La vie des burundais entre des mains ensanglantées

L’actuel premier ministre et celui de l’intérieur et de la sécurité publique sont cités dans plusieurs assassinats depuis une dizaine d’années. A part son parcours entaché de sang, le premier ministre a également brillé dans le détournement de fonds publics.

L’assassinat de Jackson Simbananiye surnommé Kirahwata est le plus récent crime perpétré alors que Gervais Ndirakobuca surnommé Ndakugarika était à la tête du service national des renseignements. Juste après son kidnapping par les agents du SNR, selon les témoins, certains membres de sa famille et amis ont contacté Gervais Ndirakobuca. Mais l’alerte n’a pas empêché que le cadavre de Kirahwata soit découvert dans un caniveau le lendemain, c’était le 14 mai dernier.

Gervais Ndirakobuca a également été cité comme étant à la tête du plan safisha qui avait l’objectif d’assassiner le plus grand effectif possible des partisans du FNL d’Agathon Rwasa. Le bureau des droits de l’homme de l’ONU à Bujumbura a documenté près de 300 morts au cours de ces massacres commis depuis l’année 2010 jusqu’en 2013.

Les témoins ont également pointé du doigt le commissaire de police chef Gervais Ndirakobuca dans les massacres de Gatumba au bar dénommé Chez les Amis. Le surnommé Nzaraba a accusé Gervais Ndirakobuca d’avoir participé à la planification de ces massacres du 18 septembre 2011 qui ont emporté plus de 37 burundais. Gervais Ndirakobuca était à l’époque le directeur général adjoint de la police nationale.

Dans l’assassinat de l’ancien vice-président de l’OLUCOME Ernest Manirumva le 9 avril 2009, Gervais Ndirakobuca est également cité parmi les commanditaires. Gervais Ndirakobuca est parmi les officiers pour lesquels la police fédérale américaine, FBI, a recommandé un test ADN. Ce qui n’a jamais été mis en exécution. Le FBI collaborait avec le gouvernement burundais dans les investigations sur l’assassinat d’Ernest Manirumva.

Cet activiste anti-corruption avait été assassiné alors qu’il enquêtait sur les armes commandées par le gouvernement du Burundi mais qui, paraît-il, finissaient dans les mains des rebelles rwandais FDLR en République Démocratique du Congo. En échange, certaines autorités burundaises recevaient des minerais dont le trafic était géré par Alain Guillaume Bunyoni, selon certaines sources.  C’est d’ailleurs Alain Guillaume Bunyoni qui avait souvent le dernier mot lorsqu’il s’agissait des planifications des assassinats, selon certaines sources qui affirment qu’il agit dans l’ombre. Par exemple, il est suspecté d’être impliqué dans les massacres de Gatumba de 2011 puisque son chef de cabinet Maurice Mbonimpa est cité comme coordinateur de ces assassinats par certaines sources.

Le 11 décembre 2015, après l’attaque des camps militaires, certains habitants de Musaga indiquent que la garde d’Alain Guillaume Bunyoni a arrêté une dizaine de jeunes, des jeunes qui ont disparu pour de bon.

Alain Guillaume Bunyoni est très doué surtout dans des crimes économiques, selon certaines sources. Il est par exemple cité dans des contrats de gré à gré de fabrication des passeports qui ont causé un manque à gagner de plus de 4 millions de dollars au pays, soit environ 6 milliards de francs burundais à l’époque.

Il est également cité dans le scandale de l’achat d’un jet présidentiel en 2014, le jet qui n’est jamais venu à l’époque. En 2016, ils ont emmené un jet qui n’a jamais décollé. Le montant détourné, à l’époque, est de plus de 14 millions de dollars, soit environ 20 milliards de francs burundais.

Le premier ministre Alain Guillaume Bunyoni et le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Gervais Ndirakobuca, sont tous les deux sous sanctions américaines. Gervais Ndirakobuca, lui, est également sous sanctions de l’Union Européenne.