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“La voix des sans voix”

Opposition et société civile burundaise : "stop à la ruée vers les nouveaux titres fonciers"

Opposition et société civile burundaise : "stop à la ruée vers les nouveaux titres fonciers"

Par: Clovis Niyonzima 

La décision du gouvernement burundais d’imposer aux propriétaires de parcelles et de maisons le paiement de nouveaux titres fonciers électroniques et sécurisés provoque de nombreuses critiques. Des partis politiques et des organisations de la société civile dénoncent notamment un manque de préparation, des risques d’injustice et des soupçons de mauvaise gestion.

Au Burundi, la mesure obligeant les propriétaires de terrains et de maisons à payer pour obtenir de nouveaux titres fonciers électroniques et sécurisés continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Dans un communiqué publié à Bujumbura, le parti Sahwanya-FRODEBU estime qu’une réforme d’une telle ampleur aurait dû être précédée d’une meilleure préparation et d’une communication plus transparente envers la population. Selon ce parti, la décision touche directement au droit de propriété des citoyens et devrait tenir compte des réalités économiques du pays. Il s’inquiète notamment des difficultés que pourraient rencontrer de nombreux Burundais, surtout les plus vulnérables et ceux vivant à l’intérieur du pays, pour se conformer à cette obligation dans un délai jugé trop court.

Le parti évoque également la situation de certains citoyens affirmant avoir déjà payé l’année dernière pour l’obtention de leurs titres fonciers sans avoir encore reçu leurs documents, une situation qui alimente, selon lui, un sentiment d’injustice. Il appelle ainsi les autorités à revoir la date limite fixée et à renforcer la communication afin qu’aucun citoyen ne soit lésé dans ce processus.

Du côté du Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD), le ton est beaucoup plus critique. Le parti considère que cette mesure s’inscrit dans une série de décisions visant, selon lui, à soutirer davantage d’argent aux citoyens. Tout en reconnaissant que la modernisation des titres fonciers pourrait être utile, le MSD estime que le gouvernement n’est pas suffisamment préparé pour mettre en œuvre cette réforme.

Le parti déplore notamment que les citoyens soient appelés à payer sans recevoir immédiatement leurs documents, ce qui, selon lui, suscite de fortes inquiétudes quant à la capacité réelle de l’administration à produire ces nouveaux titres. Le MSD appelle par ailleurs les citoyens à rester vigilants face à ce qu’il qualifie de tentative de spoliation.

Pour sa part, l’organisation de la société civile PARCEM adopte une position plus nuancée. Elle reconnaît que la modernisation du système de gestion foncière peut constituer une avancée, mais insiste sur la nécessité d’agir avec prudence.

Selon son président, Faustin Ndikumana, la principale inquiétude concerne le délai fixé pour la mise en œuvre de la mesure. Une opération touchant des millions de propriétés devrait, selon lui, être réalisée progressivement afin d’éviter des conséquences imprévisibles dans un pays déjà confronté à de nombreux litiges fonciers.

L’organisation Parole et Action pour le Réveil de la Conscience et l’Evolution des Mentalités recommande d’abord un audit du système de gestion des titres fonciers, souvent critiqué pour des problèmes de corruption, de perte de documents ou de délivrance de doubles titres. Elle propose ensuite de commencer par délivrer les nouveaux titres électroniques aux nouveaux propriétaires avant de remplacer progressivement les anciens documents, un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire une année.

 

Muyinga : l’inquiétante hausse du nombre d’enfants vivant dans la rue

Muyinga : l’inquiétante hausse du nombre d’enfants vivant dans la rue

Par: Elvis Niyomwungere

Dans la ville de Muyinga, de plus en plus d’enfants vivent dans la rue. Leur nombre ne cesse d’augmenter, suscitant l’inquiétude des habitants qui les accusent de vols et de consommation de drogues. Les autorités locales sont appelées à réagir face à une situation devenue alarmante.

À Muyinga, il suffit de parcourir les rues pour rencontrer des groupes d’enfants errants, souvent armés de bouteilles en plastique contenant du carburant qu’ils inhalent. Selon les habitants, ils se rassemblent surtout dans les lieux très fréquentés comme le marché central, le quartier appelé « Zéro 9 », à Mukoni sur la route de Karuzi, ou encore près de l’hôpital. Ces enfants attendent fréquemment les camions en route vers la Tanzanie.

Les habitants constatent une recrudescence des vols dans les ménages, qu’ils attribuent à ces enfants sans abri. « Lorsqu’ils trouvent des biens exposés, ils les emportent. Quand une maison est ouverte, ils y entrent pour voler. Il arrive aussi qu’on les surprenne en train de forcer les serrures », témoigne un habitant de Muyinga.

Certains résidents affirment avoir plusieurs fois retrouvé des enfants de la rue endormis devant leurs boutiques ou dans des cours abandonnées.

La majorité de ces enfants proviennent des communes voisines de Muyinga, mais d’autres viennent de plus loin, notamment de Kayanza. Sans encadrement ni abri, ils survivent grâce à la mendicité et à de petits vols, au grand désarroi de la population locale.

La population de Muyinga demande aux autorités administratives de prendre des mesures urgentes pour réinsérer ces enfants dans leurs familles ou trouver un lieu d’accueil adapté.
La rédaction de la RPA n’a pas encore pu joindre Amédée Misago, administrateur communal de Muyinga, pour connaître les actions envisagées face à ce phénomène.

 

Titres fonciers sécurisés: le plafond de 3 millions fait débat

Titres fonciers sécurisés: le plafond de 3 millions fait débat

Par: Clovis Niyonzima

La mise en place de titres fonciers sécurisés, prévue par la loi budgétaire 2025-2026, suscite des interrogations. Certains propriétaires estiment que le plafonnement du coût à trois millions de francs burundais pourrait créer des inégalités entre détenteurs de petites et de grandes superficies.

La réforme visant à moderniser et sécuriser les titres fonciers au Burundi continue de susciter des réactions parmi certains propriétaires terriens. L’article 133 de la loi fixant le budget de l’État pour l’exercice 2025-2026 prévoit que les ministres chargés des Finances et de la Justice définissent conjointement les modalités de paiement permettant aux citoyens d’obtenir des titres fonciers sécurisés, en tenant compte notamment de l’emplacement des parcelles.

Le texte précise toutefois, dans son deuxième alinéa, qu’aucun titre foncier sécurisé ne pourra être payé à un montant supérieur à trois millions de francs burundais.

Pour certains détenteurs de terres, cette disposition introduit une forme d’inégalité entre les citoyens. Ils expliquent notamment qu’un propriétaire possédant 20 ares devrait payer 150 000 francs burundais par are, soit un total de trois millions de francs pour l’ensemble de sa parcelle. Dans le même temps, une personne possédant 50 ares ne paierait pas davantage en raison du plafonnement fixé par la loi.

Selon ces propriétaires, cette disposition donne l’impression que les détenteurs de grandes superficies bénéficient d’un avantage, alors que ceux qui possèdent des parcelles plus modestes supporteraient proportionnellement une charge plus élevée. Ils demandent ainsi aux autorités de réexaminer cette disposition.

Par ailleurs, une ordonnance signée conjointement par les ministres de la Justice et des Finances apporte des précisions concernant les titres fonciers déjà déposés dans les banques comme garantie pour l’obtention de prêts. L’article 6 indique que les banques détenant ces titres procéderont elles-mêmes à leur remplacement.

Les établissements financiers avanceront les frais nécessaires à cette régularisation avant d’ajouter les montants engagés à la dette des bénéficiaires des prêts concernés. Cette mesure vise à permettre la poursuite du processus de sécurisation des titres fonciers tout en maintenant les garanties bancaires existantes.

 

Burundi : des inquiétudes entourant le paiement des titres fonciers sécurisés

Burundi : des inquiétudes entourant le paiement des titres fonciers sécurisés

Par: Clovis Niyonzima

Au Burundi, l’appel du gouvernement invitant les citoyens à payer pour obtenir des titres fonciers sécurisés suscite des interrogations. Certains Burundais dénoncent une collecte d’argent prématurée alors que la production des documents n’a pas encore commencé.

L’appel lancé aux propriétaires de parcelles pour payer auprès du département des titres fonciers afin d’obtenir des documents sécurisés est perçu par certains comme une simple collecte d’argent par l’État, avec un risque potentiel d’abus. Plusieurs Burundais rappellent que ce n’est pas la première fois qu’ils se retrouvent dans une telle situation. Ils évoquent notamment des paiements effectués pour des intrants agricoles qui n’ont jamais été livrés.

Selon des sources de la RPA, six mois après le début des paiements, la production des titres fonciers n’a toujours pas commencé. Ces sources indiquent également qu’aucun des outils nécessaires à cette production n’a encore été inspecté.

Autre point critiqué par les citoyens : pour obtenir un nouveau titre foncier, les demandeurs doivent se présenter avec l’ancien titre. Après paiement, une marque est apposée au dos du titre pour attester du règlement, une opération qui coûte 10 000 francs. Les détenteurs de titres dénoncent ainsi un système où il faut payer à la fois pour demander le document et pour l’obtenir.

Face à cette situation, plusieurs citoyens émettent des réserves quant à cette mesure. Ils estiment que la procédure ne devrait pas être accélérée alors qu’elle concerne presque tous les Burundais. Ils rappellent également qu’il a toujours été difficile d’obtenir rapidement des documents auprès de cette administration et s’interrogent sur sa capacité à répondre soudainement à une demande aussi importante.

Les derniers évoquent par ailleurs l’échec du projet de carte d’identité biométrique. Certains rappellent que des personnes ayant payé depuis deux ans pour obtenir un permis de conduire attendent toujours leur document. Ils craignent que la même situation ne se reproduise avec les titres fonciers sécurisés.

Ils appellent donc l’État à réorganiser d’abord le service des titres fonciers, à recourir à une technologie fiable et à doter ce département des moyens nécessaires pour mener correctement cette opération avant d’exiger le paiement des citoyens.

 

 

 

 

 

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