Burundi : des mesures proposées à la présidence pour les partis politiques en échange de leur soutien en 2027
Par: Bob Rugurika et Janvier Nininahazwe
Des réunions organisées au bureau du président de la République, Évariste Ndayishimiye, autour des revendications formulées par plusieurs partis politiques sur la préparation des élections présidentielles de 2027, ont débouché sur une série de propositions en faveur des formations appelées à accompagner le CNDD-FDD durant le processus électoral.
Au début du mois de mai, cinq partis politiques, à savoir UPRONA dirigé par Olivier Nkurunziza, CNL dirigé par Nestor Girukwishaka, CODEBU dirigé par Nibizi Keffa, CDP dirigé par Anicet Niyonkuru et FRODEBU dirigé par Patrick Nkurunziza, ont adressé une correspondance au président Évariste Ndayishimiye pour demander l’organisation d’un cadre de dialogue autour de la préparation des élections présidentielles de 2027.
En réponse, le président du Forum des partis politiques avait convoqué, le 7 mai, l’ensemble des partis agréés ainsi que certaines organisations de la société civile afin de discuter de cette question. Mais les cinq partis signataires ont quitté la réunion, estimant que leurs préoccupations ne pouvaient pas être examinées dans ce cadre. Ils ont également annoncé vouloir transmettre leurs revendications dans un document écrit. Après ce retrait, plusieurs réunions se sont tenues entre le 8 et le 15 mai au bureau présidentiel sous la direction de Jean Claude Karerwa, conseiller chargé des questions politiques et socioculturelles à la présidence.
Au cours de ces rencontres, certains conseillers ont affirmé que les cinq partis pourraient bénéficier de soutiens extérieurs visant à perturber les élections. D’autres conseillers ont évoqué les difficultés financières auxquelles ces formations politiques seraient confrontées, notamment pour financer leurs campagnes électorales et réunir les 100 millions de francs burundais exigés comme caution pour les candidats à l’élection présidentielle.
À l’issue de ces réunions, plusieurs propositions ont été avancées. Il a notamment été proposé d’intégrer certains responsables politiques de ces partis au sein des Commissions électorales provinciales indépendantes (CEPI) et des Commissions électorales communales indépendantes (CECI), les structures chargées de l’organisation des élections.
Les discussions ont également porté sur un éventuel soutien financier de l’État à certains partis politiques afin de faciliter leurs campagnes électorales et le paiement des cautions de leurs candidats. D’autres avantages ont aussi été envisagés, notamment l’octroi de postes après les élections de 2027.
Les conseillers du président ont toutefois précisé que ces facilités seront réservées aux partis acceptant de soutenir le code de conduite électoral ou d’accompagner le CNDD-FDD durant le processus électoral.

