Réconciliation ou Zizanie ? La CVR divise

Durant les jours du pouvoir Ndayishimiye, la commission vérité réconciliation a continué à verser dans la manipulation sur base éthnique. Cette institution étatique est accusée de montrer son côté penchant vers la seule ethnie hutu.

En date du 15 de ce mois, au chef-lieu de la commune Vugizo, province Makamba, au Sud du Burundi, le président de la CVR Pierre-Claver Ndayicariye a affirmé que les restes humains se trouvant dans les fosses communes des environs sont ceux des Hutus tués en 1972. Ndayicariye est allé même plus loin, en accusant les administratifs communaux et provinciaux ainsi que l’armée de l’époque, d’être responsables de ce carnage.  ‘’Bon nombre de ceux qui ont été tués étaient des hutus. Ils avaient été convoqués par leur administrateur dans une réunion d’unité et de paix qui s’est tenue dans les enceintes de la commune. Cette autorité collaborait avec les agents de sécurité. Cet administrateur est toujours en vie et la CVR compte s’entretenir avec lui afin qu’il révèle ce qu’il sait sur ces évènements.’’ Et le président de la CVR de donner les preuves attestant que la commune Vugizo a été la plus touchée.  ‘’Beaucoup de hutus y ont été tués et jetés dans des caniveaux. Quant aux femmes, elles ont pour la plupart été violées avant d’être tuées. La province de Bururi avait comme gouverneur un militaire et lui aussi est toujours en vie. On va l’approcher lui aussi pour s’entretenir avec lui.’’ Dixit Pierre Claver Ndayicariye.

Certains natifs des provinces du Sud du Burundi ont indiqué que plus d’un millier de Tutsi ont été tués, même si le président de la CVR semblait l’ignorer. A Makamba, Pierre-Claver Ndayicariye n’a pas hésité à pointer du doigt les présumés auteurs des massacres perpétrés en 1972, alors qu’une semaine avant, il a fait recours à la langue de bois à Bugendana. Il avait participé aux cérémonies de la 24ème commémoration du massacre de 648 personnes de l’ethnie Tutsi tuées lors d’une attaque perpétrée au site de déplacés de Bugendana en province Gitega par des hommes armés appartenant au mouvement rebelle CNDD encore au maquis. Le président de la CVR n’a pas bronché sur l’identité des auteurs de ce massacre ou l’ethnie des victimes. Il s’est contenté de dire que lui et les autres commissaires de la CVR étaient venus pour rendre hommages aux victimes. Il n’a pas osé accuser la rébellion du CNDD, aujourd’hui au pouvoir. Ce mouvement avait par ailleurs revendiqué plusieurs attaques ayant coûté la vie à plusieurs Burundais, entre autres celle du site de Bugendana, celle du petit séminaire de Buta ainsi que celle de l’usine théicole de Teza. Cette attitude de deux poids deux mesures de la CVR pousse certains burundais à considérer cette commission comme un instrument du parti au pouvoir visant à torpiller l’esprit de l’accord de paix d’Arusha, lequel accord avait pour objectif de mettre en place une commission vérité, justice et réconciliation capable de tourner la page sombre de l’histoire du Burundi. Pourtant, cette commission aurait permis la mise en place d’un tribunal pénal spécial pour le Burundi par le Conseil de sécurité, une fois prouvé que des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis.