"On a pu le constater partout, les disparitions forcées sont utilisées pour réduire les opposants au silence. Ils répandent la peur, la terreur au sein de la population. Car si une personne proche de quelqu'un disparait ça terrorise toute la famille."
Pour Nina Walch, chargée de la campagne au sein d’amnistie internationale France, le scenario est presque toujours le même pour maquiller ces crimes.
"On voit toujours qu'il y'a un scénario pareil un peu partout, c'est à dire que la personne va être arrêtée et ensuite est victime de disparitions forcées . Les auteurs ne vont jamais comparaitre devant un tribunal car leur crime ou leur détention ne figure jamais sur le registre officiel. Et une fois que ces victimes sont sorties du champ public, elles sont torturées ou tuées en détention. Il faut donc dire que pour leurs familles c'est un véritable cauchemar car ils ne savent pas si le membre de leurs familles est mort ou vivant”.
Ces disparitions peuvent durer longtemps, des mois voire des années. Cette chargée de compagne à Amnestie internationale fait savoir aussi que les responsables de ces disparitions forcées agissent dans une impunité totale .
La pression internationale comme remède à ce genre de crime.
Nina Walch propose des solutions pour remédier à cette impunité et ainsi soulager les familles des disparus.
“Permettre aux observateurs internationaux de visiter les centres de détention pour contrôler la situation des détenus.Faire pression sur tous ces gouvernements qui utilisent la disparition forcée pour qu'ils donnent les noms des victimes de ces disparitions. Il faut surtout lutter contre cette impunité car sans cela, il y a des familles qui ne vont pas avancer dans leurs vies”, propose Nina Walch d’Amnestie Internationale France.
Disparitions forcées, crime commis depuis l’indépendance du Burundi
En 1960, 1972, 1993, des milliers de burundais ont disparus. “Aujourd’hui c’est malheureusement devenu une pratique étatique généralisée “, annonce l’historien et chercheur David Gakunzi.
Pour ce chercheur, l’indispensable pour pouvoir éradiquer ce crime au Burundi, est de comprendre la mécanique et pas de criminaliser les uns ou les autres. “Il faut combattre les logiques et pratiques totalitaires des régimes et refuser les idéologies qui essentialisent le mal dans l’autre qui n’est pas de son parti ou de son ethnie”, explique l’historien.
Changer uniquement de tete qui dirige le Burundi ne parviendra pas à supprimer le crime des disparitions forcées au Burundi, ajoute David Gakunzi