jusqu’au 31 septembre 2022, exactement un mois avant cette circulaire, surpeuplées à presque 300% de leur capacité, montrent les statistiques des défenseurs des droits de l’homme. Ayant une capacité de 4 294 détenus, ces prisons comptaient  à cette date 12 323 détenus et 117 nourrissons. Parmi ces plus de douze mille détenus, seuls 5 309 étaient condamnés,  6 882 restant sont des prévenus.

D’après toujours les enquêtes des défenseurs des droits de l’homme, cette surpopulation est causée par des détentions arbitraires et la lenteur dans le traitement des dossiers des détenus.

Ainsi, plusieurs personnes sont enfermées pour des raisons politiques, des charges leur sont collées pour avoir juste un motif de les emprisonner. Des centaines de personnes ont bénéficié d’une grâce présidentielle mais n’ont pas été libérées. Il y’en a ceux qui ont purgé leurs peines mais restent enfermées. D’autres encore ont été acquittées, pourtant ils n’ont pas été autorisés à quitter ces maisons carcérales. Et certains autres restent emprisonnés  pour  avoir manqué les amendes à payer. Des frais qui entrent dans les caisses de l’Etat.

Se montrant préoccupée entre autres par le coût de ces détentions à l’Etat, la ministre Domine Banyankimbona semble, dans sa correspondance, attendre la solution dans le bon sens des chefs de juridiction et procureurs, personnel sous son autorité.

Pourtant, la solution à certains de ces cas  de détention sans titre  est de son propre ressort, comme le cas des détenus graciés mais qui n’ont pas été libérés.  De même que les détenus qui ont manqué les amendes. Ici plus d’un se demandent pourquoi cette autorité garde toujours en prison ces détenus qui  continuent à consommer l’Etat, alors qu’elle pouvait trouver un moyen de les faire payer ces amendes  étant libres.

Les détenus acquittés et ceux qui ont purgé leurs peines  doivent  être  libérés par les responsables de leurs  maisons de détention. Ne pas les libérer est une faute sanctionnée par la même ministre de la justice, pour ne citer que ces quelques exemples.

Au lieu  donc d’attendre le bon sens de son personnel, la ministre pouvait  agir, faire recours à ses prérogatives et désengorger  ces maisons carcérales en rendant justice à plusieurs burundais emprisonnés injustement.

Le CPJ plaide pour la libération de la journaliste burundaise Floriane Irangabiye

Le CPJ plaide pour la libération de la journaliste burundaise Floriane Irangabiye

Le Comité pour la Protection des Journalistes appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de la journaliste burundaise, Floriane Irangabiye, détenue depuis plus de deux mois en l’absence de charges formelles. A travers sa publication d’alerte sortie ce 04 novembre 2022, ladite organisation souligne que le gouvernement burundais devrait également poursuivre les responsables de cette détention arbitraire et des mauvais traitements qu’aurait subi la détenue derrière les barreaux.

 « Après deux mois, l'incapacité des autorités à inculper de manière crédible Floriane Irangabiye de tout crime est la preuve que cette affaire constitue une forme de représailles à ses commentaires et ses opinions critiques ». Telle est en résumé la déclaration faite ce 04 novembre 2022 par Muthoki Mumo, représentant du Comité pour la Protection des Journalistes pour l'Afrique subsaharienne. Selon toujours le CPJ, la journaliste Floriane Irangabiye doit être libérée dans l’immédiat et autorisée à continuer sa vie et son travail sans autre ingérence.

A l’issu des enquêtes menées auprès des médias, tel la RPA, ainsi que certaines personnes proches de ce dossier, le Comité pour la Protection des Journalistes soutient que, malgré l’incarcération de Floriane Irangabiye pour atteinte à l'intégrité de l'État, les autorités burundaises n’ont déposé aucune accusation formelle contre la détenue lors de sa comparution devant le parquet de Bujumbura le 08 septembre 2022. 

« Lors de la comparution devant le tribunal le 28 octobre 2022 à Muyinga, les procureurs ont préféré demander plus de temps pour rassembler des preuves sur les crimes contre l'État du Burundi dont est accusée  Floriane Irangabiye, signale CPJ qui trouve  que la journaliste n’est pas toujours officiellement inculpée en se référant à une source proche du dossier.

Pire encore, le CPJ déplore qu’ « au moins un officier du Service National des Renseignements avait agressé sexuellement Floriane Irangabiye alors qu'elle était détenue au quartier général de cette institution » en citant une personne familière à l’affaire. 

Le CPJ  indique qu’en réponse aux questions soumises au Procureur Général du Burundi sur l'agression sexuelle et sur l'ouverture d'une enquête par le gouvernement, Sylvestre Nyandwi a, via une application de messagerie, qualifié l'allégation d'abus sexuel de « non fondée » et d'extension des actes préjudiciables à Floriane Irangabiye qui visent à ternir l’image de l'État du Burundi.

En définitive, le Comité pour la Protection des Journalistes estime que le gouvernement burundais devrait demander des comptes aux responsables de la détention arbitraire de Floriane Irangabiye et des mauvais traitements dont elle aurait été victime pendant son incarcération.

Plus de 5 ans sous les verrous après l’obtention de la grâce

4 membres du parti MSD sont toujours incarcérés alors qu’ils ont bénéficié de la grâce présidentielle depuis plus de 5 ans. Les défenseurs des droits de l’homme ainsi que leurs familles plaident pour leur libération. Etant donné qu’aucune infraction ne pèse sur eux,  ils demandent au Président Evariste Ndayishimiye et au ministre de la justice de les libérer dans les meilleurs délais.

 « Nous sommes très attristés de voir nos enfants incarcérés. Ils avaient bénéficié de la grâce présidentielle, leur accordée par feu le Président Pierre Nkurunziza en 2017. Mais, ils se trouvent toujours en détention », s’indigne avec une voix pleine de chagrin un des parentés des 4 membres du parti MSD qui croupissent encore dans  les  différentes maisons carcérales du pays.

Les 4 militants du parti MSD sont, en effet, Jean de Dieu Bigirimana qui est détenu dans la prison de Ngozi, Clément Hatungimana incarcéré dans la prison centrale de Mpimba, Gérard Nahimana en détention dans la prison de Rumonge ainsi que Daniel Rugonumugabo détenu dans la prison de Gitega.

Tous ont été arrêtés le 08 mars 2014 à la permanence nationale du parti MSD qui était située dans le quartier Kinanira de la zone Musaga, en Mairie de Bujumbura. Au cours de cette arrestation, 63 membres du parti MSD ont été arrêtés, puis incarcérés.

Mais ce qui a étonné plus d’un, c’est qu’après plus de 2 ans de détention, le président de cette époque, feu Pierre Nkurunziza, leur avait accordé une grâce présidentielle en janvier 2017, mais seulement 59 détenus membres du parti MSD ont été relâchés, tout en gardant en geôles les 4 détenus.

Ainsi, pour l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Burundi, ACAT-Burundi en sigle, les 5 détenus membres du MSD sont « en état de détention qui n’a aucune justification, dans la mesure où cette grâce présidentielle concernait toutes les personnes  poursuivies dans le dossier relatif aux membres du parti MSD arrêtés le 08 mars 2014 ».

Malgré le discours que la ministre de justice de cette époque, Laurentine Kanyana, a prononcé le 23 janvier 2017 lors de la mise en œuvre de cette grâce présidentielle à la prison centrale de Mpimba, en affirmant que leur dossier est clôturé, les 4 détenus croupissent jusqu’aujourd’hui dans les quatre prisons déjà citées en haut.

De ce fait, « le maintien en détention de ces personnes prouve à suffisance que la justice équitable pour tous, vantée par le pouvoir de Gitega, est loin d’être une réalité sur terrain », martèle Maître Jean-Claude Ntiburumusi, qui est chargé du département juridique au sein de l’ACAT-Burundi.

Ainsi, l’organisation ACAT-Burundi ainsi que les familles de ces détenus membres du parti MSD demandent avec insistance au Président Ndayishimiye et à la ministre de la justice actuelle de libérer sans tarder ces quatre personnes détenues en violation flagrante de la loi.

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