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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Avoir un crédit logement pour les enseignants, un véritable parcours du combattant

Les enseignants membres du fonds de solidarité des travailleurs de l’enseignement, FSTE, se lamentent de ne plus bénéficier de crédits. Certains de ces enseignants attendent leurs crédits logement depuis 8 mois. Ils demandent aux responsables du FSTE de débloquer ces crédits étant donné que c’est leur plein droit d’en bénéficier.

 

Parmi les avantages que le FSTE avait promis à ses membres figure le crédit logement. Toutefois, selon les informations que nous détenons des membres de ce fonds, certains d’entre eux ont déposé leurs dossiers de demande de crédit pour logement mais cela fait plusieurs mois qu’ils attendent en vain.

«  Nous avons souscrit la demande de crédit logement au sein du FSTE depuis le mois de janvier 2022, mais jusqu’aujourd’hui, aucune réponse. Si tu vas demander   dans les agences du fonds, ils ne font que vérifier si ton dossier a été reçu et  te disent d’aller attendre », témoigne un enseignant.

Pourtant, pour avoir un dossier complet cela coûte aux enseignants pas moins de 50 mille francs BIF.  Ne pas accéder à ce crédit leur met dans des problèmes financiers : « Cela nous plonge dans des pertes énormes car, il peut arriver que quelqu’un t’avance des matériaux de construction, et que tu demandes à quelqu’un de commencer à fabriquer des briques ou bien des poteaux, ou encore commencer à faire des arrangements avec les maçons. Quelques fois d’ailleurs, nous donnons des avances sur rémunérations. Si donc, le crédit n’est pas attribué à qui de droit, tout cela tombe à l’eau ».

Les enseignants en général demandent aux responsables du fonds de solidarité des travailleurs enseignants de sortir du silence pour leur expliquer les problèmes dont ils ont rencontré ou alors de se déclarer incapables si c’est le cas.

La récente mesure du ministre de l’éducation risque d’être contreproductive.

Le ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique envisage suspendre au cours de l’année scolaire 2022-2023 toutes les classes montantes de l’enseignement fondamentales ne totalisant pas au moins 25 apprenants de même que les classes de  l’enseignement post-fondamental ne comptant pas au moins 20 élèves. Contenu de la correspondance du 11 juillet adressée à tous les directeurs provinciaux de l’éducation. La fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation, FENASEEB, trouve que l’application de ces mesures aura des retombées négatives.

 La correspondance numéro 610/CAB/5775/2022 que le ministre de l’éducation  nationale et de la recherche scientifique a adressée à tous les directeurs provinciaux de l’éducation a comme objet « Gestion rationnelle et efficiente  des  ressources matérielles et humaines des écoles ».

A travers cette correspondance, le ministre François HAVYARIMANA  invite les responsables provinciaux de l’éducation d’organiser  dans les meilleurs délais des réunions de concertation  avec les directeurs communaux de l’éducation pour une meilleure planification de la rentrée scolaire 2022-2023.

Il fait savoir que  toutes les classes montantes de l’enseignement fondamentales ne totalisant pas au moins 25 apprenants seront momentanément  suspendues pour réaffecter ces  élèves dans les écoles du même réseau scolaire. Il en sera de même pour les classes de l’enseignement post-fondamental ne comptant pas au moins 20 élèves. Selon le ministre François HAVYARIMANA,  les élèves concernés seront affectés dans les autres écoles organisant la même section  au sein de la même direction communale  de l’éducation.

Même si le ministre de l’éducation indique que cela permettra d’optimiser la gestion des ressources matérielles et humaines au sein des circonscriptions scolaires respectives, la fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation, FENASEEB, trouve que l’application de ces mesures aura des retombées négatives. Antoine MANUMA, président de la FENASEEB  s’est ainsi exprimé : « Au cas où la mesure est appliquée, les retombées négatives ne tarderont pas à se manifester tant du côté des apprenants que du côté des enseignants. On trouve que certaines sections sont ouvertes dans peu d’écoles au sein d’une commune scolaire. Au moment où ces classes de ces sections seront fermées, les élèves seront obligés de parcourir de longues distances pour parvenir aux nouvelles écoles d’affectation. La conséquence est entre autre la fatigue et la réduction des performances. Les enseignants qui dispensent des cours seront sensiblement affectés suite à la perte des heures prestées, la diminution du volume horaire ou la perte d’emploi selon le niveau ou le domaine de formation ».

La FENASEEB demande au ministre de l’éducation de suspendre cette  mesure et de privilégier le dialogue avec les partenaires sociaux pour parvenir à de meilleures décisions.

Les directeurs des écoles à régime d’internat redoutent la prochaine rentrée scolaire car croulante encore sous les dettes de celle écoulée

La quasi-totalité des écoles à régime d’internat à travers le pays doivent des arriérés de paiement des denrées alimentaires à leurs fournisseurs pour l’année scolaire 2021-2022. C’est une situation due en grande partie à  la  flambée progressive et spectaculaire des prix des denrées alimentaires. Les directeurs des écoles demandent la revue à la hausse des subsides ou alors que  le gouvernement se charge lui-même de les approvisionner en denrées alimentaires.

 

La somme d’argent dont les écoles à régime d’internat doivent à leurs fournisseurs varie d’une école à une autre. Plus un établissement a un grand nombre d’élèves, plus il se retrouve avec une  dette élevée  envers  les fournisseurs. La province dans laquelle se trouve l’école est un autre facteur  qui contribue dans la variation de ces dettes car les prix des denrées alimentaires peuvent varier selon les localités.

Certains directeurs qui se sont confiés à la rédaction de la RPA affirment qu’ils doivent plus de 7 millions BIF à leurs fournisseurs, d’autres 8 millions BIF. Selon nos sources, certaines écoles ont une dette qui va même au-delà de 30 millions BIF à leurs fournisseurs.

Aujourd’hui, par exemple dans presque toutes les provinces du pays, un kg de riz coûte entre  2700  et 3400 francs burundais selon la qualité alors que l’année scolaire dernière, le même  kg de riz coûtait  entre  1500 et 2500 francs. D’autres denrées ont également vu leurs prix sensiblement augmentés. C’est notamment la farine de manioc qui est passé de 800 à 1 500 francs le kg ainsi que le haricot qui est passé de 2 000 à 1 500 francs burundais le kg. ‘’Et ces prix pourront augmenter d’ici la prochaine rentrée scolaire‘’ Craignent certains directeurs des écoles à régime d’internat qui se sont entretenus avec la RPA.

Ces directeurs d’établissement scolaires ajoutent aussi que la persistance du manque de carburant est venue aggraver la situation. Ils proposent ainsi la hausse des subsides chaque fois que les prix des denrées alimentaires flambent sur le marché. Au cas contraire, ils proposent que le gouvernement se charge lui-même de l’achat et de la distribution des denrées alimentaires à ces écoles. Et pour  pouvoir s’acquitter de leurs dettes envers les fournisseurs, les directeurs de ces écoles demandent l’intervention du gouvernement.

La rédaction de la RPA a tenté de joindre  François Havyarimana, ministre de l’Education Nationale, sans y parvenir. Il était injoignable sur son téléphone portable alors que le téléphone de son bureau sonnait sans que personne ne décroche.

Pour rappel, une telle situation s’est observée dans les écoles à régime d’internat avant l’année scolaire 2017-2018. Il a fallu l’intervention du gouvernement  pour que les directeurs puissent s’en sortir.

Les défis majeurs relevés lors des états généraux de l’éducation.

Les états généraux de l’éducation ont démarré mardi de cette semaine à Bujumbura. Plusieurs défis auxquels fait face le secteur de l’éducation au Burundi ont été soulevés.

  1. Le manque de matériels et l’insuffisance du prêt-bourse

Certains problèmes signalés lors des états généraux de l’éducation en 2014 sont toujours là 8 ans plus tard.

L’insuffisance des moyens financiers, le sureffectif des élèves dans les classes, la formation non adaptée au marché du travail, le prêt-bourse insuffisant pour les étudiants, la plupart des défis ont été évoqués le mardi lors du démarrage des états généraux de l’éducation.

Le ministre de l’éducation et de la recherche scientifique, François Havyarimana, a précisé que cette rencontre permettra de dégager des pistes de solutions axées sur des principales thématiques.

Le vice-président, Prosper Bazombanza, qui a représenté le président de la République dans ces assises, a soulevé le problème de manque de bancs-pupitres. Selon lui, la population locale et les natifs qui contribuent à la construction des écoles devraient également contribuer à l’achat des bancs-pupitres pour chaque classe construite. En ce qui concerne le sureffectif des élèves dans les salles de classes, le secrétaire permanent au ministère de l’éducation, Frédéric Bangirinama, a proposé la réduction du taux de natalité au sein de la population burundaise.

Certains participants ont également proposé la majoration du prêt-bourse au cours de ces assises qui ont été retransmises en direct sur zoom pour permettre à ceux qui résident à l’étranger d’y apporter leurs contributions. Les bailleurs de fonds du secteur éducatif burundais dont l’UNICEF étaient également représentés dans ces échanges.

  1. Nécessité des réformes au niveau de tous les échelons du système éducatif burundais.

En plus du manque de matériels et de l’insuffisance d’enseignants alors que les classes sont surpeuplées, Victor Ndabaniwe, représentant la coalition des syndicats des enseignants, COSSESSONA, aux états généraux de l’éducation estime que l’enseignement est mal organisé à l’école fondamentale et post-fondamentale. « Le fait que les élèves font 9 années sans passer aucun test est un obstacle à l’enseignement. L’absence du concours national de la 6ème année est contre-productive d’autant plus nous ne savent même pas où sont passés certains cours qui étaient dispensés en 6ème et en 10ème année. Plusieurs langues apprises en même temps compliquent aussi les écoliers», a fait observer Victor Ndabaniwe.

Monseigneur Simon Ntamwana qui a représenté toutes les confessions religieuses dans ces assises  a demandé que certains cours ne soient pas écartés. « Que les enfants qui se sentent forts en calcul ou en mathématiques ne soient pas désorientés. Qu’on laisse tranquille aussi ceux qui veulent approfondir les études au niveau des cours sociaux parce que ces cours aussi sont nécessaires», a indiqué ce prélat.

Les participants aux états généraux de l’éducation ont également précisé que les enseignants ne sont pas bien formés. Professeur Joseph Ndayisaba qui a fait un exposé sur l’organisation des curricula face à l’employabilité des lauréats du système éducatif burundais demande que le système éducatif burundais soit repensé dans son ensemble du pré- scolaire à l’enseignement supérieur. Selon lui, il s’observe également de nombreuses imperfections même au niveau de l’enseignement supérieur.

  1. Les défis de l’enseignement supérieur au Burundi.

L’Etat devrait élaborer la politique nationale de l’éducation selon professeur Yves Ndayikunda. Dans son exposé basé sur l’amélioration de la qualité de l’éducation, Professeur Yves Ndayikunda suggère aussi la mise en place du fonds national de recherche. Sans recherche, le développement de l’éducation sera toujours problématique. Professeur Yves Ndayikunda signale que ce fonds est déjà initié dans plusieurs autres pays de l’Afrique de l’Est comme le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Rwanda. Cela permet d’éviter de financer les institutions publiques seulement parce que c’est un fonds auquel les institutions publiques et privées postulent. Cela augmente la compétitivité et améliore la qualité des recherches, et de l’éducation par conséquent.

Le renforcement des capacités des enseignants et des chercheurs fait également partie des recommandations de Professeur Yves Ndayikunda. Selon lui, le pilotage actuel de la qualité au niveau de l’enseignement supérieur souffre entre autres du manque d’enseignants formés en pédagogie universitaire, des recherches quasi-inexistantes dans certaines institutions, du problème d’infrastructures, de la massification des classes qui ne permettent pas un encadrement des étudiants et du problème d’adéquation formation-emploi. Selon professeur Yves Ndayikunda, le pilotage de qualité est un processus permanent qui demande l’implication de toutes les parties prenantes. Les participants aux états généraux de l’éducation ont présenté des recommandations finales ce jeudi soir.

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