Des réfugiés burundais de Nduta dénoncent des violences et des pressions au rapatriement forcé
Par: Davy-Claude Mbananayo
Des réfugiés burundais du camp de Nduta, en Tanzanie, dénoncent des violences et des pressions visant à les contraindre au retour forcé au Burundi. Dans une déclaration publiée le 20 avril 2026, ils appellent la communauté internationale à intervenir d’urgence pour assurer leur protection.
Les réfugiés burundais vivant dans le camp de Nduta affirment traverser une période particulièrement difficile, marquée par des persécutions qu’ils attribuent aux autorités tanzaniennes. Dans une déclaration rendue publique le 20 avril 2026, ils lancent un appel pressant à la communauté internationale afin qu’elle sorte de son silence et prenne des mesures pour protéger ces populations, censées bénéficier d’un refuge sécurisé.
Dans une lettre adressée aux autorités ainsi qu’aux organisations internationales, ces réfugiés décrivent une situation de grande détresse, caractérisée par la peur, la souffrance et un sentiment d’abandon. Ils affirment être victimes de violences et de mauvais traitements, dénonçant des conditions de vie qu’ils jugent incompatibles avec le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité.
Selon leurs témoignages, plusieurs réfugiés ont été battus, menacés et soumis à diverses formes de violences, notamment au cours du week-end dernier. Ils évoquent des agressions survenues samedi et dimanche, ayant fait plusieurs blessés, dans un contexte où, selon eux, leur sécurité n’est pas garantie.
Les réfugiés estiment que ces actes constituent des violations graves des instruments internationaux relatifs à la protection des droits humains et des réfugiés, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et le principe de non-refoulement, qui interdit tout retour forcé vers un pays où la vie ou la sécurité des personnes sont menacées.
Ils affirment également subir des pressions pour retourner au Burundi, pays qu’ils disent avoir fui en raison de violences et d’une insécurité persistante. Certains rapportent entendre régulièrement des injonctions telles que « Retournez chez vous ».
Ils appellent les Nations Unies, les organisations internationales, les défenseurs des droits humains ainsi que les États à intervenir de toute urgence. Ils demandent notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations dénoncées, la garantie qu’aucun réfugié ne sera renvoyé de force, ainsi que le rétablissement de conditions de vie conformes à leur statut.
« Nous vous en supplions, ne tardez pas. Pour beaucoup d’entre nous, demain pourrait être trop tard », concluent-ils, estimant que la communauté internationale ne devrait pas rester silencieuse face à des vies en danger dans un lieu censé offrir protection.
De son côté, le gouvernement tanzanien rejette les accusations d’expulsions forcées. Son porte-parole, Gerson Msigwa, a déclaré que les retours s’inscrivent dans le cadre d’un accord tripartite entre la Tanzanie, le Burundi et le HCR, affirmant que les personnes concernées se sont inscrites volontairement.
Du côté des autorités burundaises, les personnes en provenance de Tanzanie sont accueillies. Nestor Bimenyimana, responsable du service chargé du rapatriement des réfugiés au ministère de l’Intérieur, précise que la manière dont ils rentrent chez eux sera demandée à ceux qui leur ont offert un hébergement.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), s’exprimant sur la BBC, a fait part de ses préoccupations face aux informations faisant état de pressions exercées sur des réfugiés pour les contraindre à s’inscrire dans des centres de départ à Nduta. L’agence onusienne rappelle qu’elle ne soutient aucune forme de contrainte dans les opérations de rapatriement et insiste sur le fait que tout retour doit être volontaire, sécurisé et respectueux de la dignité des personnes concernées.

