Pour le parti Uprona, le crime de disparitions forcées n’a pas été puni depuis la première république car les auteurs opéraient sous couvertures des pouvoirs en place. Selon Antoine Nduwayo, ancien premier ministre du Burundi‘’ ils ne pouvaient pas les poursuivre car, peut-être, ils y étaient pour quelque chose.’’
Ce dignitaire du parti Uprona, parti qui a gouverné le Burundi une trentaine d’années, reconnait aussi que ce crime a été commis sous le régime Uprona ‘’ En 1972, probablement ce crime a été commis mais sous Jean-Baptiste Bagaza et sous Pierre Buyoya, le crime n’a pas été commis’’, ajoute Antoine Nduwayo
Le parti Sahwanya Frodebu, parti qui a secondé l’Uprona à la tête du Burundi, justifie l'impunité sur les disparitions forcées par le fait qu'ils ont gouverné dans des moments très difficiles. ‘’La priorité était donnée à la stabilisation du pays’’, clarifie Léonce Ngendakumana, vice-président du Sahwanya-Frodebu
Les prétendants au pouvoir, eux, font savoir que le manque de volonté politique serait à l'origine de l'impunité des disparitions forcées.
Le parti MSD propose qu'il faut casser le cercle vicieux et enquêter sur toutes les disparitions forcées.
"Ce qui manque le plus est la volonté de le faire parce que les outils juridiques pour mettre fin à cette impunité existe, le MSD a cette volonté politique, il est conscient que la réhabilitation de la justice est la seule condition pour sortir définitivement le Burundi dans ce cycle de violence’’, explique Me François Nyamoya, SG du parti MSD
L’implication des hautes autorités dans des crimes, une des raisons de l’impunité
La société civile indique que quatre raisons s'imposent en faveur de l'impunité de ce crime qui se répète du jour au lendemain au Burundi entre autres la non-indépendance de la justice au Burundi et la complicité de hautes autorités du pays dans ce crime.
"Ce genre de crime sont commis par des puissants, il y a implication directe des gouvernements ou des agents du Gouvernement’’, fait savoir le Délégué Général du forum pour le renforcement de la société civile.
Vital Nshimirimana ajoute que ce genre de crime exige des moyens sophistiqués, les bourreaux s'arrangent à faire disparaitre toutes les traces ou semer la confusion quant à la disparition forcée et souvent une confusion est entretenue au sujet de la personne disparue qui est présentée soit comme vivante ou comme s'étant enrôlée dans des mouvements rebelles.
‘’Ensuite il y a le dysfonctionnement de l'appareil judiciaire qui n'a jamais été d'ailleurs indépendant pour pouvoir conduire des investigations sérieuses sur les disparitions forcées ‘’, déplore Me Vital Nshimirimana.
Enfin il y a le manque de vérité sur les crimes qui ont été commis au Burundi, des mécanismes de justice transitionnelle étaient attendues pour faire connaitre la vérité sur les crimes commis dans le passé et les bourreaux actuels sont encouragés par cette obscurité qui plane sur l'histoire du Burundi, termine Vital Nshimirimana, Délégué Général du FORSC