Rugombo : les habitants dénoncent des contributions forcées attribuées aux « Bene Samurarwa »
Par: Josiane Muzaneza
Les habitants de la zone de Rugombo, dans la commune de Cibitoke, en province de Bujumbura, dénoncent les contributions incessantes qui, selon eux, leur sont imposées par un groupe dénommé « Bene Samurarwa », affilié au parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Ils affirment que des sommes d’argent sont collectées sans qu’aucun reçu ne soit délivré et demandent la fin de ces pratiques, dans un contexte de précarité grandissante.
Selon les témoignages recueillis, les « Bene Samurarwa », expression qui signifie approximativement « les héritiers », sont présents sur différentes collines de la zone de Rugombo. Les habitants les présentent comme un groupe influent, affilié au parti CNDD-FDD et disposant d’une organisation leur permettant de collecter de l’argent auprès de différentes catégories de la population.
« Les Samurarwa sont très influents. Ils collectent des fonds au vu et au su de tout le monde. Les marchés, les boutiques, les pharmacies, personne n’est épargnée. Pour les boutiques et les kiosques, le montant exigé est compris entre 20 000 et 30 000 francs burundais », témoigne un habitant de la zone de Rugombo.
Notre source affirme que ce groupe travaille avec des responsables administratifs locaux et des cadres du CNDD-FDD pour imposer ces contributions. Dans les marchés, les commerçants sont regroupés au sein de différentes coopératives, notamment les vendeurs de poissons, de ndagala, de tomates, d’oignons et de choux.
« Dans notre marché, il y a des vendeurs de poissons, de ndagala, de tomates, d’oignons, de choux, etc. Et tout ce monde a sa coopérative d’appartenance. Alors, ces Samurarwa, aidés par les responsables du parti CNDD-FDD, fixent un montant à collecter et donnent l’injonction aux chefs des coopératives qui vont, à leur tour, informer leurs affiliés du montant que doit payer chacun. Et tout l’argent collecté est remis au représentant de ces Samurarwa », explique la même source.
Les habitants s’interrogent sur la destination de cet argent, affirmant qu’aucune quittance n’est remise aux personnes qui s’acquittent de ces contributions. Selon eux, ceux qui demandent une preuve de paiement s’exposeraient à des violences et risqueraient également la fermeture de leurs commerces.
Les habitants de Rugombo demandent au président Évariste Ndayishimiye d’ordonner la cessation de ces pratiques qu’ils qualifient de vol, d’autant plus, soulignent-ils, que les membres de ce groupe se présentent comme étant dévoués au chef de l’État.

