À Baraka, des soldats burundais en mission dénoncent des conditions de vie indignes
Par: Inès Gakiza
Privés depuis sept mois de leur allocation mensuelle, des militaires burundais déployés dans le Sud-Kivu affirment vivre dans une grande précarité. Leurs uniformes en lambeaux et le manque d’hygiène sur le terrain ternissent l’image de l’armée burundaise en mission en République démocratique du Congo.
À Baraka, dans le Sud-Kivu, des soldats burundais engagés dans la mission conjointe de sécurisation dénoncent la dégradation de leurs conditions de vie. Ces militaires affirment n’avoir plus perçu, depuis juillet dernier, la prime mensuelle de 50 dollars censée leur permettre de subvenir à leurs besoins essentiels : achat de savon, sous-vêtements, chaussettes ou services d’hygiène.
« Nous sommes pleins de poux. Le soldat burundais fait pitié, personne n’aimerait le voir », confie l’un d’eux sous couvert d’anonymat. D’autres témoignages évoquent un moral en baisse et un profond sentiment d’abandon. Nombre de soldats portent encore des uniformes distribués au moment de leur formation au Burundi, en 2023 ou 2024. Après plus de deux ans passés sur le terrain, ces tenues sont désormais usées jusqu’à la corde.
« Nous faisons honte, nos vêtements ne se ressemblent même plus. Parfois, nos supérieurs nous interdisent de sortir du camp pour éviter les moqueries des congolais », rapporte notre source. Selon des témoignages, l’apparence de certains soldats les fait passer pour des combattants de groupes armés, et pas pour des éléments d’une armée régulière.
Les militaires réclament donc la reprise du versement de leur indemnité ainsi que la fourniture de nouveaux uniformes mieux adaptés aux conditions climatiques rigoureuses des forêts congolaises.
Interrogé à ce sujet, le porte-parole de l’armée burundaise, le général Gaspard Baratuza, reconnaît le retard dans le paiement de cette allocation et assure ces militaires « qu'ils recevront prochainement leur argent ». En revanche, il réfute les affirmations concernant les uniformes : « L’armée burundaise ne peut pas laisser ses hommes être confondus avec des combattants armés. Le commandement sur place veille à cela ».
Quant à la demande de relève exprimée par certains soldats fatigués par la longueur du déploiement, le général Baratuza reste ferme : « La relève n’est pas une affaire de soldats. Aucun militaire bien formé ne devrait poser ce type de question tant qu’il est en mission ».

