Exerçant à l’hôpital Sainte Thérèse de Bubanza, il avait été arrêté et mis en prison sur ordre de Richard Ndayisaba, le Procureur de la République dans cette province de l’Ouest du Burundi. Le Dr Ndanibenga est accusé de non-assistance à un malade transféré à cet hôpital depuis le centre de santé Ciya de la commune Musigati. Le personnel de l’hôpital qualifie cette accusation de non fondée, car le patient serait mort avant son entrée à l’hôpital.
Les enquêtes menaient par l’APRODH révèlent plutôt que le médecin était en conflit avec certains leaders du parti CNDD-FDD à Bubanza.
« Nous avons découverts que le médecin avait des litiges avec des responsables à la base du parti présidentiel. Le procureur a été sommé de sortir un mandat d’arrêt. A son arrestation, il a été interrogé puis directement conduit en prison », indique Pierre-Claver Mbonimpa président de l’APRODH.
D’après le président de l’APRODH, les accusations portées contre le médecin sont gratuites, d’autant plus que les magistrats s’inspirent de la volonté du parti au pouvoir.
« Le magistrat qui a instruit l’affaire devrait le faire sans penchant. Aujourd’hui, il n’y a pas de magistrat qui peut instruire une affaire contraire à la volonté du parti CNDD-FDD. Mais il est grand temps que les magistrats deviennent intègres car dans le futur ils devront rendre des comptes », ajoute Mbonimpa.
Le Dr Pascal Ndanibenga a été incarcéré le 6 Mars 2017 après avoir été auditionné par le substitut du procureur Jean-Marie Minani. Le veilleur de l’hôpital qui avait donné accès à l’ambulance qui amenait le patient avait été emprisonné, puis relâché par après. Deux autres employés de l’hôpital, ainsi que la religieuse qui assure l’administration de l’hôpital ont été également auditionnés et remis en liberté.