Cishemere, camp surpeuplé : le choléra emporte 29 réfugiés en deux semaines
Par: Innocent Valentin Singirankabo
En seulement deux semaines, 29 réfugiés congolais, dont de nombreux enfants, ont succombé au choléra dans le camp temporaire surpeuplé de Cishemere, à Cibitoke (province Bujumbura). L’insalubrité extrême, les latrines défaillantes et la surpopulation y créent un foyer épidémique incontrôlable. Les rescapés lancent un appel désespéré au HCR pour des mesures urgentes.
Conçu pour accueillir 1 000 personnes, le site de Cishemere abrite aujourd’hui 8 000 réfugiés fuyant les violences en RDC. Cette densité inhumaine a saturé les infrastructures : latrines en ruine, ordures à ciel ouvert et tentes plantées à quelques mètres des fosses septiques.
« Tout vient de ces ordures. Il faudrait nettoyer les toilettes, enlever les déchets. Regardez : quelqu’un a monté sa tente entre les latrines et la décharge. On mange en face des toilettes, avec la saleté partout. Comment éviter la maladie ? » Témoigne une réfugiée interrogée par la RPA.
Les réfugiés demandent au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de multiplier les installations sanitaires.
À l’infirmerie du camp, le tableau est accablant. Dans une seule pièce, plus de 50 enfants sont entassés sur des lits occupés à trois ou quatre. Diarrhées aiguës et déshydratation sévissent. Une autre salle regroupe 35 adultes, hommes et femmes confondus.
Les médecins, submergés, renvoient les cas graves vers les hôpitaux de Cibitoke. Selon les registres du site, 29 décès ont été enregistrés en deux semaines, tous attribués au choléra.
Initialement prévu pour un hébergement provisoire, Cishemere devait acheminer les réfugiés vers le camp de Busuma. Mais la saturation de ce dernier a stoppé les transferts, aggravant la crise sanitaire.
Les autorités locales et le HCR sont appelés à intervenir d’urgence pour évacuer, assainir et reloger ces populations vulnérables avant une extension de l’épidémie.

