Décès du ministre Gabby Bugaga à Bujumbura : le gouvernement évoque un accident, des sources contestent cette version
Par : Josiane Muzaneza
Le corps sans vie du ministre Gabby Bugaga, en charge de la communication et des médias, a été découvert ce jeudi 16 avril 2026 à Kivoga, en zone Rubirizi de la province de Bujumbura. Alors que le gouvernement a rapidement évoqué un accident, plusieurs témoins et sources locales contestant cette version et évoquent la piste d'un homicide, appelant à une enquête indépendante.
Le corps du ministre a été découvert tôt dans la matinée, et la nouvelle circulait déjà de manière discrète vers 6h30 avant d'être confirmée aux alentours de 8h. Selon des témoins, la scène ne correspondrait pas à celle d'un simple accident. Ils ont trouvé une portière côté conducteur initialement fermée, tandis que le corps du ministre a été retrouvé affalé côté passager, une jambe dépassant de la vitre. À l'arrivée des forces de police, cette jambe a été déplacée et posée au sol, tout en conservant la position générale du corps.
Des sources sur place indiquent également que le visage du ministre était fortement tuméfié et qu’il est devenu difficilement reconnaissable. Il présentait, selon les mêmes sources, une blessure importante au niveau du front, laissant penser à un choc avec un objet métallique. Toutefois, aucune trace de sang n’a été visible à l’intérieur du véhicule ni sur ses vêtements, à l’exception de quelques gouttes sur sa culotte. En revanche, une importante quantité de sang a été observée près d’un palmier à proximité du véhicule, soulevant des interrogations sur son origine.
Des habitants de la zone affirment que le véhicule était déjà stationné sur les lieux vers 3 heures du matin, selon des commerçants qui disent l’avoir aperçu à cette heure-là. Ils indiquent également que les forces de police ont bouclé la zone dès 5 heures. Ils s’étonnent par ailleurs de l’absence de vol, alors que le secteur est réputé pour être fréquenté par des voleurs. Selon ces mêmes sources, ni l’ordinateur du ministre, ni son sac contenant une importante somme d’argent, ni un million de francs se trouvant dans le coffre de la voiture n’auraient été touchés.
Des témoignages évoquent également la présence habituelle de membres des Imbonerakure effectuant des rondes nocturnes dans la zone, sans qu’aucun d’eux n’ait été aperçu cette nuit-là. Certaines sources estiment que le ministre aurait été tué ailleurs avant que son corps ne soit déposé dans le véhicule afin de simuler un accident de la route. Elles signalent également l’absence de la plaque d’immatriculation arrière du véhicule, qui n’a pas été retrouvée sur les lieux.
Selon des informations recueillies sur place, plusieurs autorités se sont rendues sur les lieux aux alentours de 8h15, parmi lesquelles le ministre de la Justice, celui de l’Intérieur et de la Sécurité publique, des membres de la CNIDH, le responsable provincial des Imbonerakure ainsi que le chargé des renseignements au sein du CNDD-FDD. Toutefois, aucune communication officielle n’a été immédiatement publiée sur les circonstances du décès, contrairement aux pratiques habituelles. Un communiqué du gouvernement publié vers midi a finalement évoqué un accident de la circulation.
Nos sources appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante et approfondie afin de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort du ministre Gabby Bugaga.

