RDC : pertes humaines au sein de l’armée burundaise, déploiements en cours et changement dans la gestion des dépouilles
Par: Janvier Nininahazwe
Des militaires burundais engagés en République démocratique du Congo continuent de subir de lourdes pertes sur le terrain, selon des informations recueillies auprès de sources militaires. L’armée burundaise a modifié ses pratiques en matière de gestion des dépouilles, désormais transférées vers les unités d’origine plutôt que centralisées comme auparavant.
D’après des informations en provenance du champ de bataille et de l’état-major général de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB), des militaires burundais meurent en nombre en RDC, certains étant tués lors d’affrontements armés. Les pratiques d’inhumation ont changé : les corps ne sont plus acheminés vers le site communément appelé Guantanamo ni conservés dans des chambres froides en groupe. Ceux qui sont rapatriés sont désormais directement envoyés dans leurs divisions d’origine, réparties dans différentes provinces du pays.
Par ailleurs, un nouveau déploiement de troupes a été signalé à la mi-avril. Selon les mêmes sources, en date du 14 avril, plus de 600 militaires du 411e bataillon ont embarqué à bord d’un bateau sur le lac Tanganyika, au départ de Rumonge, à destination de Baraka, où ils sont arrivés le 15 avril. À leur arrivée, ils se sont aussitôt organisés pour rejoindre les zones de combat afin de renforcer leurs pairs engagés contre les rebelles du M23.
Les sources militaires, tant au sein de l’état-major que sur le terrain, indiquent que l’armée burundaise subit des pertes humaines et matérielles importantes dans ces affrontements. À titre illustratif, lors de combats survenus le 19 avril dans les localités de Mikenke, Gicumbi, Abara et Point Zéro, plus de 100 militaires burundais ont été grièvement blessés et plus de 12 tués. Selon ces sources, des épisodes similaires se répètent sur une période allant d’un à deux mois.
Les corps des militaires décédés sont, selon les cas, soit laissés en RDC, soit rapatriés au Burundi. Toutefois, contrairement aux pratiques antérieures, ils ne sont plus déposés à la morgue du camp DCA (Défense contre avion) avant d’être enterrés sur le site dit Guantanamo. Ils sont désormais transférés vers les divisions et camps d’origine des militaires concernés.
Malgré des pressions hiérarchiques évoquées par certaines sources, des militaires burundais déployés en RDC expriment leur mécontentement face à ces opérations. Ils affirment ne pas comprendre les motivations de leur engagement et demandent à être retirés de ces combats, qu’ils considèrent comme sans issue favorable.

