Les habitants de Gishubi dénoncent une pénurie aiguë de médicaments
Par: Nadège Irakoze
Une grave pénurie de médicaments frappe plusieurs centres de santé de la commune Gishubi, en province de Gitega. Les habitants se disent indignés de constater que certaines structures manquent même de produits médicaux de base comme le paracétamol. Ils appellent les autorités à agir rapidement pour rétablir l’approvisionnement et garantir leur droit à la santé.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la situation touche presque toutes les zones de la commune. Les centres de santé de Mahonda, Buraza, Butezi ou encore Buriza figurent parmi les plus affectés. « Il n’y a pratiquement plus de médicaments. Même le paracétamol, l’ibuprofène ou l’amoxicilline sont introuvables. Avant, on pouvait manquer certains produits pendant quelques jours, mais jamais à ce point », déplore un habitant de Gishubi.
Les soignants eux-mêmes se disent désemparés face à cette situation. « Nous ne savons plus quoi prescrire », confient-ils, soulignant que l’absence de médicaments compromet gravement la qualité des soins.
Faute de produits disponibles dans les centres publics, les patients sont contraints d’acheter eux-mêmes leurs traitements dans les pharmacies privées. Mais les prix y sont jugés exorbitants. « Un comprimé d’Albendazol coûte 1 500 francs, et les traitements contre la malaria atteignent jusqu’à 7 000 francs », explique un autre résident.
Cette situation inquiète la population, qui redoute de graves conséquences sanitaires. « Certains risquent d’acheter des médicaments périmés sur le marché parallèle, ou de recourir à l’automédication. Cela peut être dangereux pour leur santé », avertissent les habitants.
Ils lancent enfin un appel pressant au gouvernement pour qu’il assure un approvisionnement suffisant en médicaments dans tous les centres de santé de la commune. « Une population en mauvaise santé ne peut pas contribuer au développement durable du pays », rappellent-ils.

