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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Gitega : les habitants alertent sur une grave pénurie d’eau potable

Gitega : les habitants alertent sur une grave pénurie d’eau potable

Par: Janvier Nininahazwe

Des maladies intestinales se multiplient et les écoles à régime d’internat peinent à fonctionner normalement à cause du manque d’eau potable dans la ville de Gitega. Les habitants dénoncent une situation qui dure parfois plus d’une semaine, les obligeant à se rabattre sur des sources d’eau insalubres.

La pénurie d’eau potable dans la capitale politique du Burundi prend des proportions inquiétantes. À Gitega, les habitants affirment qu’il leur arrive de passer plusieurs jours, voire une semaine entière, sans une goutte d’eau au robinet. Une situation qui les pousse à puiser dans les marais et autres sources contaminées, au risque de graves conséquences sanitaires.

« Tous les robinets sont à sec et les marais de la ville et des environs connaissent une grande affluence. Comme les élèves sont nombreux, certains vont puiser dans les canalisations d’eau usée. Ces conduites traversent les ménages et dégagent une mauvaise odeur, car elles recueillent aussi les eaux des latrines », raconte un habitant interrogé par la RPA. « Résultat : de plus en plus de maladies de mains sales, comme les vers intestinaux et les diarrhées. »

Les établissements scolaires ne sont pas épargnés par cette crise. Dans les lycées et les internats, l’absence d’eau perturbe le bon déroulement des cours. « Les élèves ne peuvent plus se laver ni laver leurs uniformes. Certains quittent les classes pour aller chercher de l’eau dans les marais, même pendant la période des examens », déplore un autre citoyen.

Les habitants de Gitega lancent un appel pressant à la REGIDESO pour qu’elle trouve une solution rapide à cette pénurie chronique avant qu’une crise sanitaire plus grave ne se déclare.

 

À Gitega, les enfants de la rue inquiètent par leur violence croissante

À Gitega, les enfants de la rue inquiètent par leur violence croissante

Par: Davy Claude Mbananayo

Dans la capitale politique du Burundi, la présence d’enfants en situation de rue prend une tournure alarmante. De plus en plus visibles dans plusieurs quartiers de Gitega, ils sont désormais associés à des actes de vol, d’agression et, dans certains cas, de violences sexuelles. Les habitants appellent les autorités à réagir d’urgence avant que le phénomène n’échappe à tout contrôle.

À Gitega, la capitale politique du Burundi, le phénomène des enfants en situation de rue prend une ampleur sans précédent. Alors que la question préoccupait surtout la ville de Bujumbura, l’ancienne capitale, des groupes d’enfants sans abri sont désormais très visibles dans plusieurs zones de Gitega, notamment à Nyamugari, Magarama et autour du marché central.

Selon plusieurs sources locales, ces enfants, livrés à eux-mêmes, sont à l’origine d’une montée de la délinquance urbaine. Les habitants rapportent des cas fréquents de vols à la tire, de dépouillement de passants et, plus récemment, d’agressions visant particulièrement les femmes et les jeunes filles.

« Le problème majeur est que ces enfants grandissent sans encadrement ni moyens de subsistance. Faute de nourriture, certains recourent à la violence pour survivre », explique un habitant de Gitega. Les témoignages évoquent aussi la peur grandissante des riverains, notamment des commerçants qui exercent dans les zones concernées.

Les agressions se multiplient, surtout à la tombée de la nuit, lorsque des groupes d’enfants tendent des embuscades aux passants transportant des marchandises. Dans certains cas, ces actes dégénèrent en violences physiques et sexuelles, soulignant la gravité du phénomène.

Les habitants appellent les autorités administratives et la police à intervenir rapidement pour endiguer cette situation avant qu’elle ne dégénère davantage. « Ces enfants risquent de former à terme des réseaux criminels organisés s’ils ne bénéficient pas d’un accompagnement social et éducatif », avertit notre source de la ville.

Des observations sur le terrain confirment également que plusieurs de ces enfants consomment de l’alcool et d’autres substances psychoactives, sans suivi ni structures d’accueil. Les habitants de Gitega réclament ainsi une réponse coordonnée entre les services sociaux, la police et les autorités locales, pour offrir à ces enfants des alternatives à la rue.

 

La vie de plus en plus précaire des enfants de la rue à Kayanza et Ngozi

La vie de plus en plus précaire des enfants de la rue à Kayanza et Ngozi

Par: Dany Claire Iratwumva

Le nombre d’enfants vivant dans la rue ne cesse d’augmenter dans les villes de Kayanza et de Ngozi. Livrés à eux-mêmes, certains sombrent dans la délinquance pour survivre, tandis que les autorités locales peinent à trouver des solutions durables et que les défenseurs des droits de l’enfant appellent à une politique nationale de protection.

Le phénomène des enfants de la rue prend une ampleur inquiétante dans les villes de Kayanza et de Ngozi, au nord du Burundi. Malgré des conditions de vie précaires, certains d’entre eux sont contraints de voler pour subvenir à leurs besoins, une situation qui inquiète les autorités locales et les habitants.

À Kayanza, ces enfants, surnommés localement Kurubaho, errent entre le dépôt, le marché principal, les magasins, les bars et les restaurants. Toujours en déplacement, ils cherchent de quoi se nourrir ou un abri pour la nuit. « On estime qu’ils sont environ 250, mais il est difficile de les recenser », affirment des responsables administratifs de la ville.

La situation est similaire à Ngozi, où environ 300 enfants, majoritairement des garçons, vivent dans la rue. Certains dorment à la belle étoile ou dans des maisons inachevées, mangeant ce qu’ils trouvent au fil de leurs déplacements. Pour survivre, ils transportent des marchandises dans les marchés en échange de petites pièces, souvent dépensées pour acheter de la nourriture, du tabac ou d’autres produits.

Mais à mesure qu’ils grandissent, entre 5 et 17 ans, plusieurs tombent dans la criminalité. Certains volent des sacs à main ou s’introduisent dans des habitations. Les autorités locales confirment que plusieurs d’entre eux ont déjà été arrêtés et emprisonnés. « Ceux qui consomment des substances volent ou perturbent fortement la sécurité des quartiers », explique un responsable administratif.

Face à la montée du phénomène, les autorités locales tentent de réinsérer ces enfants en les orientant vers des formations professionnelles ou en facilitant leur retour dans leurs familles. Cependant, les organisations de défense des droits de l’enfant jugent ces efforts insuffisants et plaident pour une approche nationale intégrée. « Il faut une politique claire pour encadrer ces jeunes, leur offrir une formation et leur redonner espoir », estiment plusieurs acteurs de la société civile.

Le phénomène ne se limite pas aux centres urbains. Dans des localités comme Masanganzira (commune Kiremba), Musenyi (commune Tangara) ou Rukeco (commune Ngozi), la présence croissante d’enfants de la rue témoigne d’un défi social majeur qui touche plusieurs  zones.

 

Bujumbura : la recrudescence des enfants de rue ravive les inquiétudes sécuritaires

Bujumbura : la recrudescence des enfants de rue ravive les inquiétudes sécuritaires

Par: Davy Claude Mbananayo

La présence des enfants en situation de rue augmente de manière visible dans plusieurs quartiers de Bujumbura, où certains sont accusés de vols et d’agressions, notamment la nuit. Des habitants appellent à des solutions durables, au-delà des opérations ponctuelles de retrait ou de transfert vers des centres d’accueil comme celui de Munzenze à Cankuzo, déjà mis en place par l’État en 2023.

La ville de Bujumbura connaît ces derniers mois une recrudescence préoccupante du nombre d’enfants en situation de rue, de plus en plus visibles dans les principales artères de la capitale économique. D’après des informations concordantes recueillies par la RPA, ces enfants se concentrent notamment aux stations de bus et le long de grands axes comme l’avenue de la Mission, l’avenue de la Victoire et l’avenue de l’Amitié. Cette présence accrue alimente un climat d’inquiétude au sein de la population, qui redoute une dégradation continue de la sécurité urbaine.

À la tombée de la nuit, nombre de ces mineurs se dispersent dans différents bars très fréquentés de la ville, lieux de rassemblement de nombreux citadins. Selon plusieurs témoins, certains d’entre eux sont impliqués dans des actes de vol ciblant particulièrement les passants, en l’occurrence des femmes et des jeunes filles, surtout aux heures tardives. Plusieurs résidents décrivent un sentiment d’insécurité croissant sur certains axes.

« Le principal problème, c’est que certains de ces enfants se sont organisés en groupes de délinquants », confie un habitant interrogé par la RPA. Selon lui, ces groupes se signalent par des vols à l’arraché et des agressions visant principalement les femmes et les jeunes filles, en particulier durant la nuit. L’avenue de l’Uprona est souvent citée comme l’un des points les plus sensibles, en raison de la forte concentration de bars et du passage de personnes rentrant tard à leur domicile.

Les informations recueillies indiquent également que les interventions des forces de l’ordre peinent à contenir le phénomène. Lors des opérations de police, ces enfants parviennent fréquemment à échapper aux arrestations en se faufilant dans des caniveaux ou d’autres passages étroits et difficilement accessibles à proximité des axes concernés. Cette grande mobilité rend leur prise en charge sécuritaire et sociale particulièrement complexe.

Des habitants de Bujumbura plaident pour l’organisation d’un cadre de concertation élargi réunissant autorités, services sociaux, organisations de la société civile et partenaires techniques. L’objectif est d’analyser en profondeur la problématique des enfants en situation de rue et de proposer des réponses adaptées, qui dépassent les seules actions ponctuelles. Plusieurs voix estiment qu’il ne suffit plus de procéder à des rafles ou à des transferts temporaires vers des centres d’hébergement.

« Il devient urgent de tenir des assises nationales inclusives sur la question des enfants en situation de rue », estime un acteur de la société civile joint par la RPA. Selon lui, la priorité devrait être la mise en place de politiques structurées : création de centres d’accueil et de réinsertion adaptés, encadrement social, éducatif et psychologique, mais aussi accompagnement des familles pour traiter les causes profondes du phénomène. Il insiste sur la nécessité d’un suivi dans la durée, afin d’éviter que les enfants ne retournent systématiquement dans la rue après chaque opération.

Parmi les causes souvent évoquées, la précarité économique au sein des ménages figure en première ligne. Pour tenter de juguler le phénomène, le gouvernement burundais a mis en place en 2023 un centre d’accueil sur la colline Munzenze, en zone Mishiha, commune Cankuzo, destiné notamment aux enfants en situation de rue transférés de Bujumbura. Ce centre s’inscrit dans une stratégie nationale de retrait et de réinsertion de ces enfants, qui prévoit un encadrement et un accompagnement en vue de leur réintégration familiale. Cependant, en dépit de cette initiative, des dizaines d’enfants continuent d’être visibles en nombre croissant dans les rues de la capitale économique, signe que les réponses actuelles restent insuffisantes pour endiguer durablement le phénomène.

 

 

 

 

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