Quand l’administration pénitentiaire fait payer les prisonniers
Par: Balthazar Miburo
Les prisonniers de la centrale de Mpimba à Bujumbura dénoncent la mesure de l’administration pénitentiaire leur imposant de financer eux-mêmes la réhabilitation des bâtiments endommagés par l’explosion survenue à la brigade logistique. Ils jugent cette décision injuste, estimant qu’un fonds public est déjà prévu pour ce type de travaux.
Les détenus de la prison centrale de Mpimba font entendre leur colère. Ils refusent la décision de l’administration qui exige de chaque cellule une cotisation pour remettre en état les quartiers endommagés à la suite de l’explosion de munitions survenue récemment dans le camp militaire voisin.
Selon les informations recueillies sur place, plusieurs parties de la prison ont été gravement touchées par cette déflagration, notamment les quartiers 1B, 3A, 3B et celui réservé aux mineurs. Des toitures arrachées, des murs fissurés et des lits détruits : l’explosion n’a laissé que des ruines dans certaines cellules.
Privés de tout soutien officiel, les prisonniers s’organisent comme ils peuvent. « Chaque cellule tente de rassembler un peu d’argent pour acheter des clous et des matériaux, puis faire appel à un détenu bricoleur pour réparer les dégâts », témoigne une source interne. Une solidarité contrainte mais loin de satisfaire les détenus, qui estiment que l’administration pénitentiaire se décharge injustement de ses responsabilités.
La mesure a ravivé les tensions dans l’établissement. Elle fait suite à un désaccord entre le représentant des détenus et le responsable des affaires sociales de la prison, ce dernier exigeant la collecte des fonds. Le représentant s’y est opposé, rappelant qu’un fonds public destiné à la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires existe déjà.
« Nous ne comprenons pas pourquoi on nous impose une telle charge, alors que ce fonds est censé servir à ces réparations », s’indignent plusieurs détenus. Ils appellent à la suspension immédiate de cette décision, arguant que leurs ressources sont déjà trop limitées pour couvrir leurs besoins essentiels, dans des conditions de vie précaires.
Contacté par la radio RPA, le directeur de la prison n’a pas souhaité répondre aux sollicitations.

