Quand des autorités se mettent à rançonner leurs administrés

Les conducteurs de moto de la commune Nyanza-Lac en province Makamba dénoncent le comportement de certaines autorités policières et administratives qui leur taxent de l’argent soi-disant destiné à la construction des latrines du stade de Nyanza-Lac. Révoltés, ces motards crient au racket, surtout que ces contributions ne sont jamais sanctionnées par des quittances ou reçus.

La somme exigée à chaque motard est comprise entre 2.000 et 5.000 francs burundais. Une somme collectée par les policiers de Nyanza-Lac sur ordre du commissaire communal de la police nommé Nkunzimana et de l’administrateur Jean-Claude Nduwimana.

Le motif donné à ces conducteurs de taxi-moto pour justifier cela serait la construction des latrines du stade de Nyanza-Lac, un motif qui n’a pourtant pas convaincu ces motards qui parlent plutôt de vol organisé. « Ils ont mis une barrière sur le pont de la rivière Rwaba. Le soir, Ils stoppent tous les motards et leur demandent de l’argent arguant que c’est pour construire les toilettes du stade. Mais jusqu’à maintenant, aucune toilette n’a été construite. Pourtant, ils collectent régulièrement cet argent qui finit toujours dans leurs poches. » Témoigne l’un d’entre eux.

Ces motards regrettent également le fait que, une fois ce racket signalé, la police, au lieu de coffrer les coupables, c’est le motard qui a dénoncé ces magouilles qui s’est plutôt retrouvé derrière les barreaux. « Un certain Djuma a révélé ces extorsions. Il a montré comment ce vol est organisé et comment ces autorités se partagent tout cet argent collecté. Mais, au lieu de mener des enquêtes, les agents des renseignements de Nyanza-Lac ont arrêté Djuma et le détiennent jusqu’à maintenant. » Se désolent-ils.

Les motards de Nyanza-Lac demandent l’arrêt immédiat de ce racket et la libération de ce motard emprisonné pour avoir dénoncé ce vol.

A ce propos, nous avons essayé, à deux reprises, de joindre Jean-Claude Nduwimana administrateur de la commune Nyanza-Lac, mais son téléphone sonnait sans que personne ne décroche. Quant au commissaire Nkunzimana, nous n’avons pas encore réussi à le contacter.