Bloc opératoire de l’hôpital Roi Khaled : des rendez-vous non honorés inquiètent les patients
Par: Walter Kwizera
Des patients dénoncent le non-respect des rendez-vous au bloc opératoire de l’hôpital Roi Khaled à Bujumbura. Ils évoquent des refus répétés, des attentes prolongées et un manque d’informations, une situation qui suscite incompréhension et inquiétude.
Les patients se rendant au bloc opératoire de l’hôpital Roi Khaled critiquent vivement le non-respect des rendez-vous par le personnel. Certains déclarent que, bien souvent, lorsqu’ils se présentent à un rendez-vous médical, ils sont systématiquement refusés, sous divers prétextes qu’ils disent ne pas comprendre.
Selon eux, cette incompréhension du fonctionnement du service de chirurgie est notamment liée au fait que les rendez-vous sont fixés par les médecins eux-mêmes. Alors que les patients s’attendent à être pris en charge comme prévu, ils affirment ne pas comprendre pourquoi ils sont renvoyés chez eux sans avoir été traités. Une situation qui, d’après eux, devient habituelle et préoccupante.
« Nous, patients de l’hôpital Roi Khaled, sommes profondément choqués par ce qui s’y passe. Il est inadmissible que des personnes devant subir des interventions chirurgicales, comme l’opération d’une tumeur du sein, ou ayant déjà été opérées, se voient demander d’attendre à leur arrivée. Sans rien à faire, sans personne vers qui se tourner, ces patients se retrouvent bloqués dans une attente interminable », témoigne un patient.
Les patients pointent également les difficultés liées aux déplacements. Beaucoup viennent de l’intérieur du pays et engagent des dépenses importantes en temps et en moyens pour honorer leurs rendez-vous, avant d’apprendre que le matériel nécessaire n’est pas disponible.
« Imaginez une personne venant de l’intérieur du pays qui arrive le lundi et attend jusqu’au mardi, jour de son intervention. Cette personne prend une chambre d’hôtel et, le lendemain, elle se présente à l’hôpital où on lui demande d’attendre. Parfois, on lui dit qu’il y a des cas plus graves. D’autres fois, on lui demande d’attendre faute de matériel. Vous ne savez pas si le matériel est disponible ou en cours de livraison ; personne ne vous informe », explique un autre patient.
Les patients demandent l’intervention du directeur de l’hôpital et du ministre de la Santé publique, estimant que la situation devient incontrôlable.
« Nous demandons aux responsables, qu’il s’agisse du directeur de l’hôpital ou du gouvernement, de prendre ce problème en main. Il est vraiment honteux que des personnes ayant besoin d’une intervention chirurgicale n’y aient pas accès, sous prétexte d’un manque de moyens, tandis que d’autres jugent leur souffrance minime. C’est inadmissible », déclarent-ils.
Contacté, le directeur général de l’hôpital Roi Khaled n’a pas souhaité s’exprimer. Toutefois, des sources internes à l’établissement confirment les propos des patients et indiquent que cette situation est récurrente. Selon ces sources, le non-respect des rendez-vous s’explique notamment par la prise en charge prioritaire des urgences. Dans d’autres cas, il est lié à un manque de matériel, notamment de compresses, ou à d’autres contraintes, ce qui conduit certains patients, malgré un rendez-vous, à rester bloqués à l’hôpital sans être soignés.

