Burundi : les évêques catholiques alertent sur les défis sécuritaires, économiques et sociaux du pays
Par: Davy-Claude Mbananayo
La Conférence des évêques catholiques du Burundi exprime sa vive préoccupation face aux multiples défis qui continuent d’affecter la vie socio-économique et sécuritaire du pays. Dans une déclaration rendue publique le 8 juin 2026, au terme de son assemblée plénière tenue du 2 au 5 juin, l’épiscopat dresse un constat mêlant inquiétudes sécuritaires, difficultés économiques et préoccupations sociales.
Les évêques déplorent la persistance de la découverte de corps sans vie dans différentes localités du pays, sans que les auteurs de ces crimes ne soient identifiés ni traduits devant la justice. Ils évoquent également le cas de personnes détenues qui ont purgé leur peine ou bénéficient d’un acquittement judiciaire, mais qui restent néanmoins incarcérées sans justification apparente.
Sur le plan socio-économique, les prélats constatent avec inquiétude la persistance des pénuries de produits de première nécessité, notamment les médicaments et certaines denrées alimentaires. Ils s’inquiètent également de l’exode continu des forces vives de la nation, notamment des jeunes, des enseignants, des médecins et d’autres fonctionnaires, qui quittent le pays à la recherche de meilleures conditions de vie à l’étranger. Selon eux, cette situation est en grande partie liée à la faiblesse des salaires, devenus insuffisants face au coût de la vie.
Dans leur déclaration, les évêques soulignent aussi les difficultés liées aux infrastructures et à l’économie nationale. Ils déplorent la dégradation avancée du réseau routier, combinée à la pénurie persistante de carburant, qui entrave fortement la circulation des personnes et des biens. Cette situation entraîne, selon eux, des dysfonctionnements dans le secteur des transports, notamment la surcharge des véhicules, le dépassement de leur capacité et de nombreux accidents parfois mortels.
Les prélats constatent également la persistance de la pénurie d’engrais chimiques, ainsi que les retards enregistrés dans leur distribution, y compris pour les agriculteurs qui les avaient déjà payés. Ils soulignent que cette situation, ajoutée à l’irrégularité des précipitations, contribue à des récoltes en deçà des attentes dans plusieurs régions du pays.
Sur le plan de l’assainissement, les évêques saluent les efforts de l’État visant à promouvoir la propreté. Toutefois, ils s’interrogent sur les conséquences économiques du projet de pavage des espaces situés entre les habitations ou autres infrastructures privées et les routes publiques, estimant qu’il pourrait alourdir les charges des ménages déjà fragilisés. Ils soulèvent également des préoccupations quant à l’impact potentiel de cette mesure sur l’environnement.
Les évêques expriment par ailleurs leurs inquiétudes face à certaines activités organisées régulièrement le dimanche et auxquelles des fidèles chrétiens sont contraints de participer, estimant que cela pourrait les empêcher de respecter le troisième commandement du Décalogue. Ils s’interrogent également sur la pratique consistant à exiger des cotisations au profit d’un parti politique auprès de personnes qui n’en sont pas membres, y voyant une possible atteinte au principe du multipartisme consacré par l’article 75 de la Constitution du Burundi.
Enfin, les prélats saluent le climat général de paix et de sécurité qui prévaut dans le pays. Ils se réjouissent également du déroulement des récoltes dans plusieurs régions, tout en soulignant que les rendements restent limités en raison de l’irrégularité des pluies et des retards dans la distribution des engrais chimiques.

