À Muramvya, commune de la province Gitega, la distribution d’engrais organisée vendredi dernier par les autorités locales et la société FOMI a semé la discorde. Entre favoritisme, tirage au sort et manque criant de produits, la population dénonce une gestion opaque d’un programme censé soutenir les agriculteurs.
La scène s’est déroulée vendredi 09 janvier, sur la colline Rusansuma, zone et commune Muramvya. Les autorités administratives, accompagnées des représentants de la société FOMI, avaient appelé les habitants à venir retirer l’engrais urée. Mais au lieu d’un soulagement attendu, c’est la frustration qui a dominé.
« La question des engrais dans ce pays est devenue confuse et problématique », déplore un habitant ayant fait le déplacement pour rien. Sur place, la population a découvert que seuls onze sacs de 50 kg étaient disponibles, quantité dérisoire face à la demande. Pour aggraver la situation, un tirage au sort a été organisé afin de déterminer les bénéficiaires : les papiers marqués « oui » permettaient de recevoir 25 kg d’engrais, tandis que ceux portant la mention « non » signifiaient un retour bredouille.
Une procédure jugée humiliante et arbitraire par les agriculteurs, d’autant plus qu’ils affirment avoir déjà payé les sommes exigées depuis 2022, sans pour autant recevoir leurs parts. Certains dénoncent un favoritisme flagrant dans la distribution, pointant du doigt la complicité présumée entre certaines autorités locales et des intermédiaires.
Beaucoup se demandent pourquoi, malgré les paiements effectués lors des saisons précédentes, on continue de leur réclamer de nouvelles cotisations sans jamais livrer les engrais promis. Cette opacité alimente la colère et la méfiance vis-à-vis du système mis en place.
Les habitants de Muramvya appellent le gouvernement à prendre des mesures fortes pour mettre fin aux irrégularités et garantir une distribution équitable des engrais à tous les agriculteurs.
La décision soudaine des autorités de fermer le barrage d’irrigation alimentant les champs de Cibitoke plonge les agriculteurs dans le désarroi. Privés d’eau en pleine période de croissance, nombre d’entre eux craignent des pertes colossales et redoutent de ne pouvoir rembourser les prêts contractés pour financer leurs cultures.
Depuis le 15 janvier, la fermeture inattendue du barrage d’irrigation de Cibitoke, dans la province Bujumbura, paralyse les activités agricoles. Cette infrastructure essentielle approvisionnait en eau les rizières et d’autres cultures pratiquées dans les zones de Rugombo et Cibitoke. La décision, émanant de la direction provinciale de l’Agriculture et des autorités administratives locales, provoque la consternation chez les producteurs.
Les riziculteurs dénoncent une mesure prise à contretemps. Selon eux, le barrage a été fermé dans le cadre de travaux de désensablement des canaux. Une initiative jugée nécessaire mais mal planifiée. « Ils auraient pu attendre la fin de la récolte, comme d’habitude en août. Couper l’eau en janvier, alors que le riz est encore en croissance, c’est condamner toute une saison », regrette un agriculteur rencontré sur place.
La situation est d’autant plus critique que la région connaît actuellement un déficit pluviométrique. Les champs, privés d’irrigation, se dessèchent. « Sans cette eau, nous perdons presque tout. Nous avons acheté des engrais à prix élevé grâce à des crédits bancaires. Sans récolte, comment rembourserons-nous ? » S’interroge un riziculteur, visiblement désemparé.
Derrière la colère, l’inquiétude grandit. La plupart des producteurs ont en effet contracté des prêts auprès de banques locales pour financer leurs activités agricoles. Craignant la faillite, certains redoutent désormais des poursuites judiciaires. « Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. Nos familles dépendent de ces récoltes. Si rien n’est fait, nous serons ruinés », implorent-ils.
De leur côté, des sources proches des services provinciaux de l’Agriculture indiquent que les travaux de curage ne devraient durer qu’un mois. Un délai qui ne suffit toutefois pas à rassurer les riziculteurs, qui espèrent une intervention rapide pour éviter une catastrophe économique.
Face à la montée des inquiétudes parmi les producteurs de café de Mparamirundi, inquiets du manque de produits phytosanitaires et d’engrais, l’Office de Développement du Café du Burundi (ODECA) tente de rassurer le secteur. L’institution annonce de nouvelles livraisons et un plan d’action pour stabiliser la campagne caféicole.
Les plaintes répétées des caféiculteurs de Mparamirundi au sujet de la pénurie d’intrants agricoles ont poussé l’Office de Développement du Café (ODECA) à sortir de sa réserve. L’institution publique assure avoir déjà lancé plusieurs initiatives pour contenir les maladies du caféier, tout en reconnaissant des retards logistiques ayant ralenti la distribution des produits de pulvérisation.
Selon le directeur général de l’ODECA, Oscar Uwikunda, une première campagne de pulvérisation a bien été effectuée. « Le produit phytosanitaire a été distribué, mais la quantité reçue n’a pas permis de couvrir toutes les exploitations », a-t-il expliqué. Ces insuffisances ont suscité une vive frustration chez de nombreux producteurs, notamment ceux privés de toute protection de leurs plants.
L’Office annonce toutefois un réapprovisionnement imminent. « Une nouvelle livraison est attendue ce vendredi, 16 janvier. Dès la semaine prochaine, tous les producteurs non servis pourront traiter leurs caféiers », précise le DG. L’ODECA assure que cette seconde phase de distribution concernera toutes les provinces productrices de café.
Sur la question des engrais, l’institution reconnaît une situation plus complexe. Aucune distribution n’a eu lieu depuis trois ans, en raison de la non-conformité d’un lot importé arrivé presque périmé. Retenu en transit, ce stock, bien que sous garantie, présentait un risque d’utilisation jugé trop élevé.
Pour combler ce manque, une nouvelle commande d’engrais importés a été passée. En parallèle, l’ODECA négocie avec plusieurs sociétés locales, dont une basée à Bugendana, afin de relancer la production nationale d’engrais et réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
Oscar Uwikunda rappelle enfin un principe souvent négligé : « La fertilité des sols repose d’abord sur la fumure organique locale. C’est elle qui nourrit durablement les plants, y compris les caféiers », souligne-t-il. Les engrais chimiques, ajoute-t-il, doivent rester un simple appoint, réservé aux parcelles manquant de fertilisation organique.
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