Centre neuropsychiatrique de Kamenge : des patients dénoncent deux mois sans médicaments
Par: Walter Kwizera
Les patients souffrant de troubles mentaux pris en charge au Centre neuropsychiatrique de Kamenge, dans la commune de Ntahangwa, plus connu sous le nom de « chez Le Gentil », dénoncent une pénurie de médicaments qui dure depuis deux mois. Ils affirment ne plus bénéficier de l’assistance médicale auparavant assurée par le ministère de la Solidarité, aujourd’hui fusionné avec le ministère de la Justice, et demandent au gouvernement d’intervenir face à la dégradation de leur état de santé.
Depuis deux mois, les patients souffrant de troubles mentaux soignés au Centre neuropsychiatrique de Kamenge ne reçoivent plus certains médicaments qui leur sont prescrits, notamment l’Hardol décanoate, l’Hardol en comprimés et d’autres traitements couramment utilisés dans leur prise en charge.
Selon les patients, ces médicaments étaient auparavant financés par le ministère de la Solidarité, qui assurait leur prise en charge médicale. Depuis la fusion de ce ministère avec celui de la Justice, cette assistance a cessé, laissant de nombreux patients sans traitement.
Les personnes concernées déplorent également les délais auxquels elles sont confrontées lorsqu’elles sollicitent une aide auprès des autorités. Elles affirment être régulièrement invitées à attendre, sans qu’une solution concrète ne soit apportée à leur situation.
« Nous, patients du CNPK chez Le Gentil, sommes profondément attristés par le traitement que nous réserve le gouvernement. Les médicaments sont indisponibles et, lorsque nous demandons de l’aide, on nous répète sans cesse d’attendre. Combien de temps allons-nous encore attendre, d’autant plus que la maladie survient sans aucun avertissement ? », déplorent-ils.
L’absence de traitement a déjà entraîné une aggravation de l’état de santé de plusieurs patients. Certains expliquent également ne pas avoir les moyens financiers nécessaires pour se rendre régulièrement à l’hôpital, en raison du coût des soins et de leur situation de précarité.
Les patients indiquent notamment qu’une caution de 250 000 francs burundais est exigée pour être admis à l’hôpital, une somme qu’ils disent être incapables de réunir.
« Pour être admis à l’hôpital, il faut verser une caution de 250 000 francs burundais. Sans ce paiement, les soins sont refusés. Or, nous sommes nombreux. Nous demandons au gouvernement de prendre en main cette situation et de soigner les plus démunis, car cette maladie exige d’importantes ressources et survient de manière imprévisible », témoignent-ils.
Des employés du Centre neuropsychiatrique de Kamenge confirment l’existence de cette pénurie de médicaments. Selon ces sources, la situation est liée à l’arrêt du financement auparavant assuré par le ministère de la Solidarité pour la prise en charge de ces patients.
Ces mêmes sources affirment que le ministère est informé des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes souffrant de troubles mentaux, mais qu’aucune communication officielle n’a, jusqu’à présent, été faite sur cette situation.
Les patients demandent au gouvernement de prendre des mesures afin de rétablir leur prise en charge médicale, alors que le nombre de personnes nécessitant des soins au Centre neuropsychiatrique de Kamenge continue d’augmenter.

