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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

 Burundi : l’ancien Premier ministre Bunyoni sort de prison pour raisons de santé

Burundi : l’ancien Premier ministre Bunyoni sort de prison pour raisons de santé

Par: Inès Gakiza

Condamné à la prison à perpétuité, l’ancien Premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni a été remis en liberté ce 11 mars pour raisons de santé, après un séjour de plusieurs mois à l’hôpital de Gitega.

Après près de deux ans passés derrière les barreaux, le général Alain Guillaume Bunyoni, ancien Premier ministre de la République du Burundi, a recouvré la liberté ce 11 mars. Reconnu coupable de lourdes charges et condamné à la prison à perpétuité, il a bénéficié d’une mesure de libération pour raisons de santé. Il a quitté l’hôpital de Gitega, où il était hospitalisé depuis octobre 2025, pour rentrer.

L’ancien Premier ministre a été condamné à la réclusion à perpétuité par deux chambres de la Cour suprême. La justice l’a reconnu coupable d’atteinte à la sécurité nationale, d’enrichissement illicite, de tentative de renversement du gouvernement et de menace contre la vie du chef de l’État. Sa libération intervient alors qu’il  était détenu depuis avril 2023, d’abord dans les locaux des services de renseignements, puis à la prison de Gitega.

Ce 11 mars, un autre officier, le colonel Michel Kazungu, a également été libéré pour raisons de santé. Incarcéré à la prison centrale de Gitega depuis 2015, le colonel Kazungu a été condamné dans le dossier de tentative de coup d’État de 2015.

 

Dossier des religieuses de Kamenge : les avocats de Guillaume Harushimana demandent sa remise en liberté en Italie

Dossier des religieuses de Kamenge : les avocats de Guillaume Harushimana demandent sa remise en liberté en Italie

Par: Inès Gakiza

Poursuivi en Italie pour son implication présumée dans l’assassinat de trois religieuses italiennes à Kamenge en 2014, le Burundais Guillaume Harushimana demande, par le biais de ses avocats, l’annulation de son ordonnance de détention ou son remplacement par une assignation à domicile. L’affaire, relancée à Parme, réactive de lourdes accusations déjà portées au Burundi.

Les avocats de Guillaume Harushimana ont saisi le tribunal de Riesame, à Parme, pour demander l’annulation de l’ordonnance de détention visant leur client, ou, à défaut, sa substitution par une assignation à domicile. Ce Burundais est poursuivi dans le dossier de l’assassinat de trois religieuses italiennes, tuées en septembre 2014 à Kamenge, dans la périphérie de Bujumbura. Selon des sources proches du dossier jointes par la RPA à Parme, la défense attend dans les prochains jours la fixation de l’audience devant le juge.

D’après le quotidien italien Gazzetta di Parma, les avocats de Guillaume Harushimana n’ont pas encore eu accès à l’ensemble des pièces du dossier. Ils fondent leur demande de remise en liberté sur les éléments de l’enquête qui leur ont été communiqués après l’arrestation de leur client. Selon eux, le dossier ne contient pas, à ce stade, de preuves suffisantes établissant la participation de Guillaume Harushimana au triple meurtre, et la crédibilité des éléments déjà versés au dossier doit encore être vérifiée.

Guillaume Harushimana a été incarcéré à la prison de Via Burla, à Parme, le 26 février 2026, en exécution d’une ordonnance de détention provisoire. Dès son arrestation, il a exercé son droit à l’assistance consulaire en sollicitant un entretien avec le représentant du Burundi en Italie. Le jeudi 5 mars, l’ambassadeur Ernest Ndabashinze s’est rendu à l’établissement pénitentiaire pour lui rendre visite.

Avant cette visite au parloir, rapporte la Gazzetta di Parma, le diplomate burundais avait d’abord rencontré les deux procureurs en charge du dossier. L’un d’eux a indiqué à la presse qu’il s’agissait d’un entretien de courtoisie, au cours duquel ils ont présenté à l’ambassadeur le cadre juridique prévu par le droit italien pour une affaire pénale comme celle visant Guillaume Harushimana.

Les trois religieuses italiennes, Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernardetta Boggian, membres de la congrégation des Xavériennes, ont été assassinées les 7 et 8 septembre 2014 à la paroisse Guido Maria Conforti, à Kamenge, où elles exerçaient leur ministère. À l’époque des faits, Guillaume Harushimana travaillait au Centre Jeunes Kamenge.

Dans leurs témoignages fournis à la Radio Publique Africaine , les auteurs du crime ont cité  Guillaume Harushimana. Selon leurs déclarations, il a participé à des réunions de planification du crime, des rencontres présidées par feu le général Adolphe Nshimirimana, ancien homme fort de l’appareil sécuritaire burundais. Les mêmes sources affirment aussi qu’au cours de la nuit du triple meurtre, Guillaume Harushimana a été aperçu dans les environs de la mission, en compagnie de son employeur de l’époque, le père Claudio Marano, alors directeur du Centre Jeunes Kamenge.

Selon ces témoignages, les religieuses ont été ciblées parce qu’elles détenaient des informations sensibles sur le détournement présumé de fonds en provenance de l’Italie, officiellement destinés à des projets d’aide aux populations burundaises. Des détournements  impliquant Guillaume Harushimana, le père Marano et le général Nshimirimana. Les enquêtes de la RPA révèlent également que les sœurs détenaient sur des entraînements paramilitaires d’Imbonerakure à Kiliba Ondes, ainsi que sur un trafic d’armes et de minerais entre de hauts responsables burundais et des groupes armés, notamment des miliciens FDLR.

Au Burundi, dans les jours qui ont suivi le triple homicide, la police a interpellé un jeune homme souffrant de troubles psychiatriques, Christian Claude Butoyi,  et l’a présenté comme l’auteur du crime. Plus de dix ans après, il demeure détenu pour ce triple assassinat.

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Par: Inès Gakiza 

La législation italienne permet à la justice de ce pays d’enquêter sur tout meurtre commis à l’encontre de ses ressortissants, quel que soit le lieu du crime. C’est dans ce cadre que la justice italienne a ouvert à Parme une procédure sur le triple assassinat des religieuses italiennes tuées à Bujumbura, une affaire qui demeure en instruction au Burundi depuis 2014.

Le droit pénal italien précise clairement que l’Italie dispose du droit de poursuivre toute affaire de meurtre commis sur un ressortissant italien, quel que soit le lieu où le crime a été perpétré dans le monde. La justice italienne peut donc ouvrir une procédure judiciaire dès lors que l’auteur présumé est sur le territoire italien, ou encore s’il peut être extradé pour comparaître devant les juridictions italiennes.

Le dossier relatif à l’assassinat des religieuses Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernadetta Boggian a été ouvert en 2024 à Parme, un dossier connu du public avec la récente arrestation de Guillaume Harushimana, résidant depuis quelques années en Italie.

Les professionnels du droit expliquent que, si le Burundi et l’Italie sont liés par un accord d’extradition ou de coopération judiciaire, Gitega peut solliciter la remise de Guillaume Harushimana afin qu’il soit jugé sur son territoire. À défaut d’un tel accord, le Burundi peut toujours adresser une demande officielle à l’Italie pour que le suspect soit transféré à ses autorités judiciaires. Cependant, Rome conserve la prérogative de refuser la demande de Gitega et de le juger sur son propre sol si elle estime que la justice burundaise n’offre pas de garanties suffisantes.

 Un dossier vieux de plus d’une décennie

Au Burundi, le dossier est ouvert depuis septembre 2014. Christian Claude Butoyi, atteint de troubles mentaux, a été arrêté le 9 septembre 2014, deux jours après le meurtre des trois missionnaires italiennes.

Outre Butoyi, toujours détenu et poursuivi pour ce crime, un agent du Service national de renseignement, Juvent Nduwimana, qui avait reconnu dans un témoignage accordé à la Radio RPA avoir pris part à l’assassinat d’Olga, Lucia et Bernadette, a été aussi emprisonné. Rapatrié de Somalie en avril 2015, où il avait été affecté après le triple assassinat, Nduwimana avait été incarcéré, avant d’être retiré de la prison de Mpimba en septembre 2017 pour être exécuté, affirment plusieurs sources.

Juvent Nduwimana, tout comme un policier Issa Nduwimana, connu sous le nom de « Mwarabu », avaient témoigné à la RPA, reconnaissant leur implication directe dans le meurtre des trois religieuses italiennes. Parmi les personnes qu’ils ont citées comme étant impliquées dans la préparation de ce crime figurent le défunt général Adolphe Nshimirimana, qui fut patron du renseignement burundais, le général Gervais Ndirakobuca, aujourd’hui président du Sénat, ainsi que le Père Claudio Marano, directeur du Centre Jeunes Kamenge, et Guillaume Harushimana, employé dans la même institution.

Le Père Claudio Marano avait été convoqué au moins à deux reprises par le parquet de Bujumbura en 2015 pour être entendu sur cette affaire. Guillaume Harushimana a quitté le Burundi sans avoir été convoqué même une seule fois. Les Burundais se souviennent de lui lors d’une manifestation devant le siège de la radio RPA à Bujumbura, en janvier 2015, quand sa famille et lui étaient venus, portant un cercueil et une croix, exprimer leur douleur, estimant que la RPA, en révélant son implication dans ces meurtres, l’avait en quelque sorte enterré.

Le général Nshimirimana est décédé sans jamais avoir été entendu par la justice, tandis que le général Ndirakobuca n’a, à ce jour, jamais été inquiété. En revanche, le journaliste Bob Rugurika a été arrêté en janvier 2015 pour avoir diffusé sur la Radio RPA les conclusions de son enquête sur ces assassinats. Il a été libéré un mois plus tard, sous la pression de la communauté internationale.

L’ACAT-Burundi dénonce des irrégularités dans la mise en œuvre des libérations de détenus

Par: Davy-Claude Mbananayo

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