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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Rumonge: En quête de justice, la famille de feu Wilson Nduwimana se fait menacer

Rumonge: En quête de justice, la famille de feu Wilson Nduwimana se fait menacer

La famille de Wilson Nduwimana de la  colline Karagara en zone Buruhukiro  commune et province Rumonge se fait  intimider depuis l’assassinat de Wilson Nduwimana vers la fin de l’année dernière. Les auteurs de ces intimidations sont  identifiés comme étant des imbonerakure de la commune Rumonge (Sud du pays). Jour et nuit, ils rodent au tour de sa maison. L’intention serait de lui faire peur pour qu’elle cesse de chercher justice pour  Wilson Nduwimana.

Wilson Nduwimana a été retrouvé  mort le 29 décembre l’année passée dans les eaux de la rivière  Buzimba de la commune Rumonge. Il était introuvable depuis le 23 du même mois. Peu de temps avant, en date du 21 décembre  feu Wilson s’était querellé avec un  jeune de Mugara de la  zone Gatete en commune et province Rumonge. Des témoins sur place révèlent que ce jeune de Mugara  avait  juré  qu’il tuera Wilson Nduwimana  et jetera son corps dans  cette rivière  Buzimba où a été effectivement  retrouvé  le cadavre de Wilson.

Depuis cet assassinat, les membres de sa famille  sont sous menaces. Comme ils réclament justice, les  proches de tous ceux qui sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans cet acte ignoble  font feu  de tout bois pour les en a empêchés. Tous les coups sont permis, même la carte ethnique intervient, témoigne un des parentés de feu Wilson Nduwimana. « Depuis la mort de Wilson des conflits et tensions sont apparus. Des tensions ethniques ont été alors ravivées, des allégations relatives aux tristes évènements de 1972 ont surgi. Cela nous inquiète  beaucoup  car  le défunt avait d’abord lui aussi été reproché de ce que les Tutsi auraient fait en 1972. »

Wilson Nduwimana a été tué sur  la colline  Mugara en zone Gatete où il exerçait  ses activités quotidiennes. Il était  natif de la  colline Karagara  en zone Buruhukiro, c’est là où vit sa famille  et  se fait intimider. Les auteurs de ces intimidations sont des jeunes de la milice imbonerakure  en provenance de Mugara. Leur contact sur  la colline Karagara est l’ancien  représentant  du parti CNDD-FDD sur colline Karagara. «  Ils viennent et ils ont des collaborateurs qui les accueillent. Ils sont logés chez Ayubu Nezerwe qui fut responsable du parti CNDD-FDD  sur la colline Karagara. Le matin, ils se présentent comme de simples Imbonerakure en tenue civile. Mais le soir,  ils se transforment en agent de l’ordre et portent les tenues policières. Nous  les voyons  en possession de fusil. La situation nous fait beaucoup peur.» Ajoute notre source.

 Le présumé auteur en liberté

Josephat Sinzobasiga est le présumé auteur de l’assassinat de Wilson Nduwimana, il était en détention à Rumonge. La famille de la victime a été étonnée de voir le présumé libre. « Cette libération nous a beaucoup inquiétés, nous craignons d’être les prochaines victimes. » 

Contacté par la rédaction de la RPA, Phanuel Nahayo, le Procureur de la République à Rumonge affirme avoir libéré  le présumé auteur de l’assassinat de Wilson Nduwimana après consultation avec le Procureur près la cour d’appel à Bururi. Selon lui,  ils  ont manqué de preuves de l’implication de  Josephat Sinzobasiga   dans ce crime.  Des explications qui n’ont pas convaincues la famille victime, surtout que le prévenu a été libéré la veille d’une séance de confrontation avec des témoins, séance à laquelle il n’a pas répondu.  « Admettons qu’il lui a accordé une liberté provisoire, mais pourquoi alors il ne s’est pas présenté au procès de ce 18 janvier ? Des témoins aussi s’étaient présentés. » Dénonce la famille de Wilson qui craint  qu’il y aurait  d’autres choses qu’ils seraient  en train de fomenter clandestinement.

La famille de feu Wilson Nduwimana demande  aux autorités habilités jusqu’au Chef de l’Etat, de les aider dans ce dossier afin que les coupables soient traduits en justice et qu’elle  retrouve sa sécurité.

 

 

Un détenu de la prison de Mpimba agonisant par manque de soins

Un détenu de la prison de Mpimba agonisant par manque de soins

Les détenus de la prison centrale de Mpimba alertent sur la vie de leur codétenu de 71 ans qui est en danger. Torturé  après son arrestation en 2017, sa situation n’a cessé de s’empirer par manque de soins adéquats. Ses compagnons de cellule indiquent que si rien n’est fait  l’homme pourrait mourir.

Ce vieil homme qui agonise dans la prison de Mpimba s’appelle Léonidas Nyandwi Alias Kiguru. Il a été arrêté en 2017, accusé de cambriolage de la COOPEC de Gitega. Nos sources font savoir que, lors de son arrestation, Léonidas Nyandwi a été sévèrement torturé par le commissaire de la police judiciaire de Gitega nommé Mpozenzi. Une torture qui lui a valu une complication qui le hante jusqu’aujourd’hui. ‘’ On lui a accroché un bidon de 5 litres rempli d’eau sur les testicules et est resté suspendu sur lui toute une journée. Depuis ce jour, le grand besoin sort par la même voie que les urines.’’ Explique une source.

Dans 4 ans qu’il est resté dans la prison de Gitega, sa vie a continué de se détériorer. Le médecin qui le suivait dans cette prison a fini par demander le transfert de Léonidas vers la prison de Mpimba là où il croyait que ce vieux pouvait bénéficier des soins auprès des grands médecins. Malheureusement pendant deux ans qu’il vient de passer dans la prison centrale de Mpimba, il n’a jamais vu ces médecins. Le médecin qui s’occupe de lui au sein de la prison lui a dit qu'il devra attendre une visite des médecins de la CICR. ‘’Le docteur d’ici à Mpimba lui a dit que son cas est du ressort des médecins de l’hôpital militaire de Kamenge ou ceux de l’hôpital CMCK. Il a donc informé à Léonidas qu’il ne sera traité que quand la CICR reviendra dans la prison de Mpimba. Mais, ce vieil homme a commencé à dégager des mauvaises odeurs car ses organes pourrissent progressivement.’’ Ajoute la source de Mpimba.

Les codétenus de Léonidas Nyandwi demandent que Léonidas Nyandwi bénéficie des soins adéquats pour sauver sa vie. Ils demandent  également l’arrestation de l’ancien commissaire de la Police Judiciaire de Gitega connu sous le nom de Mpozenzi pour qu’il réponde de ses actes, qui ont mis en danger la vie de Léonidas, peu importe où il travaille aujourd’hui.

Nous n’avons pas pu recueillir le commentaire du directeur de la prison centrale de Bujumbura, la prison de Mpimba.

Rutana: Un habitant de la commune Giharo emprisonné à la place de son patron

Rutana: Un habitant de la commune Giharo emprisonné à la place de son patron

Adrien Bapfumukeko, habitant de la commune Giharo en province  Rutana est en détention  depuis plus de deux mois, il a été arrêté pour non-paiement de taxes des marchandises. Des marchandises qui ne lui appartiennent pas. Sa famille déplore que le leur ait été  emprisonné à la place de son patron, un commerçant de la même commune de Giharo et  demande que justice lui soit rendue.

Tout a commencé le 10 novembre 2023 quand 9 camions chargés de marchandises ont été saisis en province Rutana ainsi que leurs chauffeurs, les convoyeurs et leurs propriétaires. Au total, 14 personnes ont été arrêtées et emprisonnées. Elles ont été accusées d’atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale pour avoir fraudées et ont été condamnées en date du 14 novembre dans un procès de flagrance, d’une peine allant d’une année à cinq ans d’emprisonnement. Toutes leurs marchandises ainsi que leurs véhicules ont été saisis et mis dans le patrimoine de l’Etat.

Parmi ces détenus figure un certain Adrien Bapfumukeko alias Makarena, natif de la commune Giharo. Ses proches indiquent qu’il est emprisonné injustement,  à la place de son patron Isaac Manirakiza. « Ils n’ont pas payé la taxe pour toutes leurs marchandises. Ayant constaté qu’ils ont été soupçonnés, Isaac Manirakiza n’a pas voulu se présenter et il a envoyé son agent Adrien Bapfumukeko pour déposer à l’OBR les reçus des marchandises qui ont été taxées. C’est ainsi qu’il a été arrêté et emprisonné à la place de son patron.»   Témoigne un des parentés du surnommé Makarena.

Nos sources au sein de la famille d’Adrien Bapfumukeko révèlent que la justice à Rutana aurait tenté d’arrêter le vrai responsable de la fraude, Isaac Manirakiza mais que ce dernier aurait donné de la corruption pour que son employé reste en prison à sa place. « On entend dire qu’Isaac Manirakiza a donné 2 millions  pour que  Bapfumukeko reste en détention et ainsi éviter la prison. » 

Les proches d’Adrien Bapfumukeko réclament justice pour le leur  trouvant incompréhensible qu’une personne soit emprisonnée à la place d’une autre.

Nous n’avons pas pu avoir les réactions  des autorités administratives et judiciaires de la province Rutana.

Le phénomène des enfants en situation de rue : la solution est-elle réellement en cours ?

Le phénomène des enfants en situation de rue : la solution est-elle réellement en cours ?

En octobre dernier, le ministre de l'Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité  publique a annoncé le lancement  d’un projet de rassemblement et d’encadrement des enfants en situation de rue. Trois mois après, son collègue du ministère de la Solidarité et des Droits de l’Homme vient de reconnaitre que le projet est plutôt encore en  préparation.

Répondant à une question en rapport avec la solution réservée au phénomène persistant des enfants en situation de rue, le ministre de l’Intérieur a, au cours d’une conférence publique animée par les membres du gouvernement  en date du 06 octobre  de l’année dernière,  fait savoir  que tout était prêt pour retirer tous les enfants des rues des différentes provinces du pays. "Avec le ministère de la Solidarité, nous avons examiné en détails la question des enfants  en situation de rue. À l'étape actuelle, nous sommes confiants  en la solution  trouvée. Un centre d’accueil de ces enfants est ouvert au chef-lieu de la province Cankuzo. Tout y est apprêté", a déclaré le ministre Martin Niteretse.

Le ministre de l’Intérieur  a alors annoncé un début des formations professionnelles  pour certains enfants et  une intégration scolaire pour d'autres. "Le centre est  doté de tout le nécessaire. Lundi prochain, les enfants seront conduits là-bas. Les experts en éducation professionnelle sont  aussi prêts. Ceux qui opteront pour l'enseignement général,  y seront intégrés. Nous les soutiendrons pour qu'ils deviennent autonomes", a mentionné le ministre Niteretse dans cette conférence publique  animée un vendredi.

Quatre mois plus tard, la situation sur terrain est différente. Ces enfants se remarquent  toujours en grand nombre dans les rues, comme l'a souligné le sénateur Fabien Haramategeko lors de la séance plénière de ce mardi 10 janvier. "Le phénomène des enfants en situation de  rue est devenu cyclique à Bujumbura et dans d'autres centres urbains. Même à l'heure actuelle, beaucoup d'enfants  se remarquent sur différents  ronds-points et près des feux de circulation."

Même  les formations annoncées n’ont pas encore débuté, a  avoué la ministre en charge des Droits de l’homme et de la  Solidarité  dans cette plénière au Sénat. La ministre Imelde Sabushimike, a précisé que le gouvernement s’y prépare encore. "Nous prévoyons deux ateliers de formation professionnelle. Nous sommes en préparation. Les enfants plus âgés qui ne peuvent pas commencer la première année primaire bénéficieront de ces formations. Pour les autres, nous collaborerons avec le ministère de l'Éducation pour les intégrer à l'école."

Dans ce centre de Cankuzo (Est du pays), les enfants y rassemblés sont négligés, et plusieurs ont déjà quitté ce centre, révèlent des sources du ministère de la solidarité. La population environnante du centre est inquiétée par la présence de ces enfants. Elle craint que, sans suivi ni encadrement, ces enfants  risquent de causer des dégâts dans cette localité.

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