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Des repères et de la valorisation : des clés pour mieux accompagner les enfants autistes

Des repères et de la valorisation : des clés pour mieux accompagner les enfants autistes

Par: Digne Karondo

Pour favoriser l’intégration des enfants autistes dans la société, les spécialistes plaident pour un accompagnement structuré, bienveillant et adapté à leur rythme. La technicienne en éducation spécialisée Liliane Niyonzima met l’accent sur l’importance de repères clairs, de routines visuelles et de la reconnaissance de chaque progrès.

Aider les enfants autistes à mieux s’intégrer, c’est avant tout leur offrir un environnement stable et lisible. Selon Liliane Niyonzima, technicienne en éducation spécialisée, des repères clairs et des activités structurées leur permettent de comprendre comment les choses se déroulent et de se sentir plus en sécurité.

« Les enfants autistes peuvent être accompagnés efficacement afin de mieux vivre en société », souligne-t-elle. L’utilisation de supports visuels est un outil particulièrement bénéfique : pictogrammes, images ou listes illustrées peuvent guider l’enfant dans ses tâches quotidiennes. « Certains enfants parlent, d’autres non ; avec ceux qui s’expriment, il faut privilégier des consignes courtes, claires et précises », précise-t-elle, ajoutant qu’il est préférable de donner une seule instruction à la fois.

La mise en place d’une routine bien cadrée facilite également leur autonomie. « On peut, par exemple, afficher les étapes du matin près du lit : se réveiller, ranger le lit, puis se préparer pour la journée. » Au départ, ces étapes peuvent être illustrées par des images, avant de devenir des automatismes.

Les enfants autistes sont souvent sensibles aux changements ; une modification imprévue de leur routine peut les déstabiliser ou provoquer de l’anxiété. Prévenir à l’avance de toute nouveauté est donc essentiel. De même, l’apprentissage passe par la répétition : pratiquer plusieurs fois la même activité, avec patience, permet à l’enfant de consolider ses acquis.

Liliane Niyonzima insiste aussi sur l’importance de la valorisation : féliciter l’enfant à chaque réussite contribue à renforcer sa confiance et son envie d’apprendre. Enfin, elle rappelle que leur hypersensibilité sensorielle doit être prise en compte : réduire la lumière si elle est trop forte ou limiter le bruit avec des casques adaptés peut considérablement améliorer leur confort.

« Un accompagnement basé sur la structure, la clarté, la répétition et la valorisation permet à l’enfant autiste de progresser à son rythme et de s’épanouir au quotidien », conclut la spécialiste.

 

Lusenda : six mois sans médicaments pour les réfugiés burundais

Lusenda : six mois sans médicaments pour les réfugiés burundais

Par: Digne Karondo

Dans le camp de réfugiés burundais de Lusenda, à l’est de la République démocratique du Congo, l’accès aux soins médicaux est devenu quasiment impossible depuis plusieurs mois. Les malades ne reçoivent plus de médicaments et la malnutrition infantile s’aggrave chaque jour.

Les réfugiés burundais installés dans les camps de l’est de la République démocratique du Congo vivent une détresse sanitaire prolongée. À Lusenda, dans la province du Sud-Kivu, cela fait déjà six mois que les malades n’ont plus accès aux médicaments.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les réfugiés consultent bien les médecins, mais ces derniers se retrouvent impuissants faute de traitements disponibles. « Il n’y a pas de médicaments. Les médecins sont là, mais les rayons sont vides », confie un réfugié interrogé par nos sources.

L’organisation IDAV, partenaire du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a indiqué que des stocks de médicaments se trouvent à Kalemie et sont en cours d’acheminement. Mais la situation perdure depuis plus de six mois, nourrissant frustration et désespoir dans le camp.

Les réfugiés affirment ne plus avoir accès à des médicaments de première nécessité comme le paracétamol. Une pénurie qui touche également les compléments nutritionnels destinés aux enfants. « Les enfants de six mois et plus souffrent gravement de malnutrition, faute de suppléments qu’on appelait ici “tingatinga”. Cela fait plus d’un an que nous ne recevons plus d’aide alimentaire », déplore une mère de famille.

Le manque de traitement et de nourriture place les familles dans une crise humanitaire silencieuse. Des cas de malnutrition aiguë ont déjà été signalés, sans qu’une assistance concrète ne soit arrivée.

Contactée à ce sujet, la représentation du HCR en République démocratique du Congo a promis de réagir prochainement.

 

 

  Autisme : “Ce n’est pas une maladie, mais une autre manière de percevoir le monde”

Autisme : “Ce n’est pas une maladie, mais une autre manière de percevoir le monde”

Par: Digne Karondo

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque 2 avril, une technicienne en éducation spécialisée rappelle que l’autisme n’est pas une maladie, mais une différence dans la manière de comprendre et d’interagir avec l’environnement. Elle plaide pour une meilleure détection précoce et une plus grande compréhension de cette condition.

L’autisme ne devrait pas être considéré comme une maladie, mais comme une différence dans la façon de percevoir et de comprendre le monde. C’est l’explication de Liliane Niyonzima, technicienne en éducation spécialisée, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque 2 avril.

Selon elle, l’autisme est un trouble neurodéveloppemental qui influence la communication, les interactions sociales et le comportement, mais il ne constitue pas une pathologie au sens médical du terme. « Un enfant autiste ne pense pas et ne perçoit pas les choses de la même façon qu’un enfant non autiste », explique-t-elle. « Le cerveau traite l’information différemment, parfois plus lentement ou de manière plus organisée. Ce n’est pas une incapacité, simplement une autre façon de fonctionner. »

Mme Niyonzima souligne que, contrairement à une maladie que l’on peut soigner ou guérir, l’autisme fait partie de la personne dès la naissance. « C’est pourquoi il est plus juste de parler d’une condition plutôt que d’une maladie », ajoute-t-elle.

Elle rappelle que, dans les pays développés, les premiers signes de l’autisme sont souvent détectés très tôt, entre 2 et 3 ans, grâce à un suivi attentif du développement de l’enfant. En revanche, dans les pays en développement, le diagnostic survient souvent tard, parfois à l’adolescence ou même à l’âge adulte.

Les signes précoces peuvent se manifester dans le comportement quotidien : un contact visuel réduit, une absence de réaction lorsque l’enfant est appelé, ou un désintérêt pour les personnes et les objets qui l’entourent. D’autres caractéristiques peuvent aussi apparaître, comme l’attachement excessif à la routine, la répétition de mots ou de phrases, ou encore des réactions intenses lors de changements inattendus.

Pour Mme Niyonzima, la sensibilisation reste la clé afin de permettre aux familles, enseignants et personnels de santé d’identifier plus tôt les signes et d’accompagner les enfants concernés avec bienveillance.

Elle conclut : « Comprendre l’autisme, c’est accepter la diversité du fonctionnement humain. Ce n’est pas un déficit, mais une autre manière d’être au monde. »

 

 Maladies rénales au Burundi : une menace silencieuse qui manque encore d’attention

Maladies rénales au Burundi : une menace silencieuse qui manque encore d’attention

Par: Davy Claude Mbananayo

Les maladies du rein touchent près d’un Burundais sur dix, alors que la plupart des cas pourraient être évités par la prévention et un suivi médical régulier. Faute d’équipements, de spécialistes et de dépistage précoce, de nombreux patients arrivent toutefois à l’hôpital à un stade déjà très avancé de la maladie, avec des chances limitées de survie.

Au Burundi, la maladie du rein fait partie de ces pathologies peu visibles mais pourtant de plus en plus menaçantes pour la santé publique. Les spécialistes la qualifient de « maladie silencieuse », car elle progresse souvent sans symptômes spécifiques jusqu’à un stade avancé, où les possibilités de traitement sont réduites. Pour les familles, la prise en charge représente un lourd fardeau financier et psychologique, d’autant plus que de nombreux cas auraient pu être prévenus grâce à une meilleure information et un suivi médical adapté.

Selon les médecins spécialistes des maladies rénales, environ 10% de la population burundaise souffrirait d’affections des reins, un niveau comparable à la prévalence mondiale estimée par plusieurs études. L’insuffisance rénale, qui correspond à la perte partielle ou totale du bon fonctionnement des reins, n’est pas une maladie unique, mais la conséquence de plusieurs facteurs de risque. Parmi les principales causes figurent l’hypertension artérielle et le diabète, notamment lorsqu’ils ne sont ni diagnostiqués à temps ni correctement pris en charge. Les spécialistes mentionnent également certaines infections, l’automédication répétée sans avis médical, ainsi que l’usage de remèdes traditionnels dont la toxicité pour les reins reste mal connue.

La prise en charge de ces maladies demeure un défi majeur au Burundi. Les structures capables de traiter les insuffisances rénales restent rares, en particulier celles disposant de services de dialyse, cette technique qui permet de filtrer le sang à l’aide d’une machine lorsque les reins ne fonctionnent plus correctement. D’après les données disponibles, les quelques unités de dialyse existantes sont presque toutes concentrées dans la ville de Bujumbura, ce qui oblige les patients des provinces à parcourir de longues distances pour recevoir des soins, parfois plusieurs fois par semaine.

Le manque de ressources humaines spécialisées complique encore davantage la situation. Le pays ne compte que quelques néphrologues pour l’ensemble de la population, un chiffre très en dessous des besoins, comme dans la plupart des pays à faible revenu. Ces spécialistes sont majoritairement basés dans la capitale économique, laissant les hôpitaux de l’intérieur du pays sans expertise dédiée à la prise en charge des maladies rénales. Beaucoup de patients sont suivis par des généralistes qui, malgré leurs efforts, ne disposent ni du temps ni des moyens techniques pour assurer un suivi régulier et approfondi.

Les médecins constatent également que de nombreux patients consultent très tard, souvent lorsque la maladie a déjà atteint un stade avancé. À ce moment, les reins sont parfois irrémédiablement endommagés et la seule option reste une dialyse prolongée, voire une transplantation, une option quasi inexistante pour la majorité des Burundais. Le vice‑président de l’Association des médecins spécialistes des maladies rénales au Burundi, le docteur Romeo Irankunda, insiste ainsi sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour « éviter que les patients n’arrivent à l’hôpital lorsque la situation est déjà catastrophique ».

Face à cette réalité, les experts appellent à un renforcement de la sensibilisation de la population. Ils recommandent un contrôle régulier de la tension artérielle et de la glycémie, en particulier chez les personnes à risque comme les diabétiques, les hypertendus ou celles ayant des antécédents familiaux de maladies rénales. Ils plaident aussi pour l’augmentation du nombre d’infrastructures et d’équipements spécialisés, ainsi que la formation de nouveaux néphrologues afin de rapprocher les soins des patients des provinces. Sans ces efforts, préviennent-ils, les maladies rénales continueront à se développer dans l’ombre, avec un coût humain et économique de plus en plus difficile à supporter pour le pays.

 

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