Ce procès qualifié de flagrance par les juges concerne onze personnes, à majorité militants du FNL d'Agathon Rwasa. Il a débuté à 15 heures jeudi 30 mars 2017 pour prendre fin à 20 heures, au Tribunal de de Grande Instance de GITEGA.
Le jugement rendu par ce tribunal est une prison à perpétuité pour deux parmi les onze accusés qui sont Jean Paul HAKIZIMANA et Didace NSABIYUMVA.
Cinq autres militants FNL ont été condamnés à 20 ans de prison. Il s’agit de Jean Claude BIGIRIMNA, Gérard HAKIZIMNA, Damas NIBOGORA, Sylvère SIMBAGIJE et Jean MPERABANSI. Ils devront également dédommager la famille de 14 millions de francs. Les quatre dernies inculpés ont été acquittés par le tribunal.
Les condamnés ont vivement contesté ce jugement qu'ils qualifient d'injuste. « Ce procès en soi n'a rien d’un procès digne de ce nom, mais c'est plutôt un procès politique dont l'objet est d'écraser et étouffer les militants du FNL de NYARUSANGE ; comme ça se fait ailleurs dans le pays », ont-ils dénoncé.
Selon eux, ils n'ont aucune responsabilité dans le meurtre du vieux Jacques BUKOBERO ; ajoutant que les vrais bourreaux du défunt sont toujours libres. Les militants FNL pro-Rwasa ont demandé aux juges d’orienter les enquêtes sur les vrais coupables, et non sur des innocents qu'ils sont. Ils insistent sur le fait qu'ils sont victimes de leur appartenance politique au FNL. Jacques BUKOBERO, père d'un homme d'affaire nommé Vénérand NTIKAZOHERA, membre influent du parti au pouvoir CNDD-FDD, a été tué par grenade dans la nuit du 23 mars 2017. Les militants FNL ont été arrêtés à deux jours d’intervalle à leurs domiciles respectifs.
Les mêmes membres du parti FNL dénoncent aussi le ministère public, représenté dans ce procès par le Procureur de la République à GITEGA, pour avoir amené « de faux témoins à charge » constitués de deux imbonerakure de NYARUSANGE qui se sont joints aux policiers pour les traquer et les arrêter, ont précisé les accusés. Ces mêmes membres du FNL ont été condamnés moins d’une semaine après le meurtre de Jacques BUKOBERO.
Les avocats de la défense font savoir qu'ils vont bientôt interjeter appel, pour que la seconde juridiction puisse les acquitter.