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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Quand Ndayishimiye va de volteface en volteface sur la déclaration du patrimoine de son ‘‘dream team’’

Les positions du président de la République quant à la mise en application de l’article de la constitution exigeant aux hauts dirigeants du pays la déclaration de leurs biens à l’entrée en fonction s’avèrent changeantes et douteuses . Après avoir lui-même annulé l’ultimatum fixé en Août dernier,  Evariste Ndayishimiye a encore une fois demandé le respect dudit article.

Pendant la lecture du communiqué sanctionnant le  Conseil des Ministres tenu le 9 juin 2021 à Gitega, le porte-parole du gouvernement du Burundi Prosper Ntahorwamiye a annoncé, en lieu et place du numéro un burundais, que le manque de formulaire à la cour suprême était à l’origine du retard dans l’exécution de l’article 95 de la constitution  ordonnant au Président de la République et à son gouvernement de dresser une déclaration écrite de leurs biens et patrimoines. ‘‘ Son excellence Monsieur le Président de la République a demandé aux membres du gouvernement de procéder à la déclaration de leurs biens car les formulaires y relatifs sont maintenant disponibles à la cour suprême.’’ a déclaré Prosper Ntahorwamiye. 

Paradoxalement, le Président Evariste Ndayishimiye avait déclaré, il y a quelques mois, que son gouvernement avait constaté la chimère résidant dans la même disposition. C’était lors de la conférence publique tenue le 25 Septembre 2020 sur l’évaluation de ses 100 premiers jours au pouvoir. ‘‘ Chaque personne naît avec un capital. Même un nouveau-né prend son père pour son capital. C’est par après que chacun se cherche la fortune et personne n’a le droit de lui demander où il l’a trouvée. Nous nous sommes heurtés à de nombreuses difficultés pour procéder à cette vérification qui prendrait au moins une semaine pour chaque personne. Nous nous sommes donc dit que chacun devrait garder secret ses richesses’’, avait expliqué Evariste Ndayishimiye pour justifier son revirement.

Pourtant, en date du 23 Août 2020,  le même Chef d’Etat semblait ferme dans ses injonctions envers l’équipe gouvernementale et résolu à appliquer cet article de la loi fondamentale. Il avait même fixé un délai limite de deux semaines. ‘‘ Je voudrais profiter de l’occasion pour inviter tous les hauts cadres de commencer à se préparer à partir de demain, afin que dans les semaines à venir on déclare toutes nos richesses devant la justice. Il ne faut pas que l’on nous traite de voleurs des biens que nous possédions avant même notre entrée en fonction’’, avait ordonné Evariste Ndayishimiye.

Actuellement, plus d’un s’inquiètent alors de ces  changements de  position du Numéro Un Burundais par rapport à l’application de cet article de la constitution et se  demandent les raisons qui en seraient derrière. Le 18 Juin, Evariste Ndayishimiye s’apprête à fêter son premier anniversaire à la présidence du Burundi.  Et l’article en question stipule que le Président de la République, le Vice-président, le Premier Ministre ainsi que tous les membres du gouvernement sont tenus de déclarer à la cour suprême leurs biens et patrimoines  dès  l’entrée en fonction, tout comme à la sortie.

A titre d’information, le gouvernement du Burundi faisait partie des très rares pays qui ont participé à la session extraordinaire de l’Organisation des Nations Unies tenue du 02 au 4 juin courant et dont les hautes autorités n’ont pas encore déclaré leurs biens et patrimoines. La déclaration politique de lutte contre la corruption issue de cette session exigeait principalement au gouvernement burundais de mettre en place des institutions indépendantes et spécialisées de lutte contre la corruption.

Le vacillement de la position du Président  est une haute trahison.

L’ancien Vice-Président du Burundi Frédéric Bamvuginyumvira indique que le Président de la République  devrait être le premier à se conformer à la loi. Pour cet homme politique, le non-respect d’un article de la constitution est considéré comme un acte de haute trahison de la part d’Evariste Ndayishimiye. ‘‘ En tenant cette promesse, le Président de la République se référait aux articles 95 et 159 de la constitution.  Pour autant que cette déclaration ne soit pas encore exécutée,  c’est une violation de la constitution par les plus hautes autorités du pays et la première c’est le Président de la République. Quand celui-ci viole la constitution sur laquelle il a prêté serment et promis de respecter, cela devient une haute trahison,’’ a expliqué Frédéric Bamvuginyumvira avant de rappeler  au Chef de l’Etat que la prérogative de promulguer la loi ne le met pas au-dessus d’elle.

Frédéric Bamvuginyumvira ajoute que les contradictions des arguments d’Evariste Ndayishimiye ne font que dérouter la population et lui suggère plutôt de rester lucide à travers ses propos. ‘‘ C’est une façon de se moquer des gens. A-t-il été question de l’absence des formulaires à la Cour Suprême ? Loin de là !  Cela veut dire qu’il a donné deux justifications contradictoires ou tout au moins divergentes. Nous relevons toujours ce genre de contradictions. C’est dommage. Nous lui demandons de rester coller à la constitution et de dire OUI quand il s’agit de dire OUI et NON quand il veut dire NON, mais pas mélanger les deux’’.  A conclut Frédéric Bamvuginyumvira, Ui tient à rappeler qu’un Président de la République doit être une lumière et non une source de confusion.

Affligée par les sanctions envers le Burundi, l’EAC implore l’Union Européenne.

Après l’Union Africaine, la Communauté Est-Africaine plaide à son tour pour la levée des sanctions que l’Union Européenne a prises à l’encontre du Burundi. Dans une discussion avec la délégation de l’Union Européenne ce mercredi 09 juin,  le secrétaire général de cette communauté a argumenté que le Burundi a tourné la page et se trouve sur une bonne voie. Et d’ajouter que ces sanctions pèsent également sur la région Est-Africaine entière.

 ‘’Nous faisons appel à l’Union Européenne afin que nous puissions travailler ensemble et pour qu’il ouvre une nouvelle page pour le  peuple de la République du Burundi ‘’. Tel est la demande de Dr  Peter Mathuki auprès de la délégation de l’Union Européenne en Tanzanie lors d’un échange de haute voltige sur comment cette institution européenne pourrait contribuer à l’accélération du processus d’intégration en Afrique de l’Est.

Pour le secrétaire général de la communauté Est-Africaine d’origine kenyane, l’Union Européenne devrait lever les sanctions prises contre le Burundi étant donné que ce pays a tourné la page et est prêt à aller de l’avant.  A cette occasion, Dr Peter Mathuki a tenu à signaler que la région de l’Afrique de l’Est souffre  tant  de ces sanctions prises contre le peuple burundais. D’où,  il  a souligné qu’il était très important que l’Union Européenne   collabore avec ladite région en la prenant comme un seul bloc et ainsi procurer à la communauté, la capacité d’atteindre ses objectifs dans le processus d’intégration.

A la même occasion, le secrétaire général de l’EAC et son équipe  ont saisi l’opportunité d’échanger sur les priorités dans différents domaines d’intégration régionale, toujours à la quête du soutien de cette institution européenne via son programme 2021-2027. Il s’agit entre autres de l’extension de l’espace du secteur privé dans l’intégration, du renforcement de la capacité des institutions dirigeantes pour la consolidation de la paix, de l’établissement  d’un système de gouvernance démocratique, inclusif et redevable dans la région ainsi que la coordination  des pays de la région dans la prévention et la riposte des épidémies et pandémies, y compris la COVID-19.

Pour rappel, les sanctions de l’Union Européenne avaient été imposées au Burundi à la suite de la crise interne consécutive à la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer le troisième mandat en 2015.

Des diplomates burundais déclarés persona non grata en RSA pour évasion fiscale

Certains diplomates de l’ambassade du Burundi en Afrique du Sud vont être prochainement expulsés de ce pays.  Ils seraient accusés d'évasion fiscale à travers le commerce illégal de boissons alcoolisées.

Notre source dans les milieux diplomatiques en Afrique du Sud révèle que tout a commencé en début de l’année 2021, quand l’institut chargé de collecter les taxes dans ce pays, a constaté qu’il y a des manques à gagner sur les boissons alcoolisées vendues dans les duty-free.

Selon la même source, cet institut a amorcé des enquêtes qui ont duré deux mois, en partenariat avec l’unité spécial de Police appelée ‘’  Hawks ‘’.

Notre source en Afrique du Sud poursuit en disant que la police et cette maison de collecte de taxes ont soupçonné certains diplomates africains d’avoir abusé de leurs statuts diplomatiques pour acheter de l'alcool en duty-free à l’aéroport ‘’ Wonderboom’’ de Pretoria, et de le revendre ensuite à des échoppes et commerces en encaissant l'argent. Après les enquêtes, ils ont découvert un manque à gagner estimé en termes de millions de dollars américains.

Au mois d’avril dernier, le ministère des affaires étrangères de la République Sud-Africaine a annoncé à l’ambassade du Burundi qu’elle a été incriminée et  que certains membres de son personnel seront expulsés de ce pays au début de ce mois de juin courant. Au total, ce sont 200 diplomates africains qui ont été déclarés persona non grata, accusés d'évasion fiscale. Il s’agit des ressortissants de la Guinée Conakry, du Ghana, du Lesotho, du Malawi, du Rwanda et du Burundi en poste à Pretoria. Les diplomates concernés devraient faire leurs valises et commencer à quitter l'Afrique du Sud dès ce lundi 14 juin 2021.

Démantèlement en cascade des permanences du CNL à Muhuta

La permanence du parti CNL sur la colline Gakuyo, dans la zone et commune Muhuta, en province Rumonge a été détruite de façon méchante la nuit de ce lundi par des hommes non encore identifiés. Au moment où ce genre de démolition se manifeste pour la deuxième fois dans ladite commune en moins d’une semaine, les membres de ce parti parlent d’une intolérance politique qui refait surface.

Ce bureau du parti CNL sur la colline Gakuyo a été démoli la nuit de ce lundi 07 juin. Selon nos sources, il est le deuxième à être détruit dans la commune Muhuta. En effet, la permanence du parti CNL située cette fois-ci sur la colline Buringa avait subi le même sort.  ‘’ Nous avons constaté ce matin que la permanence de notre parti a été détruite. Nous ne savons pas l’heure exacte à laquelle cela s’est passé mais ce qui est sûr c’est qu’ils attendent que la nuit tombe pour venir vandaliser les permanences de notre parti. Pendant la journée, tout le monde semble calme et serein mais quand il fait nuit, certains deviennent  comme des bêtes sauvages ‘’, s’est indigné un des membres de ce parti qui s’est confié à la RPA.

Les militants du parti CNL font savoir que c’est la troisième fois que la permanence de Buringa est la cible de tels actes. Ils s’indignent que les autorités locales et les agents de l’ordre  ne mènent pas par la suite des enquêtes pour démasquer les responsables. Ces membres du parti CNL s’inquiètent de la recrudescence des actes d’intolérance politique.  ‘’ A voir ce qui se passe dans notre commune, on dirait que c’est un plan qui a été mis au point pour démanteler les permanences de notre parti. Nous avions passé toute la journée à reconstruire la permanence qu’ils avaient démolie  et le lendemain matin, ils l’avaient encore une fois détruite. Cela nous montre que ces gens ont une très mauvaise foi et de très méchantes intentions. Il est incompréhensible que des personnes raisonnables s’en prennent à une hampe en bois pour l’arracher et la brûler ou à une maison pour la démolir. Cette politique d’intimidation est vraiment insensée ‘’. 

Contactée à propos, Domithile Ntunzwenimana, administrateur de la commune Muhuta nous a répondu que la permanence de Buringa a plutôt été démolie par de fortes pluies qui s’y sont abattues. Quant à celle de la colline Gakuyo, elle a déclaré ne pas être au courant de ces faits et a promis de s’enquérir de la situation.

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