Camp de Nyarugusu : des réfugiés burundais dénoncent des violences liées au rapatriement
Par: Génèrose Niyonkuru
La vie devient de plus en plus difficile pour les réfugiés burundais vivant dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie, depuis l’annonce par les autorités tanzaniennes d’une mesure les obligeant à s’enregistrer pour un retour qu’ils jugent forcé au Burundi. Des réfugiés affirment avoir été battus ces derniers jours sans même avoir été interrogés sur les raisons de leur non-enregistrement. Certains dénoncent également la destruction des quelques biens qui leur restent.
Depuis l’annonce, au cours de ce mois de mai, de cette mesure imposant aux réfugiés burundais de s’enregistrer pour être rapatriés au Burundi, des policiers et des responsables du camp multiplient les descentes dans différents quartiers occupés par les Burundais. Selon des témoignages recueillis sur place, toute personne trouvée sans preuve d’enregistrement est battue sans explication.
Un réfugié actuellement alité après les coups reçus témoigne : « Je n’oublierai jamais ce qui nous est arrivé. J’ai été frappé et violemment maltraité. Même maintenant, je ne peux pas me tenir correctement. Je ne peux plus sortir dehors. Ils m’ont battu le 23, un samedi. Toute ma famille a été frappée, pas seulement moi. Beaucoup de personnes ont été agressées et gardent de graves séquelles. Même leurs panneaux solaires ont été détruits. »
Un autre réfugié gravement tabassé dans ce camp est connu sous le nom de Kohoye. Selon une source sur place, cet homme a éprouvé d’énormes difficultés à recevoir des soins après les violences subies. « Il a été sérieusement battu. Ses épaules ont été gravement touchées. Les coups étaient tellement violents qu’il a des blessures. Il n’a pas pu aller à l’hôpital parce qu’on lui disait que les Burundais devaient simplement rentrer chez eux. Il a seulement réussi à acheter des pommades et des antidouleurs dans une pharmacie. Quand ils vous trouvent en train de préparer vos bagages, ils vous accusent d’avoir tardé à vous enregistrer et ils commencent immédiatement à vous frapper », raconte cette source.
Les réfugiés burundais de Nyarugusu continuent d’implorer l’aide de la communauté internationale afin de mettre fin à ces persécutions. « Je voudrais poser une question : est-ce que les dirigeants de l’ONU et les organisations de défense des droits humains entendent réellement nos cris de détresse ? Est-ce que ces informations leur parviennent ? Ou bien notre souffrance reste-t-elle ignorée ? Pour moi, ce que nous vivons ici en Tanzanie n’est encore jamais arrivé à d’autres gens », déplore un réfugié.
Le gouvernement tanzanien prévoit de fermer, à la fin du mois de juin, la partie du camp de Nyarugusu qui abrite les réfugiés burundais.

