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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

À Ngozi, les avocats mûrissent… mais les producteurs n’ont pas le droit de vendre

À Ngozi, les avocats mûrissent… mais les producteurs n’ont pas le droit de vendre

Par: Remy Nderagakura

Alors que la récolte d’avocats bat son plein dans le nord du Burundi, les agriculteurs se disent pénalisés par la mesure interdisant toute commercialisation avant le 15 mars 2026. Faute d’autorisation de vente, des tonnes de fruits risquent de pourrir sur place.

À Ngozi, l’interdiction temporaire de la vente d’avocats provoque la colère des producteurs. Depuis plusieurs semaines, certains cultivent l’inquiétude autant que leurs vergers : les fruits, désormais mûrs, tombent d’eux-mêmes, mais il leur est défendu de les vendre jusqu’à la date fixée par les autorités provinciales.

Sur les sites de regroupement, notamment à Inyaruntana et aux carrefours menant vers Gitega ou le centre-ville de Ngozi, les sacs d’avocats s’empilent. Les intermédiaires n’achètent qu’en petites quantités, à des prix dérisoires, moins de 100 000 FBu le sac de 1 000 kilos, de quoi décourager bien des cultivateurs. Avant même l’ensachage, les fruits impropres à la vente sont écartés, aggravant encore les pertes.

Les commerçants locaux affirment qu’ils n’ont plus de solution pour stocker ou écouler la production. Une partie des avocats collectés dans l’ancienne province de Ngozi est transportée jusqu’à Murama, dans la commune de Muyinga, province de Buhumuza, avant d’être acheminée vers la Tanzanie. Mais ce commerce transfrontalier reste strictement encadré.

La situation s’envenime davantage avec l’intervention des « commissionnaires », ces intermédiaires accusés d’imposer leurs prix et de semer la discorde entre producteurs et acheteurs agréés.

Dans un communiqué daté du 12 février 2026, le gouverneur de Butanyerera a rappelé que toute personne souhaitant acheter des avocats auprès de la population devra, à partir du 15 mars, présenter une autorisation officielle. Une mesure censée mettre fin au « commerce anarchique » des fruits, mais qui, pour l’heure, laisse nombre d’agriculteurs dans l’impasse, leurs avocatiers se vidant de leurs fruits à perte.

 

 

 

Mubone : des riziculteurs privés d’eau à cause de constructions sur des caniveaux d’irrigation

Par : Walter Kwizera

Giheta : la pénurie d’engrais ruine les récoltes

Giheta : la pénurie d’engrais ruine les récoltes

Par: Innocent-Valentin Singirankabo

Dans la zone de Giheta, en commune et province de Gitega, de nombreux agriculteurs n’ont presque rien récolté lors de la dernière saison culturale. Privés d’engrais chimiques après des années de dépendance, ils ont vu leurs champs de maïs et de haricots se dessécher, au point de devoir offrir les pousses à leur bétail.

Une perte importante frappe actuellement les agriculteurs de la zone de Giheta, en commune et province de Gitega. Ceux qui ont semé du maïs et des haricots dans des sols non fertilisés lors de la dernière saison culturale A ont vu leurs espoirs de récolte s’envoler. Habituées depuis des années à recevoir des engrais chimiques, leurs terres, désormais appauvries, n’ont presque rien produit. Sur un hectare où les paysans engrangeaient auparavant entre deux et trois tonnes de maïs, ils n’ont, cette fois, quasiment rien récolté et ont fini par donner les pousses à leurs animaux.

Sur place, des agriculteurs confient leur désarroi face au système de distribution des fertilisants. Certains assurent n’avoir pas reçu d’engrais depuis deux ans. Cette campagne agricole, beaucoup ont d’abord cultivé dans des sols « vides » lors de la saison A, faute d’intrants. Puis, lorsque les engrais chimiques qu’ils avaient pourtant payés ont enfin été distribués, une partie des paysans est rentrée bredouille : les quantités disponibles dans la zone de Giheta se sont révélées insuffisantes.

Un cultivateur témoigne de l’ampleur des pertes subies. Sur son hectare de maïs, où il récoltait habituellement entre deux et trois tonnes, il n’a rien moissonné. Devant l’échec total des cultures, il a préféré transformer les plants en fourrage pour son bétail, notamment ses vaches. « La pénurie d’engrais nous a beaucoup affectés, nous les agriculteurs, raconte-t-il. Nous avions commencé à cultiver le champ de maïs, mais comme notre terre s’est habituée aux engrais chimiques, le maïs auquel on n’a pas donné l’engrais appelé urée ne pousse pas. Rien ne marche du tout ! Sur un terrain d’un hectare, on espérait 2 ou 3 tonnes de maïs, et on n’en obtient rien. Les plantations ne donnent rien, alors nous décidons de les donner aux vaches. »

Au cœur de cette crise se trouve l’urée, l’engrais chimique le plus couramment utilisé par ces agriculteurs. Ce fertilisant contient un élément nutritif essentiel, l’azote, qui représente environ 46% de sa composition. L’azote joue un rôle clé dans le développement des feuilles des cultures céréalières comme le maïs, en favorisant une croissance vigoureuse et un bon rendement. Mais la dépendance prolongée à ce type d’engrais a un revers : des études montrent que l’usage répété de l’urée finit par acidifier les sols. À force d’apports, le sol conserve un excès d’acidité, mesurable par le pH, ce qui contribue à appauvrir progressivement la terre et à la rendre moins productive sans apport constant de fertilisant.

 

 Fermeture du barrage de Cibitoke : la saison rizicole menacée

Fermeture du barrage de Cibitoke : la saison rizicole menacée

La décision soudaine des autorités de fermer le barrage d’irrigation alimentant les champs de Cibitoke  plonge les agriculteurs dans le désarroi. Privés d’eau en pleine période de croissance, nombre d’entre eux craignent des pertes colossales et redoutent de ne pouvoir rembourser les prêts contractés pour financer leurs cultures.

Depuis le 15 janvier, la fermeture inattendue du barrage d’irrigation de Cibitoke, dans la province  Bujumbura, paralyse les activités agricoles. Cette infrastructure essentielle approvisionnait en eau les rizières et d’autres cultures pratiquées dans les zones de Rugombo et Cibitoke. La décision, émanant de la direction provinciale de l’Agriculture et des autorités administratives locales, provoque la consternation chez les producteurs.

Les riziculteurs dénoncent une mesure prise à contretemps. Selon eux, le barrage a été fermé dans le cadre de travaux de désensablement des canaux. Une initiative jugée nécessaire mais mal planifiée. « Ils auraient pu attendre la fin de la récolte, comme d’habitude en août. Couper l’eau en janvier, alors que le riz est encore en croissance, c’est condamner toute une saison », regrette un agriculteur rencontré sur place.

La situation est d’autant plus critique que la région connaît actuellement un déficit pluviométrique. Les champs, privés d’irrigation, se dessèchent. « Sans cette eau, nous perdons presque tout. Nous avons acheté des engrais à prix élevé grâce à des crédits bancaires. Sans récolte, comment rembourserons-nous ? » S’interroge un riziculteur, visiblement désemparé.

Derrière la colère, l’inquiétude grandit. La plupart des producteurs ont en effet contracté des prêts auprès de banques locales pour financer leurs activités agricoles. Craignant la faillite, certains redoutent désormais des poursuites judiciaires. « Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. Nos familles dépendent de ces récoltes. Si rien n’est fait, nous serons ruinés », implorent-ils.

De leur côté, des sources proches des services provinciaux de l’Agriculture indiquent que les travaux de curage ne devraient durer qu’un mois. Un délai qui ne suffit toutefois pas à rassurer les riziculteurs, qui espèrent une intervention rapide pour éviter une catastrophe économique.

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