Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

 Burundi : 14 cas de violences basées sur le genre recensés en février par le MFFPS

Burundi : 14 cas de violences basées sur le genre recensés en février par le MFFPS

Par: Nadège Irakoze

Le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) rapporte que 14 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés au Burundi au mois de février 2026. Parmi les victimes figurent six femmes et quatre enfants tués, selon le rapport publié le 5 mars.

Le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) alerte sur la persistance des violences basées sur le genre au Burundi. Dans son bulletin mensuel intitulé « Femme abusée, nation déchirée », rendu public le 5 mars 2026, l’organisation indique qu’au moins 14 personnes, dont des femmes, des filles et des enfants, ont été victimes de violations des droits humains au cours du mois de février.

Parmi les six femmes assassinées figurent une victime abattue par un militaire en commune Shombo (province de Gitega) à la suite d’un conflit foncier, et une autre tuée lors d’une attaque à la grenade dans un bar de la commune Muhanga, province de Butanyerera. Les corps de trois autres femmes ont été retrouvés dans des rivières situées en provinces de Gitega et Bujumbura, tandis que la sixième victime aurait été assassinée par son mari dans la commune Muyinga (province de Buhumuza).

S’agissant des crimes contre les enfants, quatre victimes, des nourrissons et des filles mineures, ont été tuées dans les provinces de Gitega et Burunga. Deux autres jeunes filles ont été victimes de viols dans les provinces de Bujumbura et Burunga, précise le rapport.

Le MFFPS signale également plusieurs atteintes aux libertés fondamentales. Une journaliste du magazine Jimbere a été arrêtée arbitrairement à Bujumbura puis relâchée après deux jours de détention. Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), demeure portée disparue depuis dix jours dans la commune Mukaza de la même province.

Face à la récurrence de ces violences, le Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité appelle les autorités burundaises à renforcer la lutte contre l’impunité en poursuivant les auteurs et en mettant en place des mesures efficaces de prévention. L’organisation insiste sur l’urgence d’assurer la protection et la dignité de toutes les citoyennes et citoyens.

 

 Burundi : l’exploitation sexuelle persiste malgré les lois et les promesses

Burundi : l’exploitation sexuelle persiste malgré les lois et les promesses

Par: Davy Claude Mbananayo

Le 4 mars marque la Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle. Au Burundi, ce fléau continue de frapper femmes et enfants, alimenté par la pauvreté, les déplacements forcés et l’impunité. Malgré les engagements du gouvernement, les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme.

Chaque 4 mars, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale dédiée à la lutte contre l’exploitation sexuelle, instaurée en 2009 par l’International Women’s Speaking Group. Cette journée vise à dénoncer toutes les formes de violences basées sur le genre, telles que le viol, la prostitution forcée et la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. C’est un moment fort pour rappeler l’urgence de protéger les victimes et d’exiger la justice contre les auteurs de ces crimes.

Au Burundi, la situation reste particulièrement préoccupante. Selon plusieurs rapports récents, les cas d’exploitation sexuelle et de traite de personnes connaissent une tendance à la hausse entre 2023 et 2025. Les principales victimes sont les femmes et les enfants, souvent piégés par la pauvreté ou la promesse illusoire d’un emploi. Les abus sont signalés dans les centres urbains, les zones de pêche, les camps de réfugiés et même dans certains établissements scolaires, où des violences sexuelles sont commises en échange de faveurs académiques.

Le Burundi est également identifié comme un pays d’origine et de transit pour la traite à des fins d’exploitation sexuelle. De nombreuses jeunes femmes, parties avec l’espoir de trouver du travail en Tanzanie, en Ouganda, au Kenya ou au Moyen-Orient, se retrouvent victimes de réseaux de trafiquants. Les enfants en situation de rue, les domestiques, les réfugiés et les personnes déplacées internes figurent parmi les groupes les plus exposés.

Le rapport 2024 du Département d’État américain sur la traite des personnes recense 169 enquêtes menées au Burundi, dont 12 concernaient spécifiquement des cas d’exploitation sexuelle forcée. Malgré l’adoption d’une loi réprimant la traite des personnes en 2014 et la mise en œuvre d’un plan d’action national couvrant la période 2023-2027, les résultats demeurent limités. Les acteurs de terrain pointent du doigt la faiblesse des moyens, la difficulté d’identifier les victimes, le manque de structures d’accueil et une coordination encore insuffisante entre institutions.

Les organisations internationales et locales continuent d’appeler à un engagement plus ferme des autorités. Elles insistent sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et la réinsertion des victimes, tout en luttant contre l’impunité dont bénéficient encore trop souvent les auteurs présumés. L’exploitation sexuelle au Burundi ne se résume pas à une violation de droit : elle traduit les fractures sociales, l’extrême pauvreté et le désespoir qui poussent certains vers des situations de grande vulnérabilité.

Alors que le monde entier commémore cette journée consacrée à la lutte contre l’exploitation sexuelle, le Burundi se retrouve face à un défi de taille : passer des engagements aux actions, pour que les promesses de protection et de justice deviennent enfin une réalité pour celles et ceux qui souffrent dans le silence.

 

SOS-Torture demande au président Ndayishimiye d’abolir la peine de mort

SOS-Torture demande au président Ndayishimiye d’abolir la peine de mort

Par: Walter Kwizera 

L’organisation burundaise SOS-Torture appelle le chef de l’État, Évariste Ndayishimiye, à franchir un pas décisif vers la justice et les droits humains : supprimer la peine de mort de la législation nationale et faire juger les auteurs de crimes graves encore impunis.

Dans une correspondance rendue publique à la fin du mois de février 2026 et signée par son président, Aimé Kwizera, l’association SOS-Torture interpelle directement le président Évariste Ndayishimiye sur deux points jugés essentiels : l’abolition totale de la peine capitale et l’instauration d’une justice réellement indépendante et équitable.

L’organisation rappelle que, bien que la peine de mort ne soit plus appliquée depuis plusieurs années, son maintien dans la législation burundaise, en particulier dans le code militaire, reste contraire aux engagements du pays en matière de droits humains.

SOS-Torture exhorte le chef de l’État, également président du Conseil supérieur de la magistrature, à garantir que les auteurs de crimes de guerre, d’exécutions extrajudiciaires et de tortures soient traduits en justice. Selon l’association, l’absence de poursuites effectives entretient un climat d’impunité préjudiciable à la paix et à la réconciliation nationale.

L’organisation estime qu’une réforme profonde du système judiciaire, combinée à l’abolition définitive de la peine de mort, constituerait un signal fort en faveur de la paix durable et de la consolidation de l’état de droit. Une telle décision, souligne la lettre, contribuerait également à redorer l’image du Burundi sur la scène internationale.

En conclusion, SOS-Torture appelle le président Ndayishimiye à appliquer pleinement le droit pénal, à créer un organe d’enquête indépendant et à rendre justice aux victimes d’injustices et d’exécutions extrajudiciaires, afin de rétablir la vérité et renforcer la confiance du public envers la justice burundaise.

 

 

 

Rations bloquées : la vie intenable des réfugiés burundais dans les camps tanzaniens

Rations bloquées : la vie intenable des réfugiés burundais dans les camps tanzaniens

Par: Generose  Niyonkuru 

Plusieurs habitations incendiées, des centaines de familles privées de vivres, et des menaces croissantes : les réfugiés burundais vivant dans les camps de Tanzanie dénoncent une vague de persécutions visant à les forcer à rentrer au Burundi.

La situation des réfugiés burundais en Tanzanie s’aggrave de jour en jour. Ces dernières semaines, des violences répétées et des privations délibérées se multiplient dans plusieurs camps, notamment à Nduta et Nyarugusu. Le climat d’insécurité et de peur touche désormais l’ensemble des réfugiés, qui affirment ne plus savoir vers qui se tourner.

Mardi, au camp de Nduta, des habitations de fortune ont été incendiées dans trois zones distinctes. Selon des témoignages concordants recueillis sur place, ces incendies ont été déclenchés par des membres de groupes appelés Banamugambo et Basusungu, avec la complicité présumée de certains policiers tanzaniens.
« Le feu est encore allumé. Ils ont tout brûlé dans plusieurs zones. Nous ne savons plus où fuir », confie un réfugié joint par téléphone, décrivant une scène de panique et de destruction.

Dans le camp voisin de Nyarugusu, la pression se fait sentir d’une autre manière. Plus de 600 familles réfugiées n’ont pas reçu leurs rations alimentaires cette semaine. D’après plusieurs sources, leurs cartes de distribution ont été bloquées par les responsables du camp.
« Ils nous ont dit que la seule condition pour être servis est de s’enregistrer pour le retour volontaire au Burundi », témoigne une mère de famille. « Nos cartes contiennent l’argent de la ration, mais le système est sous leur contrôle. »

Cette situation, déjà tendue, s’est aggravée depuis la suspension de la plupart des activités humanitaires menées par les organisations non gouvernementales. Sans soutien et livrés à eux-mêmes, les réfugiés redoutent désormais que ces pressions ne deviennent une stratégie pour les contraindre au rapatriement forcé.

Au total, des milliers de réfugiés burundais regroupés dans les camps de Tanzanie vivent aujourd’hui dans la peur d’une expulsion déguisée. « On s’attend à ce qu’ils achèvent tout », a déclaré l’un d’eux, exprimant la détresse d’une communauté qui voit s’effondrer les derniers refuges censés assurer sa sécurité.

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 426 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech