La Francophonie lève ses sanctions contre le Burundi

Clôture ce jeudi 09 juillet 2020 de la 110ème  séance du Conseil Permanent de la Francophonie.

Parmi les points à l’ordre du jour figure l’étude de la possibilité de lever les sanctions prises en 2016 par l’Organisation Internationale de la Francophonie contre le Burundi. 

 Le renforcement et l’humanisation de la coopération multilatérale basée sur l’attention aux besoins des populations des pays membres de l’organisation, ainsi que la possibilité de levée les sanctions prises contre le Burundi  en 2016 en respect des procédures, tels sont les points qui étaient entre autres  au cœur des débats.

Ces sanctions prises par la Francophonie avaient été motivées par la volonté de Pierre Nkurunziza de briguer par force un 3ème mandant en violation de la constitution du Burundi et les Accords d’Arusha qui en sont issus. A cette époque, cette organisation avait promis de garder l’œil sur le Burundi pour suivre de près l’évolution de la crise burundaise, notamment en ce qui est de la violation des droits  de l’homme par certaines autorités du pays, aidées par la milice imbonerakure du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Parmi ces violations figurent également l’impunité d’inombrables cas de tueries, la suspension des médias et des associations de la société civile ainsi que la persécution des acteurs politiques de l’opposition, ce qui a d’ailleurs poussé bon nombres de burundais à prendre le chemin de l’exile.

Du côté de Gitega, le Parlement burundais avait présenté à l’Organisation internationale de la Francophonie  son souhait de voir ces sanctions levées comme convenu avec l’envoyé spécial de la Francophonie en Août 2018 lors de sa visite au Burundi. L’argument avancé par le porte-parole du sénat Gabby Bugaga à cette époque ,  était que le Burundi était le seul pays de la trégion à utiliser le français, donc à faire la promotion de la culture française, les autres pays étant anglophones.

Plus récemment, l’ambassadeur du Burundi en France, Ernest Niyokindi, a adressé une correspondance à la Francophonie, laquelle correspondance vantait les mérites de son pays. En effet, il y était écrit que le Burundi était sur la bonne voie car doté de nouvelles institutions et que le nouveau gouvernement avait pris des mesures politiques comme la libération de prisonniers , la levée de certains mandats d’arrêts lancés contre les opposants en exil non impliqués dans le putsch ainsi que l’appel lancé aux réfugiés pour regagner leur pays.  Des arguments qui semblent avoir convaincu les membres de la francophonie vu qu’ils ont opté pour la levée de ces sanctions.

Pourtant, les raisons ayant inspiré ces sanctions contre le Burundi perdurent. Non seulement les assassinats ciblés et la persécution des opposants sont toujours d’actualité, mais aussi les quelques médias indépendants encore opérationnels  au pays restent muselés, sans parler de près de 400 000 burundais qui croupissent en exil ainsi que d’innombrables prisonniers d’opinions politiques encore détenus dans différentes maisons carcérales du pays.   

Ce conseil permanent de la Francophonie  qui s’était réunie depuis le mercredi 08 juillet était présidée par la secrétaire générale de la Francophonie, Madame  Louise Mushikiwabo, et a pris fin ce jeudi 09 juillet 2020.