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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Le phénomène des enfants en situation de rue : la solution est-elle réellement en cours ?

Le phénomène des enfants en situation de rue : la solution est-elle réellement en cours ?

En octobre dernier, le ministre de l'Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité  publique a annoncé le lancement  d’un projet de rassemblement et d’encadrement des enfants en situation de rue. Trois mois après, son collègue du ministère de la Solidarité et des Droits de l’Homme vient de reconnaitre que le projet est plutôt encore en  préparation.

Répondant à une question en rapport avec la solution réservée au phénomène persistant des enfants en situation de rue, le ministre de l’Intérieur a, au cours d’une conférence publique animée par les membres du gouvernement  en date du 06 octobre  de l’année dernière,  fait savoir  que tout était prêt pour retirer tous les enfants des rues des différentes provinces du pays. "Avec le ministère de la Solidarité, nous avons examiné en détails la question des enfants  en situation de rue. À l'étape actuelle, nous sommes confiants  en la solution  trouvée. Un centre d’accueil de ces enfants est ouvert au chef-lieu de la province Cankuzo. Tout y est apprêté", a déclaré le ministre Martin Niteretse.

Le ministre de l’Intérieur  a alors annoncé un début des formations professionnelles  pour certains enfants et  une intégration scolaire pour d'autres. "Le centre est  doté de tout le nécessaire. Lundi prochain, les enfants seront conduits là-bas. Les experts en éducation professionnelle sont  aussi prêts. Ceux qui opteront pour l'enseignement général,  y seront intégrés. Nous les soutiendrons pour qu'ils deviennent autonomes", a mentionné le ministre Niteretse dans cette conférence publique  animée un vendredi.

Quatre mois plus tard, la situation sur terrain est différente. Ces enfants se remarquent  toujours en grand nombre dans les rues, comme l'a souligné le sénateur Fabien Haramategeko lors de la séance plénière de ce mardi 10 janvier. "Le phénomène des enfants en situation de  rue est devenu cyclique à Bujumbura et dans d'autres centres urbains. Même à l'heure actuelle, beaucoup d'enfants  se remarquent sur différents  ronds-points et près des feux de circulation."

Même  les formations annoncées n’ont pas encore débuté, a  avoué la ministre en charge des Droits de l’homme et de la  Solidarité  dans cette plénière au Sénat. La ministre Imelde Sabushimike, a précisé que le gouvernement s’y prépare encore. "Nous prévoyons deux ateliers de formation professionnelle. Nous sommes en préparation. Les enfants plus âgés qui ne peuvent pas commencer la première année primaire bénéficieront de ces formations. Pour les autres, nous collaborerons avec le ministère de l'Éducation pour les intégrer à l'école."

Dans ce centre de Cankuzo (Est du pays), les enfants y rassemblés sont négligés, et plusieurs ont déjà quitté ce centre, révèlent des sources du ministère de la solidarité. La population environnante du centre est inquiétée par la présence de ces enfants. Elle craint que, sans suivi ni encadrement, ces enfants  risquent de causer des dégâts dans cette localité.

Taisez-vous et vous serez libérés !

Taisez-vous et vous serez libérés !

Les militaires continuent  d’alerter sur  les mauvaises conditions de détention des centaines de soldats rapatriés de la RDC. Nos sources militaires  dévoilent que ces derniers jours, le chef d’état-major leur a rendu visite, les informant qu’ils pourraient être libérés s’ils gardent le silence sur ce qui s’est passé en RDC.

Plus de 500 militaires  rapatriés de la province du Nord-Kivu en  République Démocratique du Congo sont en détention depuis plus de 10jours. Nos sources  militaires  révèlent  qu’ils sont  toujours emprisonnés dans de mauvaises conditions. Ils sont dans les camps de Mujejuru, Muzinda ,Cibitoke et à la police militaire.

Le chef d'état-major, le Général Prime Niyongabo,  leur a déjà rendu visite dans ces différents lieux de détention, selon des informations en notre possession. Lors de ces visites secrètes, le chef de l’armée burundaise « leur conseillerait de garder secret ce qui leur est arrivé en RDC.» Le Général Niyongabo leur expliquant que ce silence pourrait conduire à leur libération, précisent nos sources.

Ces visites sont toutefois perçues comme des actes de menaces par différentes sources militaires. Des menaces déguisées pour les contraindre au silence et qu’ils ne lancent plus d’alerte pour leur sécurité. Mais les militaires préfèrent prendre le risque et refusent de se taire. Ils interpellent le  cabinet militaire à la présidence de la République. « C’est de l’injustice que subissent les militaires burundais. Portez loin nos voix. Que le chef de cabinet militaire à la présidence sache que nous sommes maltraités. »

Ces centaines de militaires, tout comme leurs frères d’armes restés en RDC,  ont combattu le mouvement armé M23 aux côtés des militaires congolais, portant les tenues de ces derniers. Ils ont été rapatriés au début de ce mois   après avoir annoncé à leurs supérieurs  qu’ils  ne participent plus à ces combats considérés comme suicidaires.

 

Des déplacés redevenus des sans-abris sur ordre du gouvernement

Des déplacés redevenus des sans-abris sur ordre du gouvernement

Destruction méchante des maisons des déplacés du site de Buraza situé en province Gitega, la capitale politique. Depuis ce 05 janvier 2024, au moins 6 maisons ont été démolies par des imbonerakure sur ordre des administratifs, condamnant ainsi une vingtaine de personne à être  sans abris. Ce qui ramène à plus de 300 le nombre de déplacés chassés de leurs maisons en seulement 3 ans.

Cette destruction des maisons d’habitations du site de Buraza était supervisée par le conseiller communal permanent nommé Etienne Ndayitwayeko. Quant à la main d’œuvre, elle était uniquement constituée de la milice imbonerakure de la place, des jeunes qui avaient été rémunérés pour accomplir cette tâche. Une des sources de la RPA vivant dans ce site des déplacés fait savoir que cette persécution ne date pas d’hier car cela fait au moins 3 ans qu’ils sont malmenés et chassés de leurs maisons pour soi-disant cause d’intérêt public. ‘’ Tout a commencé en 2021. A cette époque, ils disaient qu’ils voulaient y construire un hôpital.  On a écrit plusieurs correspondances au gouverneur de Gitega, mais elles sont toutes restées sans suite. Par contre quand il est venu superviser la destruction des premières maisons, il a juste dit qu’on ne faisait pas d’omelettes sans casser les œufs. Ce jour-là, 30 maisons ont été démolies.’’ Se désole un des habitants dudit site.

Inquiétés par ces paroles et craignant qu’il n’y ait pas de mobiles cachés, ces déplacés ont fait recours à la commission nationale des droits de l’homme, laquelle ne leur a été d’aucun secours. Pour le moment, ces sinistrés se disent blessés de voir combien ils sont malmenés et peu considérés dans leur propre pays, surtout qu’aucune autorité ne s’est jamais déplacé pour s’enquérir de la situation et trouver un moyen d’y remédier. Cet habitant de ce site dit également avoir été scandalisé de voir comment ils ont été jeté dans la rue alors qu’on leur avait promis de leur trouver des logements avant le début de ce projet. ‘’  Personne n’est retourné chez lui. Certains crèchent chez des amis, d’autres habitent chez leurs beaux-parents. Les familles sont en fait éparpillées alors qu’ils ne cessent de dire que celui qui désirera retourner sur sa colline natale bénéficiera d’une maison lui construite par le gouvernement. Même la CNIDH avait appuyé cette proposition de construire des maisons pour ceux qui veulent rentrer. Nous tout ce que nous  demandons, c’est qu’ils respectent leurs engagements, et qu’ils nous relocalisent dans un endroit sécurisé.’’ Déplore cette autre de nos sources vivant au site de Buraza.

Les déplacés concernés pour le moment par cette démolition sont ceux qui vivent près du centre de santé de la place et qui occupe une superficie d’environ 2 hectares. Ces derniers demandent au gouvernement, en l’occurrence au Président de la République, de les rétablir dans leurs droits et de les considérer comme des citoyens à part entière.

 Le Président de la République devrait intervenir

Les hommes de droit qualifient d’illégale cette action car « les imbonerakure, jeunes du parti au pouvoir, qui ont démoli ces maisons n'ont aucun titre ni aucun droit pour exécuter une telle décision. » Explique Me Vital Nshimirimana qui rappelle aussi que « l’expropriation ne devait pas intervenir lorsque les propriétaires des parcelles n’ont pas été concertés ou encore perçus leurs indemnités équitables aux préjudices  subis si l’Etat planifie d’y réaliser un projet de développement d’intérêt public, comme c'est prévu dans la constitution et dans d'autres lois burundaises. »

Depuis des années déjà, le régime CNDD-FDD affiche sa volonté de supprimer les sites des déplacés de la guerre 1993.Ils prétendent que la situation s'est normalisée, donc qu'ils peuvent retourner sur leurs collines d'origine.

Ce défenseur des droits humains interpelle le Président de la République ainsi que la CNIDH, la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, de faire cesser cette persécution qui vise une seule catégorie de citoyens car cela peut entraîner le pire. Sinon, Maître Vital Nshimirimana précise que ces citoyens peuvent saisir les juridictions régionales ou internationales, comme la commission des droits de l'homme et des peuples.

Des éléments burundais accusés de crimes de guerre au Sud-Kivu

Des éléments burundais accusés de crimes de guerre au Sud-Kivu

L’Initiative pour les Droits Humains au Burundi dit avoir documenté plusieurs cas de violences sexuelles à l’égard des femmes congolaises, commis au Sud-Kivu depuis la fin de l’année 2021. Dans son récent rapport, l'IDHB accuse l'armée burundaise, les imbonerakure, ainsi que le mouvement rebelle RED-Tabara. Ce dernier nie toutefois les accusations portées contre lui.

 Intitulé ‘’A l’ abri des regards’’, le rapport  de l’IDHB  sorti  ce mois de Décembre met en exergue les violations  du droit de la guerre par des éléments burundais se trouvant dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo.

‘’L'Initiative pour les Droits Humains au Burundi a décidé de mettre l'accent sur le comportement des militaires burundais  déployés  dans la province du Sud-Kivu,  une région qui a reçu beaucoup moins d'attention que les événements récents au Nord-Kivu.’’ Explique Carina Tertsakian, chercheuse  à l’IDHB.

Le rapport décrit des cas  d’enlèvements et de violences sexuelles contre des femmes et des filles congolaises  par des militaires  burundais, ainsi que des cas de mauvais traitements où des militaires burundais  ont battu des civils qu'ils  soupçonnaient  de collaborer avec des groupes armés burundais. ‘’Des victimes et des membres de leurs familles ont déclaré que des militaires burundais ont violé, enlevé, détenu arbitrairement,  maltraité des civils congolais et pillé leurs biens’’, lit-on dans le rapport.

Des hommes armés en uniforme militaire burundais parlant le kirundi, ont violé plusieurs femmes congolaises, puis les ont accusées d’être les « épouses » des membres de groupes armés burundais, mentionne IDHB qui précise toutefois que ce ne sont pas seulement les militaires burundais  qui ont commis de tels  actes.

L’organisation des droits de l’homme  cite aussi des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure  qui ont combattu aux côtés des troupes burundaises dans cette partie de la RDC. ‘’En octobre 2022, un membre des Imbonerakure a inséré le canon de son arme dans le vagin d’une femme congolaise devant ses enfants. ‘’

Le rapport parle  également  des combattants du groupe armé burundais RED-Tabara.  ‘’En novembre 2022, des membres du Mouvement de la résistance pour un État de droit ont enlevé des femmes et les ont détenues comme esclaves sexuelles. Par exemple une femme a été forcée de vivre avec des combattants de RED-Tabara pendant un mois et a été violée plusieurs fois par leurs combattants pendant cette période.’’

Le RED-Tabara,  rejette  en bloc ces accusations  de l’IDBH. Dans une déclaration publiée ce lundi 18 Décembre, le mouvement armé  met en doute la véracité du rapport, le trouvant pas suffisamment documenté. Le mouvement armé dit n’avoir pas été consulté alors qu’il est en communication avec différentes organisations de défense des droits de l’homme.

Le Burundi, ayant  ratifié les Conventions de Genève, se retrouve  lié par le droit international humanitaire également appelé  droit de la guerre. Le mépris des droits des civils congolais  par l’armée burundaise a conduit à des violations flagrantes du droit de la guerre, susceptibles de constituer des crimes de guerre, déplore L’Initiative pour les Droits Humains au Burundi.

Dans ce rapport, IDHB mentionne avoir contacté  par écrit des autorités de l’armée burundaises et congolaises. Seul le chef d’Etat-Major Burundais a répondu, exigeant un entretien en présentiel.  Mais le Général Prime Niyongabo  n’a plus réagi à la proposition d’un entretien téléphonique marque l’IDHB.

 

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