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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Disparitions forcées : le FOCODE dénonce la persistance du phénomène sous Évariste Ndayishimiye

Par: Rédaction

À la veille de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, célébrée ce dimanche 30 août, le Forum pour la conscience et le développement, FOCODE, alerte sur la persistance des disparitions forcées sous le régime du président Évariste Ndayishimiye. L’organisation s’est exprimée samedi 29 août à Liège, en Belgique, lors d’une rencontre marquant les dix ans de la campagne « Ndondeza », consacrée au suivi des personnes arrêtées puis portées disparues.

Selon Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE, les données recueillies par son organisation, la Ligue ITEKA et King Umurundi Freedom montrent une hausse des violations des droits humains, notamment des cas de disparitions forcées, depuis l’arrivée au pouvoir d’Évariste Ndayishimiye. Il parle d’une trahison des engagements pris lors de la campagne présidentielle de 2020, au cours de laquelle le chef de l’État avait promis d’améliorer la situation des droits humains et de poursuivre les auteurs de violations.

Pacifique Nininahazwe dénonce notamment l’impunité entourant ces affaires. Il affirme que certains services qui, selon lui, n’étaient pas habilités à arrêter des civils ont été impliqués dans des enlèvements suivis de disparitions forcées. Il cite en particulier le renseignement militaire, auquel il attribue un rôle important dans plusieurs cas depuis 2021 et dont l’implication se poursuit actuellement.

Le président du FOCODE fait également part de ses inquiétudes face à la multiplication des cas de disparitions forcées à l’approche des élections de 2027, dans un contexte marqué, selon lui, par le renforcement des mouvements rebelles burundais.

De son côté, le président de l’Aprodh, Pierre Claver Mbonimpa, a établi une comparaison entre les différents régimes qui se sont succédé au Burundi depuis l’indépendance. Il reconnaît que les disparitions forcées ont existé sous certains régimes précédents, mais estime qu’elles intervenaient principalement pendant les périodes de crise. Il considère que la situation est différente depuis 2015, sous le régime du CNDD-FDD, où les enlèvements et disparitions forcées sont devenus, selon lui, des pratiques récurrentes, sans période d’accalmie.

Les familles des victimes disent également continuer à vivre dans la douleur. Béatrice Nibogora, vice-présidente de l’organisation « Abacu bari he ? », qui regroupe des familles de personnes portées disparues, estime que les activités organisées par le FOCODE constituent l’un des rares espaces où ces familles peuvent faire leur deuil et exprimer leur souffrance. Elle déplore l’impossibilité, selon elle, pour certaines familles de rendre hommage à leurs proches, d’organiser leur deuil ou même d’obtenir des informations sur des personnes enlevées ou arrêtées par les services de renseignement. Elle appelle ainsi le président Évariste Ndayishimiye et les autorités burundaises à prendre des mesures pour mettre fin à une situation qui, selon elle, affecte profondément les familles des victimes sur les plans psychologique et émotionnel.

Le représentant de l’organisation Cavib s’est, quant à lui, penché sur les mécanismes internationaux pouvant être saisis dans les affaires de disparitions forcées. Il a évoqué la possibilité de recourir à ces mécanismes pour que les hauts responsables impliqués puissent être sanctionnés. Selon lui, le Burundi a besoin d’une véritable justice capable de poursuivre tous les auteurs de ces crimes et de mettre un terme à la répétition de ces disparitions.

 

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