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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Tensions à Nduta : des réfugiés burundais dénoncent une pression accrue et un processus de rapatriement forcé en cours

Par: Génèrose Niyonkuru

La situation des réfugiés burundais du camp de Nduta, en Tanzanie, s’est fortement tendue mercredi et jeudi, dans un contexte de pression accrue des autorités tanzaniennes et burundaises et de mise en œuvre progressive de mesures de rapatriement forcé, sur fond d’incidents impliquant des forces de sécurité et des responsables du camp.

Mercredi 15 avril, selon des témoignages recueillis sur place, des policiers appelés par le responsable du camp, Samuel Kuyi, se sont rendus dans la zone dite « Departure » avec l’intention d’ouvrir le feu sur des réfugiés qui s’y trouvaient. Le personnel du HCR, alerté par la situation, a quitté précipitamment son bureau avant de contacter sa hiérarchie. Un responsable, Henock, est ensuite intervenu en urgence depuis Kibondo et a demandé l’arrêt de l’opération, estimant qu’elle ne correspondait pas aux procédures convenues. Les policiers ont finalement quitté les lieux sans que les tirs ne soient exécutés, sans qu’il soit possible d’établir clairement l’origine de l’ordre initial.

Dans la foulée, la pression sur les réfugiés s’est poursuivie, notamment à travers des tentatives de les contraindre à l’enregistrement, alimentant un climat de peur. Selon nos sources, des agents du service national de renseignement venus de Dar es Salaam ont passé la nuit dans la zone de Departure, tandis que des membres de la jeunesse du parti CCM étaient également présents sur place.

Jeudi 16 avril, Sudi Mwakibasi, responsable du département des réfugiés au ministère tanzanien de l’Intérieur, s’est rendu au camp accompagné d’autres responsables, en présence également de la représentante du HCR en Tanzanie, Barbara. Lors d’une réunion, il a affirmé que « de gré ou de force, aucun réfugié burundais ne restera dans ce camp d’ici mardi prochain », quelle que soit la situation d’enregistrement. Cette position n’a pas été modifiée malgré des échanges en privé avec la représentante du HCR.

Sur place, les réfugiés affirment vivre dans la crainte de représailles en cas de retour au Burundi, tandis que les opérations de pression et de déplacement vers un retour forcé sont déjà en cours. Ils disent ne pas pouvoir quitter certaines zones du camp en raison de la présence de groupes armés locaux, évoquant notamment les Banamugambo et des Baha armés de lances. Selon eux, seule la zone de Departure reste actuellement sous protection des forces de sécurité tanzaniennes. Ils lancent un appel à l’aide, affirmant que « nous ne pouvons pas retourner au Burundi car nous serons tués », et décrivent une situation qu’ils assimilent à une mise en œuvre effective de leur rapatriement forcé.

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