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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Incendie au marché central de Ngozi : un mort et d'importants dégâts matériels

Par: Emmanuel Ndayishimiye

Une personne a perdu la vie et une grande partie du marché central de Ngozi, en province de Butanyerera, a été détruite par un incendie survenu dans la nuit de ce jeudi. Les causes exactes du sinistre restent inconnues. Les commerçants, dont la majorité n'était pas assurée, sont aujourd'hui plongés dans le désarroi face à l'ampleur des pertes.

L'incendie s'est déclaré vers 20 heures, dans la nuit de ce jeudi 9 juillet, au marché central de Ngozi. Le feu a pris naissance dans la partie située au-dessus du parking, où sont vendus notamment des vêtements, des chaussures, des produits cosmétiques, des boissons et diverses autres marchandises. Il s'est ensuite rapidement propagé vers le milieu du marché, en direction de l'endroit communément appelé BATA.

Au cours du sinistre, un commerçant a perdu la vie alors qu'il tentait de sauver ses marchandises. Selon des témoins, cet homme, nommé John, a essayé de récupérer les biens qui se trouvaient dans son magasin. En voyant que les flammes allaient tout consumer, il a pris la fuite avant d'être victime d'un malaise cardiaque. Souffrant déjà d'hypertension, il a été transporté à l'hôpital où il est décédé. D'autres personnes ont également été blessées lors de l'incendie et sont hospitalisées.

Selon les premiers témoignages, le camion de lutte contre les incendies venu de Kobero, en commune de Muyinga, est arrivé environ deux heures après le début du sinistre. Les témoins affirment qu'il ne disposait pas de suffisamment d'eau et qu'il était trop petit et vétuste pour faire face à la rapidité avec laquelle les flammes se propageaient. L'incendie a continué de ravager le marché jusqu'aux environs de 9 heures, ce vendredi 10 juillet.

Les commerçants dénoncent l'insuffisance des moyens déployés pour combattre les flammes. « Les pertes sont énormes, vraiment énormes. Personne ne peut dire qu'il a réussi à sauver ses biens. Pour la plupart des commerçants, tout est parti en fumée sous leurs yeux. Le camion de lutte contre les incendies que j'ai vu était très petit. Il passait son temps à aller chercher de l'eau et mettait environ 30 minutes à chaque aller-retour. À quoi pouvait donc servir un tel camion, alors que tout le monde sait que le marché de Ngozi est très vaste », témoigne un commerçant.

À l'heure actuelle, les commerçants restent consternés par l'ampleur des dégâts. Selon eux, environ 80 % du marché central de Ngozi ont été détruits par les flammes. Seul un immeuble à étages situé devant la banque BCB est resté debout, tandis que les kiosques et les structures métalliques du milieu du marché ont été entièrement consumés.

« Tous les kiosques situés au milieu du marché ont brûlé. Devant BATA, tout a été entièrement brûlé. Il ne reste absolument rien. Les structures métalliques ont brûlé, les tôles ont brûlé. On ne voit plus que deux ou trois poteaux encore debout, mais toutes les marchandises qui se trouvaient à l'intérieur sont parties en fumée. Tous les commerçants qui vendaient des vêtements ont tout perdu. Même la zone située devant le parking est complètement incendiée : il n'y reste plus rien », explique un autre témoin.

Jusqu'à présent, personne ne connaît encore l'ampleur exacte des pertes matérielles ni l'origine de l'incendie. Les commerçants estiment toutefois que le marché devra être entièrement reconstruit.

Le marché central de Ngozi était devenu un important centre d'approvisionnement, fréquenté par des commerçants venus de toutes les provinces du Burundi ainsi que de la République démocratique du Congo, qui s'y procuraient des marchandises importées de Tanzanie, du Kenya, d'Ouganda et surtout de Chine.

La colère est particulièrement vive chez les commerçants qui avaient constitué leurs stocks grâce à des prêts bancaires. Le marché central de Ngozi comptait 1 400 emplacements commerciaux. Parmi plus de 1 000 commerçants qui y exerçaient leurs activités, seule une centaine avaient assuré leurs marchandises auprès de compagnies d'assurance. Il s'agit du troisième incendie qui ravage ce marché depuis 2005.

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