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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

 Les réfugiés burundais en RDC privés d’aide humanitaire depuis plus d’un an

Les réfugiés burundais en RDC privés d’aide humanitaire depuis plus d’un an

Par: Nadège Irakoze

Depuis plus d’un an, des milliers de réfugiés burundais installés dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, à l’est de la République Démocratique du Congo, vivent sans aide alimentaire ni soutien médical. Dans un contexte d’insécurité persistante, ils lancent un appel désespéré au HCR, au PAM et aux bienfaiteurs pour les sauver d’une famine qui fait déjà des victimes.

Installés depuis plusieurs années dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, au Sud-Kivu, les réfugiés burundais traversent aujourd’hui une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Selon leurs témoignages recueillis par la Radio Publique Africaine, plus de quatorze mois se sont écoulés sans qu’ils ne reçoivent la moindre assistance alimentaire des organismes onusiens.

« Cela fait plus d’une année que nous ne recevons rien du tout du Programme Alimentaire Mondial. C’est comme si le PAM nous avait oubliés », déclare un réfugié rencontré à Lusenda. Il décrit des conditions de vie catastrophiques : « Les enfants meurent de faim, et les adultes, parfois âgés de 30 à 50 ans, ne pèsent plus que 26 à 35 kilos. »

Faute de ressources, les réfugiés sont contraints de louer des champs appartenant à des Congolais pour y cultiver un peu de nourriture. Mais tous n’en ont pas les moyens. « Si on n’a pas d’argent pour cultiver, on n’a rien à manger. Le HCR ne nous donne même pas un petit capital pour lancer des activités de survie », poursuit le témoin, regrettant que l’aide humanitaire se fasse désormais attendre malgré l’accalmie relative observée dans la région.

Outre la faim, ces réfugiés sont également exposés à l’insécurité persistante dans cette partie de la RDC, déjà touchée par les affrontements entre groupes armés. « Nous vivons dans la peur et la misère. Si seulement des voix pouvaient se lever pour plaider notre cause », conclut-il avec désespoir.

En attendant une réponse du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM), les réfugiés burundais de Lusenda et de Mulongwe continuent de survivre dans des conditions précaires, souvent au péril de leur vie.

 

 

 

 

Nyarugusu : des réfugiés burundais affamés pour avoir refusé le rapatriement forcé

Nyarugusu : des réfugiés burundais affamés pour avoir refusé le rapatriement forcé

Par: Nadège Irakoze 

Environ 600 familles burundaises réfugiées dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie sont privées de vivres depuis plusieurs jours. Une mesure punitive, imposée par les autorités du camp à celles et ceux qui refusent de s’inscrire pour un rapatriement forcé. Une situation alarmante, surtout pour les personnes âgées et handicapées, que le HCR est appelé à urgemment examiner.

À Nyarugusu, la vie devient de plus en plus insoutenable pour plusieurs centaines de familles burundaises. Depuis la dernière distribution alimentaire, environ 600 foyers n’ont plus accès à leurs rations. Selon leurs témoignages, les responsables du camp leur ont annoncé qu’ils ne seront plus servis tant qu’ils n’accepteront pas de rentrer au Burundi.

« C’est vraiment désolant de vivre sans bénéficier de ration alimentaire alors que nous sommes encore sous statut de réfugié et protégés par la loi régissant les réfugiés », déplore un réfugié burundais contacté sur place. Il ajoute que plusieurs d’entre eux ont vu leurs abris récemment démolis, les laissant exposés à la pluie, aux maladies et à la faim.

Les conditions sont particulièrement éprouvantes pour les plus vulnérables, personnes âgées, handicapées et malades. « Parmi nous, il y a des personnes suivies par l’organisation HelpAge. Nos cartes de distribution ont été bloquées, et nous ne recevons plus rien », témoigne une autre réfugiée.

Ces familles dénoncent le silence du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de la communauté internationale face à ce qu’elles qualifient de « mesures humiliantes et inhumaines ». Elles implorent l’intervention urgente des organisations humanitaires pour empêcher toute nouvelle violation de leurs droits.

« Nous vivons dans des décombres, mes trois enfants sont malades, et nous n’avons plus rien à manger », confie une mère de famille. Des histoires comme la sienne se multiplient au camp de Nyarugusu, où la peur et la frustration grandissent chaque jour.

Les réfugiés burundais en Tanzanie appellent le HCR et les défenseurs des droits humains à plaider pour le respect des conventions internationales qui garantissent leur protection, dans un contexte où les pressions pour un retour forcé vers le Burundi se multiplient.

 

Muramvya : les prisonniers confrontés à la faim depuis plus d’une semaine

Muramvya : les prisonniers confrontés à la faim depuis plus d’une semaine

Par: Balthazar Miburo

À la prison centrale de Muramvya, dans la province de Gitega, une grave pénurie alimentaire plonge les détenus dans une situation humanitaire critique. Depuis plus de neuf jours, la farine, principale denrée servant à la préparation de leurs repas, manque cruellement. Certains prisonniers passent désormais la nuit le ventre vide.

La faim ronge la prison centrale de Muramvya. Depuis plus d’une semaine, les détenus font face à une pénurie totale de farine, aliment de base utilisé pour préparer la pâte accompagnant les haricots, leur unique repas quotidien. Plusieurs sources concordantes affirment que la situation devient insoutenable.

« À l’entrée de la prison, il est impossible de ne pas entendre les détenus demander quelque chose à manger », rapporte une source interne. Les visiteurs, souvent rares, se retrouvent sollicités aussitôt franchie la porte de l’établissement.

Certains prisonniers, affaiblis par le manque de nourriture, passent leurs journées allongés dans la cour, incapables d’effectuer la moindre activité. D’après des témoins, leur état physique s’aggrave de jour en jour, tandis que les perspectives de ravitaillement demeurent incertaines.

Face à la gravité de la crise, quelques détenus dotés de responsabilités internes ont tenté, mardi, d’organiser une collecte de fonds pour venir en aide aux plus vulnérables, notamment ceux qui ne reçoivent ni visite ni assistance extérieure. Mais les moyens restent très limités.

Cette situation fait craindre une détérioration rapide des conditions sanitaires déjà précaires. « La malnutrition risque d’entraîner des complications graves, surtout chez ceux qui n’ont aucun soutien familial », alerte la même source.

Les prisonniers de Muramvya lancent un appel pressant aux autorités burundaises, les exhortant à agir d’urgence pour garantir un approvisionnement régulier en vivres, comme le stipulent les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

 

 Burundi : 14 cas de violences basées sur le genre recensés en février par le MFFPS

Burundi : 14 cas de violences basées sur le genre recensés en février par le MFFPS

Par: Nadège Irakoze

Le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) rapporte que 14 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés au Burundi au mois de février 2026. Parmi les victimes figurent six femmes et quatre enfants tués, selon le rapport publié le 5 mars.

Le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) alerte sur la persistance des violences basées sur le genre au Burundi. Dans son bulletin mensuel intitulé « Femme abusée, nation déchirée », rendu public le 5 mars 2026, l’organisation indique qu’au moins 14 personnes, dont des femmes, des filles et des enfants, ont été victimes de violations des droits humains au cours du mois de février.

Parmi les six femmes assassinées figurent une victime abattue par un militaire en commune Shombo (province de Gitega) à la suite d’un conflit foncier, et une autre tuée lors d’une attaque à la grenade dans un bar de la commune Muhanga, province de Butanyerera. Les corps de trois autres femmes ont été retrouvés dans des rivières situées en provinces de Gitega et Bujumbura, tandis que la sixième victime aurait été assassinée par son mari dans la commune Muyinga (province de Buhumuza).

S’agissant des crimes contre les enfants, quatre victimes, des nourrissons et des filles mineures, ont été tuées dans les provinces de Gitega et Burunga. Deux autres jeunes filles ont été victimes de viols dans les provinces de Bujumbura et Burunga, précise le rapport.

Le MFFPS signale également plusieurs atteintes aux libertés fondamentales. Une journaliste du magazine Jimbere a été arrêtée arbitrairement à Bujumbura puis relâchée après deux jours de détention. Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), demeure portée disparue depuis dix jours dans la commune Mukaza de la même province.

Face à la récurrence de ces violences, le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité appelle les autorités burundaises à renforcer la lutte contre l’impunité en poursuivant les auteurs et en mettant en place des mesures efficaces de prévention. L’organisation insiste sur l’urgence d’assurer la protection et la dignité de toutes les citoyennes et citoyens.

 

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