Vers le démarrage de la mise en application du pacte linguistique OIF-Burundi ?

L’Organisation Internationale de la Francophonie s’est déclarée favorable à la reprise de la coopération avec le Burundi pour des raisons stratégiques. Selon certains analystes avisés estiment que le gouvernement du Burundi devrait honorer ses promesses envers le peuple afin de promouvoir de bonnes relations avec l’étranger.

Le pacte linguistique était le principal pilier de la coopération culturelle entre l’Organisation Internationale de la Francophonie, OIF en sigle, et le gouvernement de Nkurunziza. Ce pacte a été signé le 28 novembre 2014 entre le secrétaire général de l’OIF à l’époque, Abdou Diouf, et feu le président Pierre Nkurunziza. Un pacte qui avait pour ultime objectif l’engagement du Burundi à maintenir et à renforcer la place du français dans le pays et dans la sous-région.

Plus concrètement, le Burundi s’était engagé à implanter le français dans les institutions diplomatiques, éducatives et universitaires ainsi qu’au sein des institutions médiatiques et culturelles, en contrepartie des appuis en provenance des partenaires comme l’Agence Universitaire de la Francophonie, TV5 MONDE, l’Association internationale des Maires Francophones et l’Université Senghor d’Alexandrie.

Après la crise de 2015 consécutive au 3ème mandat brigué de force par Pierre Nkurunziza, L’OIF avait décidé en 2016 la suspension de sa coopération avec le Burundi.

Les experts dans le domaine des relations internationales expliquent que la levée des sanctions contre le Burundi viserait le démarrage de la mise en application du pacte linguistique, instrument de l’hégémonie culturelle française, surtout dans la Communauté Est-Africaine.

D’autres chercheurs encore, en l’occurrence le Professeur Libérat Ntibashirakandi, estiment qu’il s’agit d’une stratégie purement économique. « On sait très bien que la France a toujours soutenu, il faut le dire en tout cas, le pouvoir de Bujumbura. Donc, c’est la France qui tire sur les ficelles pour des raisons économiques. Entre autres notamment, la France a vendu au Burundi les armes qui ont été utilisées en Centrafrique. Tant que la dette que le Burundi doit à la France ne sera pas payée, il y aura toujours un soutien de la France. » Indique ce chercheur burundais.

Contrairement aux propos de l’ambassadeur du Burundi en France, Ernest Niyokindi, qui font état de l’évolution politique au Burundi, le professeur Libérat Ntibashirakandi indique qu’il s’agit toujours d’un statu quo. « C’est le même système qui est là, qui a été même renforcé. Le message que le Burundi donne, ce n’est pas un message positif. La secrétaire générale de l’OIF sait très bien que la situation n’a pas du tout évolué. La preuve, ce sont le nombre de réfugiés qui sont dans les pays limitrophes. Objectivement, ces sanctions ne devraient pas être levées. » S’indigne le professeur Libérat Ntibashirakandi.

L’OIF compte renouer son aide avec le Burundi formellement en automne. Les spécialistes des relations internationales estiment que les autorités burundaises devraient saisir l’occasion pour remédier à la situation précaire qui prévaut dans le pays.