La gestion burundaise de la Covid-19 inquiète la Communauté Internationale

Les parlementaires européens ne sont pas du tout sûrs de la véracité des statistiques officielles en rapport avec la Covid-19 au Burundi. Toutefois, le renouement du régime Ndayishimiye avec l’OMS, après l’expulsion de ses représentants, est un acte coté positivement.

La question de la gestion de la pandémie de Covid-19 au Burundi est l’un des points soulevés lors de l’échange entre les députés de l’union européenne et la commission onusienne d’enquête sur le Burundi, ce 16 mars 2021. Selon les intervenants, les statistiques publiées par le gouvernement Burundais n’inspirent pas trop confiance quant à leur véracité.  " Est-ce que les statistiques reflètent vraiment la situation sur le terrain ? Apparemment, il n’y aurait que trois décès dû à la Covid-19 ? Pensez-vous que les autorités utilisent la pandémie comme masques derrière lesquels elles peuvent cacher leurs actions et les traitements qu’elles infligent à leur société ?'' Dixit Joana Pockista, députée de la Pologne.

Françoise Hampson, de la commission onusienne d’enquêtes sur le Burundi, a elle aussi les mêmes doutes. Elle salue toutefois la décision du nouveau gouvernement d’accepter de renouer et retravailler avec l’organisation mondiale de la santé, OMS. ''Il y a une amélioration depuis l’été 2020. En effet, le président Nkurunziza avait expulsé les membres de l’OMS et avait indiqué qu’il n’y avait pas de Covid-19 au Burundi. Mais comme le gouvernement actuel a autorisé les experts de l’OMS à venir au pays, il est probable qu’il y a des informations à Genève mais qui sont privées, ça qui permettra de mieux juger l’ampleur du problème. ''

Dans un rapport du ministère de la santé et de lutte contre le SIDA publié au début de ce mois, le Burundi annonce avoir déjà fait 152.304 tests de Covid-19 depuis l’apparition du premier cas en mars 2020. Parmi eux, plus de 2200 personnes ont été testées positives à cette pandémie et jusqu’à présent, seuls 3 cas de décès sont reconnus par le gouvernement. Un bilan très inférieur à celui présenté par l’organisation catholique Caritas Burundi. Jusqu’en juillet 2020, cette ONG locale avait déjà enregistrée une dizaine de morts de Covid-19.