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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : un député suédois interpelle Stockholm sur le sort du Dr Christophe Sahabo

Par: Josiane Muzaneza

Le député social-démocrate suédois Olle Thorell a interpellé la ministre suédoise des Affaires étrangères au sujet du citoyen suédois Dr Christophe Sahabo, détenu au Burundi depuis avril 2022. Dans une question écrite adressée le 24 avril à Maria Malmer Stenergard, il demande des mesures urgentes afin de garantir sa sécurité, son accès aux soins ainsi que le respect de ses droits.

 Burundi : l’ancien Premier ministre Bunyoni sort de prison pour raisons de santé

Burundi : l’ancien Premier ministre Bunyoni sort de prison pour raisons de santé

Par: Inès Gakiza

Condamné à la prison à perpétuité, l’ancien Premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni a été remis en liberté ce 11 mars pour raisons de santé, après un séjour de plusieurs mois à l’hôpital de Gitega.

Après près de deux ans passés derrière les barreaux, le général Alain Guillaume Bunyoni, ancien Premier ministre de la République du Burundi, a recouvré la liberté ce 11 mars. Reconnu coupable de lourdes charges et condamné à la prison à perpétuité, il a bénéficié d’une mesure de libération pour raisons de santé. Il a quitté l’hôpital de Gitega, où il était hospitalisé depuis octobre 2025, pour rentrer.

L’ancien Premier ministre a été condamné à la réclusion à perpétuité par deux chambres de la Cour suprême. La justice l’a reconnu coupable d’atteinte à la sécurité nationale, d’enrichissement illicite, de tentative de renversement du gouvernement et de menace contre la vie du chef de l’État. Sa libération intervient alors qu’il  était détenu depuis avril 2023, d’abord dans les locaux des services de renseignements, puis à la prison de Gitega.

Ce 11 mars, un autre officier, le colonel Michel Kazungu, a également été libéré pour raisons de santé. Incarcéré à la prison centrale de Gitega depuis 2015, le colonel Kazungu a été condamné dans le dossier de tentative de coup d’État de 2015.

 

Explosion d’un dépôt d’armes à Musaga: indemnisation des victimes, une obligation légale

Explosion d’un dépôt d’armes à Musaga: indemnisation des victimes, une obligation légale

Par: Clovis Niyonzima

Au lendemain de l’explosion survenue dans un dépôt d’armes en zone habitée, la question de la responsabilité de l’État burundais est au cœur du débat. Entre droits constitutionnels et règles du Code civil, les victimes sont fondées à exiger protection, vérité et réparation.

La Constitution du Burundi consacre des droits fondamentaux qui engagent directement la responsabilité de l’État en cas de drame affectant les populations civiles. L’article 24 garantit le droit à la vie, tandis que l’article 25 protège l’intégrité physique. Les pertes humaines et les nombreux blessés enregistrés lors de l’explosion traduisent ainsi une atteinte grave à ces droits, que l’État a l’obligation de préserver.

Au-delà de ces garanties, l’article 48 impose à l’État d’assurer la sécurité des citoyens. Or, l’explosion de munitions dans une zone habitée, ayant causé des dégâts jusque dans les ménages, soulève de sérieuses interrogations quant au respect de cette obligation. Une telle situation peut être interprétée comme un manquement au devoir de prévention et de protection des populations civiles.

Les conséquences matérielles de cet incident renforcent davantage cette responsabilité. L’article 36 de la Constitution protège le droit de propriété et prévoit une indemnisation en cas de préjudice. Les habitations détruites ou endommagées ouvrent ainsi droit à une réparation juste et équitable pour les victimes. Dans le même sens, l’article 38 garantit la protection des personnes et de leurs biens, imposant à l’État de répondre aux conséquences d’un tel sinistre.

Par ailleurs, l’article 31 relatif à la liberté d’information consacre le droit des citoyens à être informés de manière transparente sur les causes réelles de l’explosion, une exigence essentielle dans un contexte marqué par des interrogations et des inquiétudes.

Ces dispositions constitutionnelles sont renforcées par les articles 258, 259 et 260 du Code civil, Livre III, qui encadrent la responsabilité en cas de dommage. Ils établissent clairement que tout fait causant un préjudice à autrui oblige son auteur à le réparer, qu’il résulte d’un acte volontaire, d’une négligence ou d’une imprudence. La responsabilité est également engagée lorsque le dommage est causé par une chose dont on a la garde, ce qui implique que toute personne ou institution en assurant la gestion doit en assumer les conséquences.

Dans ce contexte, l’explosion d’un dépôt d’armes, relevant de la responsabilité de l’État, engage pleinement celui-ci, tant sur le plan de la protection des citoyens que sur celui de la réparation des dommages.

En définitive, la prise en charge des victimes ne relève pas d’une simple décision politique, mais d’une obligation juridique clairement établie. L’État burundais est ainsi tenu d’apporter une réponse rapide, transparente et conforme au droit, afin de garantir justice et dignité aux victimes de ce drame.

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Par: Inès Gakiza 

La législation italienne permet à la justice de ce pays d’enquêter sur tout meurtre commis à l’encontre de ses ressortissants, quel que soit le lieu du crime. C’est dans ce cadre que la justice italienne a ouvert à Parme une procédure sur le triple assassinat des religieuses italiennes tuées à Bujumbura, une affaire qui demeure en instruction au Burundi depuis 2014.

Le droit pénal italien précise clairement que l’Italie dispose du droit de poursuivre toute affaire de meurtre commis sur un ressortissant italien, quel que soit le lieu où le crime a été perpétré dans le monde. La justice italienne peut donc ouvrir une procédure judiciaire dès lors que l’auteur présumé est sur le territoire italien, ou encore s’il peut être extradé pour comparaître devant les juridictions italiennes.

Le dossier relatif à l’assassinat des religieuses Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernadetta Boggian a été ouvert en 2024 à Parme, un dossier connu du public avec la récente arrestation de Guillaume Harushimana, résidant depuis quelques années en Italie.

Les professionnels du droit expliquent que, si le Burundi et l’Italie sont liés par un accord d’extradition ou de coopération judiciaire, Gitega peut solliciter la remise de Guillaume Harushimana afin qu’il soit jugé sur son territoire. À défaut d’un tel accord, le Burundi peut toujours adresser une demande officielle à l’Italie pour que le suspect soit transféré à ses autorités judiciaires. Cependant, Rome conserve la prérogative de refuser la demande de Gitega et de le juger sur son propre sol si elle estime que la justice burundaise n’offre pas de garanties suffisantes.

 Un dossier vieux de plus d’une décennie

Au Burundi, le dossier est ouvert depuis septembre 2014. Christian Claude Butoyi, atteint de troubles mentaux, a été arrêté le 9 septembre 2014, deux jours après le meurtre des trois missionnaires italiennes.

Outre Butoyi, toujours détenu et poursuivi pour ce crime, un agent du Service national de renseignement, Juvent Nduwimana, qui avait reconnu dans un témoignage accordé à la Radio RPA avoir pris part à l’assassinat d’Olga, Lucia et Bernadette, a été aussi emprisonné. Rapatrié de Somalie en avril 2015, où il avait été affecté après le triple assassinat, Nduwimana avait été incarcéré, avant d’être retiré de la prison de Mpimba en septembre 2017 pour être exécuté, affirment plusieurs sources.

Juvent Nduwimana, tout comme un policier Issa Nduwimana, connu sous le nom de « Mwarabu », avaient témoigné à la RPA, reconnaissant leur implication directe dans le meurtre des trois religieuses italiennes. Parmi les personnes qu’ils ont citées comme étant impliquées dans la préparation de ce crime figurent le défunt général Adolphe Nshimirimana, qui fut patron du renseignement burundais, le général Gervais Ndirakobuca, aujourd’hui président du Sénat, ainsi que le Père Claudio Marano, directeur du Centre Jeunes Kamenge, et Guillaume Harushimana, employé dans la même institution.

Le Père Claudio Marano avait été convoqué au moins à deux reprises par le parquet de Bujumbura en 2015 pour être entendu sur cette affaire. Guillaume Harushimana a quitté le Burundi sans avoir été convoqué même une seule fois. Les Burundais se souviennent de lui lors d’une manifestation devant le siège de la radio RPA à Bujumbura, en janvier 2015, quand sa famille et lui étaient venus, portant un cercueil et une croix, exprimer leur douleur, estimant que la RPA, en révélant son implication dans ces meurtres, l’avait en quelque sorte enterré.

Le général Nshimirimana est décédé sans jamais avoir été entendu par la justice, tandis que le général Ndirakobuca n’a, à ce jour, jamais été inquiété. En revanche, le journaliste Bob Rugurika a été arrêté en janvier 2015 pour avoir diffusé sur la Radio RPA les conclusions de son enquête sur ces assassinats. Il a été libéré un mois plus tard, sous la pression de la communauté internationale.

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