Burundi : le salut au drapeau et l’hymne national deviennent obligatoires dans toutes les écoles
Par: Davy-Claude Mbananayo
Le salut au drapeau national et l’exécution de l’hymne national sont désormais obligatoires dans toutes les écoles fondamentales et post-fondamentales du Burundi. La mesure a été annoncée dans une correspondance du ministère en charge de l’Éducation adressée aux directions provinciales de l’enseignement. Elle vise, selon les autorités, à renforcer le patriotisme et la cohésion nationale chez les élèves.
Désormais, le salut au drapeau national ainsi que l’exécution de l’hymne national deviennent obligatoires chaque matin dans toutes les écoles fondamentales et post-fondamentales du pays, avant le début des cours. La décision est contenue dans une correspondance datée du 29 mai, adressée par le ministre ayant l’Éducation dans ses attributions aux directeurs de l’Éducation provinciaux à travers toutes les provinces.
Cette mesure intervient après plusieurs années durant lesquelles la pratique du salut au drapeau national avait cessé dans les établissements scolaires, à la suite de l’arrivée au pouvoir du parti CNDD-FDD.
Dans cette correspondance, le ministre François Havyarimana demande aux responsables de l’éducation dans les provinces d’informer les directions des écoles publiques et privées que le salut au drapeau et l’hymne national constituent une obligation quotidienne. Il souligne que certaines écoles ne donnent plus d’importance à cette pratique.
Selon lui, cette mesure symbolise le respect dû à la nation, renforce l’unité des citoyens et le sentiment d’appartenance au pays. Elle contribue également à inculquer aux enfants et aux jeunes l’amour de la patrie, les valeurs civiques ainsi que le respect des symboles de l’indépendance nationale. Elle permet aussi de rappeler l’histoire du pays et le sacrifice des combattants pour la souveraineté et la stabilité du Burundi.
Le ministre estime que cette pratique doit être respectée dans toutes les écoles afin de promouvoir une éducation axée sur le patriotisme et la formation de jeunes conscients de leur rôle dans le développement du pays.
En 2008, cette pratique avait été suspendue par le CNDD-FDD, au motif qu’elle faisait perdre du temps au début des cours et que la descente du drapeau n’offrait pas une image appropriée, le drapeau devant rester hissé en permanence.
Ce n’est pas la première fois que cette décision est prise. En 2018, après une décennie sans salut au drapeau dans les écoles, la ministre de l’Éducation de l’époque, Janvière Ndirahisha, avait déjà ordonné sa réintroduction.
Réagissant à cette mesure, Eulalie Nibizi, ancienne présidente du Syndicat des travailleurs de l’enseignement du Burundi (STEB), salue la décision du ministère. Elle estime qu’elle contribuera à renforcer chez les enfants le sentiment patriotique et l’amour de la patrie dès le jeune âge, tout en permettant une meilleure mémorisation de l’hymne national.
Selon Daniel Ngendakumana, lauréat de l’Itorero Burundi, cette mesure permettra également aux élèves de mieux comprendre l’histoire du Burundi et de se sentir appartenir à une même nation.

