Une gratuité scolaire chèrement payée

La gratuité scolaire n’aura existé que sur papier, du moins dans les différentes écoles fondamentales du Burundi. Et pour cause, en dépit de la mesure y relative prise par le gouvernement, certains directeurs continuent à collecter des frais scolaires qu’ils maquillent en frais de fonctionnement pour différentes activités de ces écoles.

Les directeurs d’écoles donnent différentes appellations à ces frais scolaires, et ce selon l’envie du moment. Tantôt ils disent que ce sont des frais destinés à l’achat des bancs pupitres, tantôt ils collectent l’argent soi-disant destiné à la construction d’un tel ou tel hangar ou salle de classe. Des fois, ils disent que cet argent exigé aux parents leur permettra de payer les professeurs vacataires et les veilleurs.

Mais, selon le journal voix de l’enseignant, cet argent est de loin supérieur au minerval que les parents payaient avant la mesure de gratuité scolaire, il y a de cela 15 ans. D’où les lamentations des parents.

Pire encore, lit-on toujours dans le même journal, certains directeurs font encore illégalement payer aux parents les frais d’inscription de leurs enfants. L’exemple le plus illustratif est celui de l’école fondamentale de Ruziba où chaque nouveau élève est obligé de payer une somme de 21 mille francs burundais pour l’inscription.

Même chose pour les parents qui viennent demander une place pour leurs enfants recalés. Ces places, révèlent certains enseignants, se monnaient à raison de 21.000 francs burundais. Et, pour ceux qui désirent changer d’établissement, ils doivent ajouter une somme de 14.000 francs burundais, montant exigé pour avoir une paire d’uniformes.

Un des parents de la ville de Bujumbura a révélé au journal La voix de l’enseignant  qu’il a dû s’exécuter pour ne pas perdre toute chance de voir son enfant poursuivre ses études. Cette situation, souligne le même journal, est devenue une routine, surtout au moment de la rentrée scolaire. Une pratique qui se fait au vu et au su des autorités. D’où ces enseignants demandent aux personnes habilités et au ministère de tutelle de veiller à ce que cette mesure de gratuité scolaire soit scrupuleusement respectée au risque d’être confronté à une montée d’abandons scolaires, surtout que les sommes exigées ne sont pas à la portée de tous les parents.