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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

‘’Détruire les radios privées et contraindre les journalistes à l’exil ont été une grande perte pour le Burundi et son peuple’’, dixit Anne Niyuhire

5 ans viennent de s’écouler depuis le très contesté troisième mandat de feu Pierre Nkurunziza en 2015. Une contestation qui a connu de grandes vagues de personnes exilées. C’est le cas notamment des journalistes qui travaillaient dans des médias privés détruits au lendemain du coup d’Etat manqué du 13 Mai 2015. Beaucoup de Journalistes et dirigeants de ces médias ont été contraints à l’exil, certains sont même poursuivis par la justice burundaise.

Bien qu’exilés, ces journalistes n’ont toutefois pas baissé les bras dans leur lutte d’informer le peuple burundais. Là où ils sont réfugiés, ils ont refusé d’être muselés. Ils émettent toujours via des plateformes d’internet comme Youtube, Facebook et Twitter.

L’article Turiho donne tribune à Anne Niyuhire, Directrice de la radio Isanganiro en 2015, aujourd’hui en exil. Selon elle, le Burundi a perdu des partenaires dans la construction du pays et l’édification d’une véritable démocratie.

’J’ai débuté le métier de journalisme en 2002, le pays traversait une période difficile avec des groupes rebelles armés comme le Cndd-Fdd, le FNL d’Agathon Rwasa et d’autres. En m’engageant dans le journalisme, comme d’autres à l’époque, c’était pour être un témoin pour le gouvernement et le peuple ; raconter ce qui se passe dans le pays aux burundais et à la communauté internationale. Ce n’était pas pour contredire le gouvernement ou faire un bras de fer avec lui. Mais plutôt, lui faire un clin d’œil sur les problèmes qui se déroulent loin de ses yeux pour qu’il trouve une solution.’’    

Détruire les radios privées et contraindre les journalistes à l’exil ont été une grande perte pour le Burundi et son peuple, estime la journaliste Anne Niyuhire : ‘’Aujourd’hui le gouvernement n’a qu’une seule version des faits, juste ce qu’il veut entendre. Il ne reçoit aucun avis contraire car personne n’ose plus et les médias qui sont dans le pays ne font pas exception. Cela n’aide en rien le pays car il n’exploitera pas tous les terrains. De plus, aujourd’hui le peuple burundais n’a plus d’espace pour exprimer librement son opinion. Tout cela fait que le gouvernement ne prend pas en considération ce que pensent ceux qui ne sont pas du Cndd-Fdd et qui pouvaient être utile, voire vital pour le pays.’’

Comme conséquences à long terme, ‘’ Le Burundi acquiert une image d’un pays qui ne respecte pas l’opinion publique, autrement dit les droits humains ; il y a manque de stabilité financière et sécuritaire car les investisseurs craignent d’être contraint d’offrir des pots-de-vin énormes pour pouvoir opérer ou subir des attaques armées, et optent de ne pas investir. Du coup, le pays vit du jour au lendemain sans projet à long terme par manque de vision, de volonté et de fonds. L’état des infrastructures publiques est lamentable, le domaine de la santé et de l’éducation sont très critiques. Notre apport était de montrer les lacunes, les faiblesses d’un système d’administration et de gestion ; ainsi que de proposer des voies de sortie, ce qui n’est pas correctement fait aujourd’hui puisqu’on le fait étant en dehors du pays et on ne nous considère pas.’’

L’exil n’a pas empêché Anne Niyuhire de rester attacher à son pays en continuant d’œuvrer pour son pays : ‘’ Même si j’ai été contrainte à l’exil, mon cœur bat toujours pour le Burundi et je continuerais à me battre pour lui. Mon combat sera toujours mené à travers les médias jusqu'à ce que je sois entendu et qu’il ait un changement. Je conseillerais tous les burundais réfugiés à l’étranger, surtout les mamans d’enseigner à leurs enfants l’amour patriotique ; de garder les valeurs de la société burundaise et de se regrouper en fédération afin d’accomplir des activités génératrices de revenus pour éviter de quémander et se déshonorer.’’   

La journaliste Anne Niyuhire appelle les burundais restés au pays de s’investir dans l’éducation civique en évitant les discriminations ethniques, pour garantir un meilleur avenir social, financier et sécuritaire aux futures générations du Burundi.                                    

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