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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Mabayi: police et administration divisées

Mabayi: police et administration divisées

L’administrateur de la commune Mabayi d’un côté, le commissaire  de police et le responsable  du service des renseignements dans cette commune de la province Cibitoke de l’autre, divergent sur le sujet des arrestations. Ces deux derniers s’activent dans des arrestations arbitraires pour extorquer de l’argent. Une pratique que l’administrateur ne tolère pas.

 Le commissaire de police à Mabayi et le patron du service  des renseignements dans cette même  commune s’arrangent  pour arrêter le plus grand nombre de  personnes, révèlent des sources locales. La relaxation est conditionnée par  le versement d’une certaine somme d’argent. Le 1er  groupe  cible est constitué des gens du secteur de l’or.

‘’Les deux policiers ciblent des gens à l’aise financièrement et ils les accusent de faire un commerce illicite de l’or. Ils les incarcèrent  et pour les  libérer, ils doivent  verser  une somme comprise entre 500 mille et deux millions de francs burundais’’, témoigne une source de Mabayi.

Le duo applique des sanctions non prévues par la loi. Ils emprisonnent des gens même pour des infractions punissables par paiement d’amende. ‘’Ils arrêtent  un motard qui transporte deux personnes, ils le mettent directement au cachot et saisissent aussi  sa moto. Mais selon la loi, ils devraient confisquer la moto pour  la restituer après paiement d’amende.’’ Ajoute la source qui précise que ces deux policiers arrêtent et emprisonnent des gens  qu’ils croisent la nuit. Les femmes n’ont pas le droit de circuler au-delà de 19h et les hommes après 21h.

Ces arrestations causent du surpeuplement au cachot. Une situation que Jeanne  Izomporera,   administrateur de Mabayi a voulu régler.  Les informations recueillies à Mabayi indiquent que cette autorité s’est rendue au cachot. Elle  y a trouvé plusieurs personnes détenues sans dossiers et les a faits libérer. Une décision qui n’a pas plu au commissaire et au patron de la documentation dans cette commune Mabayi. Les deux policiers ont  saisi le procureur accusant  l’administrateur d’avoir libéré des malfaiteurs, révèlent les sources.

Le bras de fer entre ces autorités inquiète les habitants de la commune qui demandent l’intervention des autorités compétentes.

Nous n’avons pas pu joindre l’administration provinciale ni l’autorité judiciaire de la province Cibitoke.

Les violences faites aux femmes et aux filles, il est temps que le gouvernement agisse !

Les violences faites aux femmes et aux filles, il est temps que le gouvernement agisse !

Début  ce  samedi 25 novembre  de la période des 16 jours d’activisme contre la violence à l’égard des femmes. Une  campagne internationale menée  chaque année par la société civile. Les violences faites aux filles et aux femmes est également une réalité au Burundi. Rien que cette semaine, deux ont été victimes de violences sexuelles dont une enfant de 5 ans qui a même été assassinée.

Un des  exemples de la cruauté  à l’égard du genre féminin  est  celui d’un viol d’une fillette  de 5ans.Une horreur qui s’est produite  la nuit du 18 de ce mois de novembre  au quartier Nyarumanga en zone urbaine de Buterere. Kelsey Iteriteka,  la fillette de 5ans  s’est fait violée   par des inconnus puis  tuée. Son  corps a été  retrouvé  le matin du 19  novembre non loin du domicile de ses parents. Diane Izacahinyeretse,  la mère de l’enfant indique qu’elle était partie chercher de quoi nourrir la famille  et au retour dans la soirée, elle n’a pas retrouvé sa fille à la maison. Elle l’a retrouvé déjà morte. Comble de malheur, l’enfant a été enterrée précipitamment  faute de moyens pour payer la morgue. La famille n’a même pas pu organiser de deuil, la mère doit continuer à chercher de quoi nourrir ses autres enfants.

Un autre exemple de la même semaine est le cas de  viol commis par un groupe de garçons contre une fille. Le  crime a été commis le 22 de ce mois au quartier Kanyenkoko de la  ville de Rumonge au sud du Burundi. Trois garçons contre une fille de 18ans. Le crime a été filmé par les auteurs qui menaçaient la fille  de  publier la vidéo sur les réseaux sociaux si elle ose les dénoncer. Les mêmes auteurs selon la police, comptaient utiliser  la vidéo pour  faire pression sur leur victime et lui demander de s’amener à eux chaque fois qu’ils le souhaitaient. La jeune fille a eu le courage de les dénoncer malgré ces menaces.

Les violences sexuelles constituent une des formes de violences dont sont victimes des femmes et filles du Burundi. Selon les activistes du domaine, les femmes sont battues par leurs conjoints ou par autrui, marginalisées dans la gestion du patrimoine familial par leurs maris, par leurs frères ou familles. Les femmes sont aussi victimes de la polygamie, elles sont obligées de faire des relations sexuelles malgré elles, tombent enceinte sans le désirer. Elles se font aussi tuées aussi bien par leurs maris que par des étrangers à leurs familles.

 Des actions s’imposent

Les rapports officiels  montrent une dégradation des droits des femmes et des filles au Burundi. En 2021, les victimes connues étaient au nombre de 12.500 ;  en 2022, elles étaient 14.500. Et pour le premier semestre de cette année 2023 qui tend à sa fin, les victimes enregistrées sont 2357 dont 11 tuées.

La Fédération Nationale des Associations engagées dans le domaine de l’Enfance au Burundi, FENADEB précise que depuis le début de cette année 2023, 281 enfants ont été victimes des violences sexuelles.

Les autorités burundaises  ne devraient pas continuer à rester les bras croisés face à cette augmentation des cas  des  violences basés sur le genre  surtout  que les auteurs commencent à considérer ces crimes comme un jeu amusant  à tel point que certains prennent des images. Dans un communiqué conjoint sorti ce 25 novembre,  le Mouvement des  Filles et Femmes pour la Paix et la Sécurité, MFFPS et  le collectif des avocats  des droits internationaux, CAVID   demandent  l’application des lois  contre  ses crimes et aussi  rappellent  aux citoyens burundais que la lutte contre les violences basés sur le genre concerne tout en  chacun.

Réagissant à cet état de faits, Phénias Nigaba le vice-président du parti Sahwanya Frodebu ,  appelle à son tour   l’administration du pays, les partis politiques, les organisations de la société civile et différents medias à travailler en  synergie pour lutter contre ces violences faites aux femmes.

La campagne des 16 jours d’activisme  commence chaque  25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se termine le 10 décembre, Journée des droits de l’homme, traduisant ainsi que la violence à l’égard des femmes est la violation des droits de l’homme la plus répandue dans le monde. L’ONU estime qu’à l’échelle mondiale,  736 millions de femmes, soit près d’une sur trois, ont été victimes de violence physique et/ou sexuelle de la part de leurs partenaires intimes, de violences sexuelles d’un autre partenaire, ou des deux, au moins une fois dans leur vie.

 

 

Bubanza: Un OPJ du commissariat Mpanda accusé de meurtre

Bubanza: Un OPJ du commissariat Mpanda accusé de meurtre

Un habitant de la colline Masha en commune Mpanda de la province Bubanza est décédé dimanche dernier. Accusé de commercialiser la boisson locale dite Kanyanga, il a été battu à mort par des policiers du commissariat de Mpanda et le chef des imbonerakure de la même commune. Pour demander l’arrestation des meurtriers, la famille de la victime accompagnée par les habitants de la colline Masha ont fait un sit-in  devant le commissariat de Mpanda le matin de ce lundi avec le cadavre du leur.

L’Officier de la Police Judiciaire du commissariat de Mpanda prénommé Joachin et le chef des imbonerakure de la commune Mpanda prénommé Eric  sont accusés par la population de la mort d’Egide  Sibomana, un habitant de la colline Masha en commune Mpanda.

Dimanche 26 novembre, ce représentant des imbonerakure à Mpanda est  parti, accompagné par la police,  traquer et arrêter les fabricants de la boisson Kanyanga. Selon des sources locales, Egide  Sibomana  a été tabassé accusé de  fabriquer cette boisson. Sérieusement battu, il a été évacué vers l’hôpital Mpanda où il a succombé vers  22heures  du même dimanche.

Le lendemain lundi 27 novembre, la famille du défunt et les habitants de la colline Masha ont effectué un sit-in devant le commissariat de police Mpanda avec le corps du défunt, pour demander que les auteurs du crime soient arrêtés et puni. Le corps n’a été conduit à la morgue qu’après intervention du gouverneur de la province Bubanza qui a dû arriver sur les lieux pour parler à cette population.

Ces habitants  de la commune Mpanda affirment que les deux présumés auteurs de ce crime,  l’OPJ Joachin et Eric le représentant communal des Imbonerakure à Mpanda,   sont aussi cités dans d’autres cas de meurtre et maltraitance physique de la population de Mpanda mais qu’ils restent impunis. Ils demandent donc  qu’ils  soient arrêtés et mis à la disposition de la justice pour qu’ils répondent de leurs actes.

Le gouverneur de la province Bubanza n’a pas encore réagit sur ce cas.

Cibitoke : Des enfants rapatriés, abandonnés à leur triste sort par le gouvernement

Cibitoke : Des enfants rapatriés, abandonnés à leur triste sort par le gouvernement

La journée mondiale du 20 novembre  dédiée à l’enfance arrive alors qu’au Burundi les droits de l’enfant sont toujours violés. L’exemple évoqué est celui des enfants provenant des familles rapatriées de la République Démocratique du Congo, qui sont actuellement dans la commune Buganda en province de Cibitoke. Depuis plus de 2 mois, ces enfants n’ont pas d’abri et passent leurs journées à mendier parce que le gouvernement leur a retiré leur paquet-retour.

Victimes des piqûres de moustiques et du froid, ces parents racontent leur calvaire avec leurs enfants là où ils vivent sous les arbres de la localité de Mukashu, située en zone Gasenyi de la commune Buganda. Ces derniers n’ont pas d’abri du fait que le ministre de l’intérieur, Martin Niteretse, a ordonné qu’ils ne reçoivent pas le paquet-retour octroyé normalement par le HCR aux rapatriés. C’était au mois de septembre 2023  quand ils revenaient de la RDC.

A part d’être menacés par plusieurs maladies à savoir la malaria ainsi que d’autres maladies liées à la malnutrition mais aussi au manque d’eau potable, plus de 100  enfants de ces familles qui vivent dans des conditions très déplorables, manquent d’aide pour retourner au banc de l’école. ‘’Le mal qu'ils nous ont fait en nous dépouillant notre paquet-retour a fait qu'aucun enfant ne puisse aller à l'école. Comment pourraient-ils avoir les cahiers ? Pourraient-ils  y aller sans avoir mangé et   sans uniforme?’’  S’indigne une maman de 9 enfants.

Ces parents ont le cœur déchiré en voyant leurs enfants passer leurs journées à mendier dans les rues pour avoir de quoi manger. Ils craignent que cela puisse affecter leurs comportements ou encore qu’ils subissent d’abus sexuels. ‘’L'impossibilité pour nos enfants d'aller étudier et le fait de rester dans la rue sans rien faire, c'est le plus grand problème qui nous hante. Sinon, nous sommes tellement affligés d'envoyer nos filles mendier dans les rues, elles risquent d'être abusées sexuellement’’, implore ce parent.

Vu qu’aucun dirigeant du pays n’est intervenu pour aider ces rapatriés à sortir de cette vie misérable, les défenseurs des droits humains en général demandent au gouvernement ‘’de ne pas les abandonner à leur triste sort, puisque eux aussi sont des citoyens burundais qui ont besoin de vivre dignement et que ces enfants sont également l’avenir du Burundi.’’

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