Semaine de deuil en mémoire du journaliste Jean Bigirimana
Le groupe de presse Iwacu a entamé un deuil d’une semaine, un mois après l’enlèvement de leur journaliste. Jean Bigirimana est porté disparu depuis le 22 Juillet 2016 après son arrestation par des agents du service des renseignements.
Le directeur d’Iwacu dit que cette semaine de mémoire et de deuil sera caractérisée par différentes activités, entre autre une pose de plaque en la mémoire du journaliste.
« Un mois après la disparition de notre confrère, il me semblait important de marquer cette date. Un mois sans nouvelle, c’est très long. Des fois, le doute, l’incertitude nous guette, parfois même le désespoir. Quand vous avez perdu quelqu’un sans toutefois avoir vu son corps, il est très difficile de faire son deuil», avoue Antoine Kaburahe directeur du Groupe de Presse Iwacu.
D’après lui, la semaine dédiée à Jean Bigirimana sera marquée par trois actions symboliques. La première sera de poser une plaque commémorative dans les enceintes du groupe de presse Iwacu ce Jeudi pour toujours se rappeler de Jean Bigirimana. Autre action, ce sera une plainte en justice : « on va porter plainte contre X auprès des juridictions burundaises, mais aussi dans les instances internationales et nos avocats conseils y travaillent », poursuit Antoine Kaburahe.
Le groupe de presse Iwacu a également lancé un appel au soutien à la famille de Jean Bigirimana sur leur site internet.
Jean Bigirimana a une épouse et deux jeunes enfants.
Toutefois, le directeur Antoine Kaburahe déclare ne pas baisser les bras et qu’ils vont continuer à faire des recherches, qu’un jour la vérité éclatera.
Parallèlement, l’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch appelle le gouvernement burundais à fournir plus d’efforts pour mettre à jour les circonstances dans lesquelles Jean Bigirimana a disparu : « aucune nouvelle de Bigirimana, on ne sait pas s’il est toujours en vie, s’il a été tué, où il se trouve. Nous demandons urgemment aux autorités burundaises d’intensifier leurs efforts pour savoir ce qui s’est passé », demande Carina Tertsakian, chargée des enquêtes au niveau Afrique pour le compte de HRW.
Human Rights Watch déplore également l’enterrement express des deux corps repêchés dans la rivière Mubarazi sans être identifiés : « Il n’y a pas eu vraiment d’efforts pour identifier ces corps. Les autorités doivent maintenant faire plus car on aurait dû les examiner avant de les enterrer. Mais c’est toujours possible d’exhumer les corps, de faire une expertise scientifique pour pouvoir établir qui sont réellement ces deux personnes. Si l’un deux est Jean Bigirimana que les enquêtes se poursuivent, et même si aucun d’eux n’est Jean Bigirimana, qui sont ces deux personnes ? Comment ils ont trouvé la mort ? Là aussi les enquêtes doivent avoir lieu, le gouvernement a le devoir d’enquêter » conclut Human Rights Watch.
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