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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Ngozi : inquiétante vague de départs de jeunes filles vers la Tanzanie à la recherche d’emploi

Ngozi : inquiétante vague de départs de jeunes filles vers la Tanzanie à la recherche d’emploi

Par: Innocent Valentin Singirankabo

Depuis le début de l’année 2026, un phénomène préoccupant agite la province Butanyerera, en commune Ngozi : de plus en plus de jeunes filles quittent clandestinement leurs foyers et leurs écoles pour tenter leur chance en Tanzanie. Une dizaine de cas ont déjà été signalés depuis janvier, selon des sources éducatives locales.

À Ngozi, dans la province Butanyerera, l’inquiétude grandit face à un mouvement inédit de jeunes filles quittant famille et école pour rejoindre la Tanzanie, espérant y trouver du travail. Depuis le début de l’année, au moins dix adolescentes se sont engagées dans cette aventure à hauts risques, d’après plusieurs sources éducatives.

Deux d’entre elles, élèves en 8ᵉ année à l’école fondamentale de Kinyami, ont été récemment ramenées dans leurs familles après avoir été interceptées à Kabanga, localité tanzanienne frontalière avec le Burundi. Parties en quête d’un emploi, les adolescentes avaient traversé jusqu’à Kobero, en commune Muyinga, avant d’être identifiées par les autorités.

La semaine dernière encore, deux autres jeunes filles de la même région ont pris la route de Kabanga dans des circonstances similaires. Leurs parents, inquiets de leur disparition, ont immédiatement alerté les éducateurs, espérant éviter que d’autres cas ne se reproduisent.

Face à cette tendance nouvelle, les responsables scolaires de Butanyerera alertent. Ils appellent la population à la vigilance et demandent la collaboration de toute personne pouvant avoir connaissance de ces déplacements clandestins pour prévenir d’éventuelles dérives. « Il faut informer les parents et signaler rapidement tout cas suspect », insistent les éducateurs, qui redoutent une multiplication de ces départs au détriment de la scolarisation des jeunes filles.

 

ECOFO Buhevyi : les cours perturbés par une enseignante engagée en politique

ECOFO Buhevyi : les cours perturbés par une enseignante engagée en politique

Par: Emmanuel Ndayishimiye

À l’École fondamentale Buhevyi, en commune Busoni (province Butanyerera), des parents d’élèves expriment leur exaspération. Ils accusent une enseignante de délaisser ses classes au profit d’activités politiques, perturbant ainsi la régularité des cours de sciences et de technologies.

Des parents d’élèves de l’École fondamentale (ECOFO) Buhevyi, en commune Busoni, montent au créneau. Ils reprochent à une enseignante de ne plus assurer convenablement ses cours, invoquant son engagement au sein du parti au pouvoir.

Selon leurs témoignages, Evelyne Manirabaruta, en charge des cours de sciences et de technologies pour les 6ᵉ et 9ᵉ années, s’absente  fréquemment depuis plusieurs semaines. Une situation jugée « préoccupante », car elle compromet la qualité de l’enseignement.

« C’est vraiment regrettable. Alors que le pays manque déjà d’enseignants, Mme Manirabaruta s’absente pour des activités politiques. Ses heures ont été confiées à un autre enseignant, déjà débordé. Il dépasse désormais les 33 heures hebdomadaires, alors que le maximum fixé est de 24 heures », déplore un parent d’élève.

Face à cette situation, les parents appellent la direction de l’école à réagir rapidement. Ils demandent le recrutement d’un enseignant vacataire pour assurer la continuité des cours, voire le remplacement définitif de l’enseignante si elle choisit de poursuivre ses engagements politiques.

« Nous sommes fatigués de cette situation. Si elle préfère s’engager en politique, qu’elle le fasse, mais qu’elle cède sa place à quelqu’un d’autre. L’éducation de nos enfants ne doit pas être sacrifiée », plaide un autre parent.

Interrogés à ce sujet, le directeur de l’ECOFO Buhevyi et le responsable communal de l’éducation à Busoni n’ont pas encore livré leur version des faits.

 

Nyanza-Lac : des enfants de rapatriés exclus de l’école après des années d’errance scolaire

Nyanza-Lac : des enfants de rapatriés exclus de l’école après des années d’errance scolaire

Par: Digne Karondo

Rapatriés de Tanzanie depuis fin 2025, des parents installés dans la commune de Nyanza-Lac dénoncent l’impossibilité d’inscrire leurs enfants à l’école. Faute de places, de moyens pour acheter les uniformes et face à la stigmatisation, ces enfants risquent de replonger dans l’errance scolaire qu’ils avaient déjà connue dans les camps de Nduta et Nyarugusu.

Là où la radio RPA a pu passer dans la commune de Nyanza, il a été constaté que les rapatriés font face à plusieurs difficultés, notamment celle liée à la scolarisation de leurs enfants. En effet, certains enfants n’ont toujours pas pu être accueillis dans les écoles depuis leur retour au pays, raconte une source locale.

« Ici à Nyanza, la situation est très difficile et les problèmes sont nombreux. Dans toutes les écoles où nous nous rendons pour inscrire nos enfants, on nous répond qu’il n’y a plus de places et qu’il faut aller chercher ailleurs. Mais partout où nous allons, la réponse reste la même, aucune place disponible. Pourtant, lors de notre rapatriement, on nous avait assuré que nos enfants seraient accueillis dans les écoles une fois de retour au pays », témoigne un parent.

Selon toujours cette source, les parents se disent très inquiets pour l’avenir de leurs enfants qui restent sans étudier. Une autre préoccupation soulevée est que même les rares enfants qui parviennent à obtenir une place à l’école sont parfois victimes de discrimination.

« Nos enfants risquent de se retrouver livrés à eux-mêmes, certains vont finir dans la rue ou errer dans les centres urbains. Nous nous interrogeons sur leur avenir scolaire : si l’on nous dit que les écoles sont déjà pleines pour cette année, alors quand ils pourront enfin étudier ? En Tanzanie, nos enfants avaient déjà été contraints d’abandonner l’école lorsque les établissements ont été fermés et laissés sans occupation. Aujourd’hui, on risque de revivre la même situation au Burundi. Également, nous sommes rentrés au pays sans moyens suffisants, nous sommes incapables d’acheter les uniformes scolaires exigés. Lorsque certains enfants parviennent à obtenir une place à l’école, ils sont souvent stigmatisés, pointés du doigt et qualifiés de “Nyarugusu” ou de “Nduta”, des termes utilisés pour se moquer d’eux et les critiquer », poursuit un autre parent.

Après avoir partagé ces difficultés avec certains représentants d’organisations internationales qui suivent leur situation, ces parents lancent un appel à toute personne de bonne volonté afin de soutenir leurs enfants. Ils demandent également que les élèves qui ont réussi à être inscrits à l’école ne soient pas renvoyés simplement parce qu’ils n’ont pas d’uniforme scolaire.

« Nous avons également soulevé ces préoccupations auprès des représentants des Nations unies et d’autres organisations qui assurent le suivi de notre situation. Ils viennent régulièrement organiser des réunions avec nous, mais jusqu’à présent nous avons l’impression qu’aucune solution concrète n’a encore été trouvée », déplorent-ils.

Rappelons que ces Burundais qui s’étaient réfugiés en Tanzanie ont commencé à être rapatriés en grand nombre depuis la fin de l’année 2025, dans le cadre du plan de fermeture progressive des camps de Nduta et de Nyarugusu.

 

Six mois de retard et coupure de prêt bourse : le calvaire des étudiants en psychologie

Six mois de retard et coupure de prêt bourse : le calvaire des étudiants en psychologie

Par: Digne Karondo

Les étudiants de troisième année en psychologie à l’Université du Burundi dénoncent un retard de plus de six mois dans la clôture officielle de leur année académique, ce qui a entraîné la suspension de leur prêt‑bourse et les plonge dans une grande précarité. Ils appellent les autorités académiques à accélérer la publication des résultats et à régulariser les mois de retard pour leur permettre de subvenir à leurs besoins essentiels.

En temps normal, ces étudiants de BAC3 de la faculté de psychologie, basée au campus de Kamenge, auraient dû terminer leur année académique en septembre 2025. Pourtant, à ce jour, ils n’ont toujours pas reçu les résultats des examens déjà passés, et l’année n’est pas officiellement clôturée. Or, une fois l’année académique close, le prêt‑bourse cesse automatiquement d’être versé, ce qui fait que, depuis plus de six mois, ces étudiants ne bénéficient plus d’aucun soutien financier.

Une étudiante explique que la plupart d’entre eux viennent de familles défavorisées, incapables de leur fournir les moyens nécessaires pour couvrir leurs besoins de base. « Normalement, nos études devaient durer trois ans, or plus de six mois se sont déjà écoulés au‑delà de ce délai. Durant toute cette période, nous vivons à Bujumbura sans aucune assistance, ne bénéficiant ni d’aide financière ni de prêt‑bourse, et survivant dans des conditions extrêmement précaires », témoigne‑t‑elle.

Cette situation a plongé de nombreux étudiants dans une misère profonde. L’un d’eux décrit un quotidien marqué par l’angoisse et le manque. « Cette situation nous étouffe profondément. Aujourd’hui, nous survivons au jour le jour, en nous demandant sans cesse comment nous allons passer la nuit, ce que nous allons manger et comment nous allons continuer à vivre. Nous manquons souvent de quoi nous nourrir, les dettes se sont accumulées de manière excessive, et nous nous retrouvons plongés dans une détresse extrême, confrontés à des difficultés de plus en plus insoutenables », raconte‑t‑il.

Les étudiants interpellent les autorités académiques, en particulier le doyen de la faculté de psychologie, afin que toutes les mesures nécessaires soient prises pour accélérer la finalisation de l’année académique, comme cela a été fait dans d’autres facultés de l’université. « Nous demandons avant tout que l’affichage des résultats soit accéléré, car un mois entier s’est déjà écoulé depuis la fin de la première session sans qu’aucune information nouvelle ne soit communiquée. Nous vivons ainsi dans l’incertitude totale, sans savoir quand cette situation prendra fin ni à quel moment elle sera régularisée », déplorent‑ils.

Ils sollicitent en outre que l’État leur accorde au moins le prêt‑bourse correspondant aux six mois de retard déjà accumulés, afin de pouvoir faire face à leurs besoins essentiels durant cette période prolongée d’attente.

Contacté à ce sujet, Nduwimana Melance, doyen de la faculté de psychologie à l’Université du Burundi, n’a pas pu être joint : son téléphone sonnait sans que personne ne décroche.

 

 

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