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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Intolérance politique toujours rampante au Burundi

L’intolérance politique  est toujours signalée  en commune Muhuta  de la province Rumonge. Trois permanences du parti CNL ont été détruites dans moins d’un mois.

La permanence du CNL qui a été détruite la nuit de ce lundi est celle de la colline Bitwe en commune Muhuta. Les imbonerakure sont pointés du doigt dans la destruction des permanences du parti CNL. « Nous avons eu connaissance  de la destruction de notre permanence à notre réveil  le matin. C’est vraiment honteux. Il n’y a que des imbonerakure qui détruisent nos permanences », déclare un membre du parti CNL.

Les membres du parti CNL indiquent qu’ils ont saisi les autorités mais en vain. « Ils le font au vue et au su des autorités. Mais, ils ne sont jamais inquiétés. Il n’y a même pas d’enquête et personne n’est jamais poursuivi », se plaint un autre membre du parti CNL

Les autres permanences qui ont été détruites en commune Muhuta sont celles des collines Buringa et Gakuyo.

La rédaction n’a pas pu joindre Domitille NTUNZWENIMANA, administrateur de la commune Muhuta,  pour qu’elle donne de plus amples éclaircissements.

Des diplomates burundais déclarés persona non grata en RSA pour évasion fiscale

Certains diplomates de l’ambassade du Burundi en Afrique du Sud vont être prochainement expulsés de ce pays.  Ils seraient accusés d'évasion fiscale à travers le commerce illégal de boissons alcoolisées.

Notre source dans les milieux diplomatiques en Afrique du Sud révèle que tout a commencé en début de l’année 2021, quand l’institut chargé de collecter les taxes dans ce pays, a constaté qu’il y a des manques à gagner sur les boissons alcoolisées vendues dans les duty-free.

Selon la même source, cet institut a amorcé des enquêtes qui ont duré deux mois, en partenariat avec l’unité spécial de Police appelée ‘’  Hawks ‘’.

Notre source en Afrique du Sud poursuit en disant que la police et cette maison de collecte de taxes ont soupçonné certains diplomates africains d’avoir abusé de leurs statuts diplomatiques pour acheter de l'alcool en duty-free à l’aéroport ‘’ Wonderboom’’ de Pretoria, et de le revendre ensuite à des échoppes et commerces en encaissant l'argent. Après les enquêtes, ils ont découvert un manque à gagner estimé en termes de millions de dollars américains.

Au mois d’avril dernier, le ministère des affaires étrangères de la République Sud-Africaine a annoncé à l’ambassade du Burundi qu’elle a été incriminée et  que certains membres de son personnel seront expulsés de ce pays au début de ce mois de juin courant. Au total, ce sont 200 diplomates africains qui ont été déclarés persona non grata, accusés d'évasion fiscale. Il s’agit des ressortissants de la Guinée Conakry, du Ghana, du Lesotho, du Malawi, du Rwanda et du Burundi en poste à Pretoria. Les diplomates concernés devraient faire leurs valises et commencer à quitter l'Afrique du Sud dès ce lundi 14 juin 2021.

Quand Ndayishimiye va de volteface en volteface sur la déclaration du patrimoine de son ‘‘dream team’’

Les positions du président de la République quant à la mise en application de l’article de la constitution exigeant aux hauts dirigeants du pays la déclaration de leurs biens à l’entrée en fonction s’avèrent changeantes et douteuses . Après avoir lui-même annulé l’ultimatum fixé en Août dernier,  Evariste Ndayishimiye a encore une fois demandé le respect dudit article.

Pendant la lecture du communiqué sanctionnant le  Conseil des Ministres tenu le 9 juin 2021 à Gitega, le porte-parole du gouvernement du Burundi Prosper Ntahorwamiye a annoncé, en lieu et place du numéro un burundais, que le manque de formulaire à la cour suprême était à l’origine du retard dans l’exécution de l’article 95 de la constitution  ordonnant au Président de la République et à son gouvernement de dresser une déclaration écrite de leurs biens et patrimoines. ‘‘ Son excellence Monsieur le Président de la République a demandé aux membres du gouvernement de procéder à la déclaration de leurs biens car les formulaires y relatifs sont maintenant disponibles à la cour suprême.’’ a déclaré Prosper Ntahorwamiye. 

Paradoxalement, le Président Evariste Ndayishimiye avait déclaré, il y a quelques mois, que son gouvernement avait constaté la chimère résidant dans la même disposition. C’était lors de la conférence publique tenue le 25 Septembre 2020 sur l’évaluation de ses 100 premiers jours au pouvoir. ‘‘ Chaque personne naît avec un capital. Même un nouveau-né prend son père pour son capital. C’est par après que chacun se cherche la fortune et personne n’a le droit de lui demander où il l’a trouvée. Nous nous sommes heurtés à de nombreuses difficultés pour procéder à cette vérification qui prendrait au moins une semaine pour chaque personne. Nous nous sommes donc dit que chacun devrait garder secret ses richesses’’, avait expliqué Evariste Ndayishimiye pour justifier son revirement.

Pourtant, en date du 23 Août 2020,  le même Chef d’Etat semblait ferme dans ses injonctions envers l’équipe gouvernementale et résolu à appliquer cet article de la loi fondamentale. Il avait même fixé un délai limite de deux semaines. ‘‘ Je voudrais profiter de l’occasion pour inviter tous les hauts cadres de commencer à se préparer à partir de demain, afin que dans les semaines à venir on déclare toutes nos richesses devant la justice. Il ne faut pas que l’on nous traite de voleurs des biens que nous possédions avant même notre entrée en fonction’’, avait ordonné Evariste Ndayishimiye.

Actuellement, plus d’un s’inquiètent alors de ces  changements de  position du Numéro Un Burundais par rapport à l’application de cet article de la constitution et se  demandent les raisons qui en seraient derrière. Le 18 Juin, Evariste Ndayishimiye s’apprête à fêter son premier anniversaire à la présidence du Burundi.  Et l’article en question stipule que le Président de la République, le Vice-président, le Premier Ministre ainsi que tous les membres du gouvernement sont tenus de déclarer à la cour suprême leurs biens et patrimoines  dès  l’entrée en fonction, tout comme à la sortie.

A titre d’information, le gouvernement du Burundi faisait partie des très rares pays qui ont participé à la session extraordinaire de l’Organisation des Nations Unies tenue du 02 au 4 juin courant et dont les hautes autorités n’ont pas encore déclaré leurs biens et patrimoines. La déclaration politique de lutte contre la corruption issue de cette session exigeait principalement au gouvernement burundais de mettre en place des institutions indépendantes et spécialisées de lutte contre la corruption.

Le vacillement de la position du Président  est une haute trahison.

L’ancien Vice-Président du Burundi Frédéric Bamvuginyumvira indique que le Président de la République  devrait être le premier à se conformer à la loi. Pour cet homme politique, le non-respect d’un article de la constitution est considéré comme un acte de haute trahison de la part d’Evariste Ndayishimiye. ‘‘ En tenant cette promesse, le Président de la République se référait aux articles 95 et 159 de la constitution.  Pour autant que cette déclaration ne soit pas encore exécutée,  c’est une violation de la constitution par les plus hautes autorités du pays et la première c’est le Président de la République. Quand celui-ci viole la constitution sur laquelle il a prêté serment et promis de respecter, cela devient une haute trahison,’’ a expliqué Frédéric Bamvuginyumvira avant de rappeler  au Chef de l’Etat que la prérogative de promulguer la loi ne le met pas au-dessus d’elle.

Frédéric Bamvuginyumvira ajoute que les contradictions des arguments d’Evariste Ndayishimiye ne font que dérouter la population et lui suggère plutôt de rester lucide à travers ses propos. ‘‘ C’est une façon de se moquer des gens. A-t-il été question de l’absence des formulaires à la Cour Suprême ? Loin de là !  Cela veut dire qu’il a donné deux justifications contradictoires ou tout au moins divergentes. Nous relevons toujours ce genre de contradictions. C’est dommage. Nous lui demandons de rester coller à la constitution et de dire OUI quand il s’agit de dire OUI et NON quand il veut dire NON, mais pas mélanger les deux’’.  A conclut Frédéric Bamvuginyumvira, Ui tient à rappeler qu’un Président de la République doit être une lumière et non une source de confusion.

Affligée par les sanctions envers le Burundi, l’EAC implore l’Union Européenne.

Après l’Union Africaine, la Communauté Est-Africaine plaide à son tour pour la levée des sanctions que l’Union Européenne a prises à l’encontre du Burundi. Dans une discussion avec la délégation de l’Union Européenne ce mercredi 09 juin,  le secrétaire général de cette communauté a argumenté que le Burundi a tourné la page et se trouve sur une bonne voie. Et d’ajouter que ces sanctions pèsent également sur la région Est-Africaine entière.

 ‘’Nous faisons appel à l’Union Européenne afin que nous puissions travailler ensemble et pour qu’il ouvre une nouvelle page pour le  peuple de la République du Burundi ‘’. Tel est la demande de Dr  Peter Mathuki auprès de la délégation de l’Union Européenne en Tanzanie lors d’un échange de haute voltige sur comment cette institution européenne pourrait contribuer à l’accélération du processus d’intégration en Afrique de l’Est.

Pour le secrétaire général de la communauté Est-Africaine d’origine kenyane, l’Union Européenne devrait lever les sanctions prises contre le Burundi étant donné que ce pays a tourné la page et est prêt à aller de l’avant.  A cette occasion, Dr Peter Mathuki a tenu à signaler que la région de l’Afrique de l’Est souffre  tant  de ces sanctions prises contre le peuple burundais. D’où,  il  a souligné qu’il était très important que l’Union Européenne   collabore avec ladite région en la prenant comme un seul bloc et ainsi procurer à la communauté, la capacité d’atteindre ses objectifs dans le processus d’intégration.

A la même occasion, le secrétaire général de l’EAC et son équipe  ont saisi l’opportunité d’échanger sur les priorités dans différents domaines d’intégration régionale, toujours à la quête du soutien de cette institution européenne via son programme 2021-2027. Il s’agit entre autres de l’extension de l’espace du secteur privé dans l’intégration, du renforcement de la capacité des institutions dirigeantes pour la consolidation de la paix, de l’établissement  d’un système de gouvernance démocratique, inclusif et redevable dans la région ainsi que la coordination  des pays de la région dans la prévention et la riposte des épidémies et pandémies, y compris la COVID-19.

Pour rappel, les sanctions de l’Union Européenne avaient été imposées au Burundi à la suite de la crise interne consécutive à la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer le troisième mandat en 2015.

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